jeudi 23 mai 2024

Ces Italiens qui ont fait la légende du Tour de France

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Troisième nation au nombre de victoires d’étapes (269, derrière la Belgique et la France), l’Italie a offert 7 vainqueurs différents à la légende du Tour, pour 10 victoires, de 1924, la première, à la dernière en 2014. De Coppi à Nibali, tous grimpeurs, à l’exception de Cipollini…

Fausto Coppi  – Vainqueur en 1949 et 1952 Meilleur grimpeur en 1949 et 1952, 9 victoires d’étapes, 19 jours en jaune

Trois participations ont suffi pour en faire la première véritable star du Tour. En arrivant à 15 reprises en tête au sommet de cols aussi mythiques que l’Aubisque, le Tourmalet, l’Alpe d’Huez, l’Izoard, Aspin, Peyresourde, le Galibier, Croix de fer, Sestrières et même le Puy de Dôme en 1952, il fut l’incarnation du courage et du panache. Face à Robic ou Bartali, vite décrochés, ses deux doublés Giro-Tour, en 1949 et 1952 marquent l’histoire et imposent une domination sans partage sur un peloton impuissant face à un tel talent. En 1952, il devance son dauphin au général, Stan Ockers, de 28 minutes, un record jamais égalé depuis.

« Fausto Coppi est au-dessus d’Eddy Merckx, déclarait Jacques Goddet, le fondateur du Tour, parce qu’il s’est manifesté dans des conditions qui atteignaient le divin, le surhomme, par sa morphologie et sa nature physique. »

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Gino Bartali  – Vainqueur en 1938 et 1948 2ème en 1949, meilleur grimpeur en 1938 et 1948, 9 victoires d’étapes, 10 jours en jaune

A l’instar de son meilleur ennemi, Coppi, l’Italien a dompté les plus grandes difficultés du Tour pour s’imposer à deux reprises, à dix ans d’intervalle (un record), terminer 2ème en 1949 et deux fois 4ème (1951 et 1952). Fauchée par la seconde guerre mondiale, sa carrière aurait dû être plus riche encore tellement son talent était immense.

Quatrième vainqueur le plus âgé de l’histoire, à 34 ans et 7 jours, ses 7 étapes remportées sur l’édition 1948 disent tout de sa capacité à s’élever au-dessus du commun des mortels en reléguant notamment Louison Bobet à plus de 8 minutes à l’arrivée à Aix les Bains.

Marco Pantani  – Vainqueur en 1998 3ème en 1994 et 1997, 8 victoires d’étapes, 6 jours en jaune

Grimpeur de génie, le Pirate a été un des rares à réaliser le doublé Giro-Tour en 1998 dans un style caractéristique, fait d’accélérations fulgurantes au plus fort des pourcentages, pour un look qui ne l’était pas moins, crâne rasé, boucles d’oreilles, tatouages, diamant incrusté dans le nez et bandanas façon pirate !

Dès son premier Tour en 1994, et jusqu’au dernier, il s’évertua à le dynamiter. Si son attaque dans l’Alpe d’Huez en 1995, pour avaler Virenque et Jalabert et signer le record de l’ascension à 22,48 km/h de moyenne, ne suffit pas pour dompter Indurain au général, celle de 1998 dans le Galibier, dans des conditions dantesques, pour chiper le maillot jaune à Ullrich, lui permit de renverser la course et de gagner un Tour… largement impacté, donc décrédibilisé, par l’affaire Festina.

Felice Gimondi  – Vainqueur en 1965 2ème en 1972, 7 victoires d’étapes, 19 jours en jaune

Il n’a que 22 ans et 289 jours quand il remporte son premier et seul Tour, en 1965, au nez et à la barbe d’un Poulidor surpris alors qu’il pensait enfin décrocher son graal en l’absence de Jacques Anquetil. Le duel franco-italien se joue sur les pentes du Ventoux quand Gimondi résiste à l’attaque de Poulidor pour ne concéder que 34 secondes de retard et conserver un maillot jaune acquis lors des premières étapes.

Solide dans les deux derniers chronos qu’il remporte, Gimondi gagne un Tour qu’il ne devait pas courir, repêché par son équipe après un Giro qui avait dépeuplé son effectif et fragilisé son leader, Vittorio Adorni. La suite de l’histoire du Bergamasque et du Tour est marquée par une domination de Merckx qui ne l’empêcha pas d’être le 2ème après Anquetil à remporter les trois grands Tours.

Claudio Chiapucci  – 2ème en 1990 et 1992, 3ème en 1991, meilleur grimpeur en 1991 et 1992, 3 victoires d’étapes, 8 jours en jaune

Seulement devancé par Coppi et Pantani au classement transalpin des passages en tête des cols, l’Italien de la Carrera a écrit ses plus belles pages entre 1990 et 1993, à deux reprises en haut d’Aspin, du Tourmalet, de l’Izoard, de Peyresourde et d’Aubisque ou de l’Iseran. Mais c’est surtout en 1992, sur les routes menant à Sestrières qu’il a réalisé son exploit le plus marquant en restant plus de 200 km en tête.

7ème au départ de l’étape, El Diablo fausse compagnie au peloton dès les premiers lacets du col des Saisies, avant le Cornet de Roseland, et l’Iseran et la montée finale qu’il avale pour mettre tous les outsiders à plus de 5 minutes, Virenque à 26’, Leblanc à 49’… et le leader, Indurain à 1’45’’. 2ème à Paris pour un troisième podium d’affilée, le gregario s’était transformé en seigneur.

Vincenzo Nibali  – Vainqueur en 2014 3ème en 2012, 6 victoires d’étapes, 19 jours en jaune

Seize ans après Pantini, son succès de 2014 est une éclaircie pour un cyclisme italien qui se cherche toujours un successeur dix ans après. Construite à la Planche des Belles Filles, confirmée à Chamrousse et à Hautacam, sa victoire ne souffre d’aucune contestation avec plus de 7 minutes d’avance sur Péraud et 8 sur Pinot.

Gastone Nencini  – Vainqueur en 1960 Meilleur grimpeur en 1957, 4 victoires d’étapes, 14 jours en jaune

Aussi bon grimpeur qu’habile descendeur, l’Italien a profité de la chute d’un de ses principaux concurrents, Roger Rivière, dans la descente du col d’Uglas, entre Millau et Avignon, pour inscrire son nom au palmarès trois ans après le Giro, pour une année 1957 où il prit le départ et termina les trois grands Tours, une performance qu’il fut longtemps le seul à avoir réalisée (avant Kuss en 2023).

Ottavia Bottecchia  – Vainqueur en 1924 et 1925 2ème en 1923, 9 victoires d’étapes, 34 jours en jaune

Premier coureur à porter le maillot jaune de la 1ère à la dernière étape du Tour, en 1924, le Bûcheron du Frioul est aussi le premier Italien à gagner la Grande Boucle, capable de gagner au sprint comme en montagne, ce qu’il fit sur ses trois premières participations avant d’abandonner sur le quatrième en 1926.

Mario Cipollini – 12 victoires d’étapes, 6 jours en jaune

L’Italien le plus souvent vainqueur d’étapes (12), à égalité avec Bartali, a eu les honneurs du maillot jaune en 1993 et 1997, entre autres conséquences de ses talents de sprinteur hors-norme. Vainqueur de 4 étapes consécutives en 1999 (de la 4ème à la 7ème), il fut une des figures marquantes du peloton des années 90, entre sa première participation en 1992 et sa dernière en 2004… mais sans jamais aller au-delà de la 11ème étape car il ne parvint jamais à rejoindre Paris !

Ginni Bugno – 2ème en 1991, 3ème en 1992, 4 victoires d’étapes

Derrière l’intouchable Indurain, il partagea le podium à deux reprises avec son compatriote Chiappucci en 1991 et 1992 sans jamais avoir la possibilité de porter le maillot jaune. Après avoir été 7ème en 1990, son profil de coureur complet ne lui permit pas de casser son plafond de verre au-delà de quatre étapes, dont deux à l’Alpe d’Huez, une devant LeMond en 1990, l’autre devant Indurain en 1991, les deux futurs vainqueurs…

Et aussi : Imerio Massignan (meilleur grimpeur 1960 et 1961), Pierre Brambilla (meilleur grimpeur 1947), Franco Bitossi (maillot vert en 1968), Gioncarlo Bellini (meilleur grimpeur 1976), Giovanni Battaglin (meilleur grimpeur 1979), Alessandro Petacchi (maillot vert 2010), Giulio Ciccone (meilleur grimpeur 2023), Raffaele Di Paco (11 victoires d’étapes)

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Tom Boissy

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