samedi 13 avril 2024

Celles-Sur-Belle : un promu qui fait sa route

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Dans son opération maintien, le promu Celles sur Belle ne devra surtout pas se manquer lors des rendez-vous couperets. Le tout avec des moyens extrêmement limités.

Le Handball Club Celles-sur-Belle, fondé en 1976, va vivre une fin de saison stressante. En interne, on le savait. Mais l’entraîneur, Thierry Vincent, lié au club jusqu’en juin 2024, a tenu à relever cet excitant challenge :

« Le challenge était très intéressant. J’aime les défis ». Pour cet entraîneur primé avec Toulon (champion de France en 2010), le goût du risque le comble :

« Quand j’ai repris Celles-sur-Belle, l’équipe était en deuxième division. Tous les challenges sont excitants. Si on reprend le cours de ma carrière, rien n’a jamais été écrit à l’avance. Même quand on a remporté le titre de champion de France, cela a été une surprise pour tout le monde. Quand j’étais à Mérignac, on a atteint la finale de la Coupe d’Europe avec des petits moyens (en 2008, Ndlr). J’aime quand il faut écrire les histoires ».

Celle que cet entraîneur de 61 ans vit actuellement avec le club de Nouvelle-Aquitaine, champion de Nationale 1 en 2015, ne manque pas de saveur. Désormais, les Belles de Celles se débattent en queue de classement. Thierry Vincent a conscience de la situation :

« Le classement est toujours le reflet du championnat que l’on mène. Si on demeure actuellement à cette place, c’est qu’on ne mérite pas mieux. Cependant, si on finit avant-dernier, cela m’ira très bien. Cela signifiera qu’on ne descendra pas. La pérennisation du club passe obligatoirement par son maintien dans l’élite dès la première année. Cela ne s’est quasiment jamais fait dans l’histoire. Très souvent, celui qui vient de monter redescend car la marche est très haute. On a le plus petit budget.

Celui devant nous est à 300 000 euros d’écart. Le nôtre est de 900 000 euros. On est un village de près de 3000 habitants. Ce qui se fait là-bas est extraordinaire. Il ne faudrait pas voir la 13ème place comme un échec, mais plutôt comme une réussite. On signerait de suite. Il faut savoir garder les pieds sur terre ».

Après une défaite contre son ancien club Toulon (20-24, 14ème j.), son équipe a enchaîné un 8ème revers de rang et n’avait plus gagné mi-février depuis le 30 octobre !

Plus petit budget du championnat

« Inquiet, on l’est toujours, mais on doit rappeler une problématique : les deux années avant que j’arrive, cette équipe gagnait 90% de ses matches sans monter. L’an dernier, on a perdu une rencontre et on est monté. Cette équipe a l’habitude de gagner.

On a dit après l’accession que le plus dur sera d’apprendre à perdre. On ne le veut pas, mais on savait qu’on allait s’incliner pas mal de fois. Quand on a subi une première série de défaites, elle a été très mal perçue par le groupe. On a dû contextualiser à nouveau certaines choses. Cette deuxième série de défaites inquiète forcément un peu, mais elle ne frustre pas.

Notre saison va se jouer sur deux ou trois matches capitaux. Il ne faut pas s’affoler. Cela sera très dur, mais le groupe est préparé à combattre jusqu’à la dernière journée. Il faudra rester stable en dépit des défaites futures à venir. On devra répondre présent lors des rendez-vous importants. On en a raté un contre Mérignac à domicile (26/30, 11ème j.). Il ne faudra pas en manquer un second car cela risque d’être rédhibitoire.

En bas de classement, certains collectifs n’avaient peut-être pas imaginé pareil scénario en début de saison. Nous, on savait qu’on galérerait. On a fait confiance à 90% du groupe. Mais le niveau n’est plus le même ».

Celle-sur-Belle vise uniquement le maintien

Tous les regards sont donc tournés vers un avenir proche que Celles-sur-Belle espère salvateur : «

Les dirigeants présents au club de longue date ont déjà vu le club monter en 2016. Mais le club était descendu dans la foulée. Cela avait été une année d’apprentissage. Rester dans l’élite est très important pour continuer à attirer des petits partenaires. On est à 19 km de Niort, la ville des mutuelles. Les dirigeants sont convaincus qu’en cas de maintien les mutuelles se montreront intéressées.

Et fatalement que le budget augmentera. Avant d’investir, les gens veulent voir si on a les reins assez solides pour se maintenir dans l’élite. Sur l’aspect structurel visant le marketing, l’administratif, le club doit se développer encore. Cela ne se fait pas d’un claquement de doigts. On a déjà ouvert un centre de formation. Les conditions d’entraînement sont excellentes et la structure médicale l’est tout autant.

En matière de recrutement, si Celles sur-Belle voulait chasser une Kristina Jorgensen (la Danoise s’est engagée à Metz pour deux saisons, Ndlr), le club perdrait son temps. Il faut recruter malin. Nous, on doit cibler dans notre réseau des joueuses de qualité : soit des jeunes françaises en devenir soit des étrangères qui ont envie de se montrer en passant par un club intermédiaire. On ne peut pas chasser sur les terres de Brest par exemple.

Je ne suis pas jaloux. Pablo (Morel, Ndlr) a des moyens colossaux. On ne se pose pas les mêmes questions (rires). On n’est pas dans les mêmes sphères. Nantes et Paris arrivent aussi. Le niveau évolue ». On l’a compris, le Handball Club Celles-surBelle va aborder des prochaines semaines décisives pour son avenir. Histoire de consolider le travail mené jusque-là.

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