mardi 4 octobre 2022

Ces Marseillais qui rêvent de jouer un jour à l’OM…

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À l’instar de Kamara, Perrin ou Germain, les seuls vrais Marseillais de l’effectif en 2021, rares sont les joueurs nés dans la cité phocéenne à s’être imposés à l’OM. Bien plus nombreux sont ceux qui n’y ont jamais joué. Zidane en tête. Certains aimeraient bien rectifier cette anomalie…

Fini le temps où les recruteurs marseillais semblaient insensibles au talent des jeunes joueurs locaux. Recruter local est devenu un leitmotiv illustré par les nombreux partenariats signés avec les clubs régionaux. Avant que cette nouvelle orientation porte ses fruits au niveau professionnel, et que l’effectif de L1 comporte bien davantage que deux ou trois Marseillais, en 2019, sur les 80 joueurs des U16 à la réserve, 68 étaient nés à Marseille, ou dans son agglomération, soit 85%.

La volonté d’exploiter enfin le vivier local est bien réelle de la part des dirigeants phocéens, conscients que depuis des décennies, et bien au-delà du cas de Zidane, le club est passé à côté de nombreuses pépites qui, toutes ou presque rêvaient pourtant de porter le maillot olympien.

« C’est le club qui me faisait rêver petit, regrettait presque Wesley Fofana avant de s’envoler vers Leicester. Quand j’ai joué au Vélodrome avec l’ASSE, devant ma famille, mes amis, ma ville, c’était quelque chose d’incroyable. »   

Fofana : « cest le club qui me faisait rêver petit ! »

Les mailles du filet phocéen ont longtemps étaient bien trop distendues et quand elles parvenaient à pêcher un futur pro, c’est l’image peu flatteuse de son centre de formation qui faisait le reste. « Marseille souhaitait me recruter, mais j’ai préféré opter pour Lyon pour la réputation de son centre de formation, témoignait Lamine Gassama en 2006. Lorsque tu vois le parcours d’un Benzema, ça ne peut que faire rêver. Aujourd’hui, pour un jeune footballeur, si tu veux gagner des trophées, c’est à Lyon qu’il faut jouer. »

La roue a tourné pas mal depuis et la volonté politique autant que les contraintes économiques ne peuvent que tendre vers un recrutement de plus en plus régional qui n’obligerait pas les Minots à s’expatrier pour espérer caresser leur rêve professionnel. Notre Top 10 exhaustif des Marseillais qui ne sont (encore) jamais passés par la case Vélodrome, sinon dans le vestiaire visiteur, démontre que l’OM a tout à y gagner.

1/ Zinedine Zidane, L’histoire d’un rendez-vous manqué

Dans sa jeunesse marseillaise, vécue à La Castellane, Zizou a joué à l’AS Foresta, à l’US Saint Henri et au SO Septèmes-les-Vallons en 1983 avant d’intégrer le centre de formation de Cannes en 1987 à 15 ans, sans jamais rejoindre l’OM qui, à ce moment là, a changé de pavillon avec l’arrivée de Bernard Tapie.

La préoccupation était moins d’exploiter le vivier local que de se positionner pour attirer les meilleurs joueurs de la planète… dont ne faisait pas encore partie l’actuel coach du Real. Lorsqu’il le devint, c’était trop tard, l’OM n’avait plus les moyens, ni sportifs, ni financiers, de le recruter. Malgré tout l’attachement authentique qu’il a pour ses origines phocéennes, Zizou et l’OM, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué.

2/ Lucas et Théo Hernandez, parce qu’ils sont partis en Espagne

L’aîné, Lucas est né en 1996, un an avant le cadet, Théo, tous les deux à Marseille, où évoluaient encore leur père, Jean-François, défenseur central formé à Toulouse et qui est resté trois saisons à l’OM entre 1995 et 1998, avant de partir en Espagne où il a fini sa carrière.  Les deux frangins ne sont restés que quelques années sur Marseille, avant de déménager en Espagne en 2002, où ils ont grandi. Après le divorce de leurs parents, ils n’ont jamais plus revu leur père et ne sont jamais plus revenus vivre en France.

3/ Julien Sablé… parce qu’il a préféré les verts

Pur produit de l’AS Saint-Etienne, où il a intégré le centre de formation en 1998, à 18 ans, l’actuel entraîneur adjoint des Verts est un vrai Marseillais qui a grandi dans l’adoration de l’OM des Waddle, Papin et Pelé. Petit-fils d’un ancien olympien (1959-1966), Albert Sejnera, Sablé a débuté le foot au SASA, Sports Athlétiques de Saint-Antoine, où son grand-père et son père étaient dirigeants. Approché par l’OM, il préfèrera rejoindre Saint-Etienne… sans jamais avoir la possibilité de revenir chez lui malgré quelques touches sans lendemain.

4/ Wesley Fofana… parce que l’OM ne l’a pas retenu

De la Provence au Forez, Wesley a suivi la même trajectoire que son ancien entraîneur chez les Verts, avec trois ans d’avance sur l’âge de départ (15 ans) et après avoir écumé les clubs marseillais de Repos Vitrolles au SC Air Bel en passant par l’ES Bassin Minier, et la JS Penne-Mirabeau. A 14 ans, il a même fait un essai pour intégrer l’OM… sans convaincre les éducateurs phocéens de l’époque. Un an après, il rejoignait Saint-Etienne pour y signer son premier contrat pro en 2018 et être transféré en 2020 pour 35 M€ à Leicester.

5/ Jean-Luc Ettori, parce qu’il est parti en Bretagne

S’il est bien né à Marseille en 1955, l’ancien recordman des matches disputés en championnat de France (602 entre 1975 et 1994) a débuté le foot en Bretagne avant d’intégrer l’INF Vichy à l’âge de 16 ans, sous les ordres d’un certain Gérard Banide qu’il retrouvera à Monaco, son seul et unique club pour une carrière de 19 ans au cours de laquelle l’OM fut souvent son concurrent direct pour un titre qu’il gagna en 1978, 1982 et 1988, pour une Coupe de France qu’il gagna en 1980, 1985 et 1991.

6/ Christian Perez, parce que l’OM ne l’a pas repéré

Ce Marseillais pur jus a fait ses débuts dans les Bouches-du-Rhône avant de rapidement prendre la direction de Nîmes où il intégra le centre de formation en 1978, à 15 ans, et où il terminera sa carrière en 1996 après avoir marqué son temps à Montpellier, PSG et Monaco. International à 22 reprises, le petit ailier de poche a participé à l’Euro 2012 et a été 2ème du championnat avec le PSG en 1989 derrière… l’OM.

7/ Benjamin Stambouli, parce que Montpellier a été plus prompt

L’actuel milieu de Schalke 04, né à Marseille en 1990, avait tout pour devenir un vrai minot. Son père, Henri, fut le 2ème gardien de l’OM entre 1986 et 1989 avant d’intégrer le staff technique jusqu’en 1997. Son grand-père, Gérard Banide, en fut l’entraîneur au tout début de l’ère Tapie entre 1986 et 1988. Si sa première licence, à 6 ans, fut bien prise à l’OM, elle n’eut pas de lendemains. Dès 1997, il signa à l’ESCG Uzès avant de faire toute sa formation à Montpellier, un club avec lequel il sera champion de France en 2012, deux ans avant de refuser une offre de l’OM, et de s’envoler à Tottenham puis au PSG.

8/ Jérémie Boga, parce qu’il a préféré Chelsea

Marseille a été un tremplin pour un gamin très vite surclassé et dans le viseur de tous les grands clubs européens. Il n’a en effet que 12 ans lorsqu’il tourne le dos à l’OM et préfère s’engager avec Chelsea en 2008, repéré par l’ancien recruteur historique du FC Nantes, Guy Hillion, alors scout en chef des Blues. S’il signe son premier contrat pro à Chelsea à 17 ans, c’est à Rennes, Grenade, Birmingham et aujourd’hui à Sassuolo, à 24 ans, qu’il réalise toute sa carrière dans un rôle de milieu relayeur.

9/ Lamine Gassama, parce qu’il a préféré Lyon

C’est dans les pas de Zidane, dans les quartiers Nord de Marseille, cité de la Castellane, que Lamine a fait ses gammes. Mais plutôt que d’intégrer le centre de formation de l’OM, c’est Lyon qu’il a choisi, après deux saisons à Martigues entre 14 et 16 ans, et une dernière à Aubagne entre 2005 et 2006. Depuis, le défenseur latéral franco-sénégalais, finaliste de la CAN en 2019 avec le Sénégal, a surtout joué à Lorient avant de partir en 2016 en Turquie où il joue toujours à Götzepe.

10/ Bryan Dabo, parce qu’il a préféré les verts

L’énergique milieu de terrain a découvert le football au FC Burel, puis à Aubagne, tout en pratiquant le karaté à l’ASPTT Marseille… et de choisir, à 15 ans, de rejoindre le centre de formation de Montpellier en 2007. Malgré une offre de l’OM, lui aussi préféra ensuite SaintEtienne et une carrière italienne, à la Fiorentina, SPAL et aujourd’hui Benevento, qu’il participa la saison passée à faire monter en Serie A.

Et aussi : Roger Jouve, Rafidine Abdullah, Djamel Bakar, Albin Ebondo, Henri Zambelli, Richard Ruffier, Bruno Lippini, Nicolas Marin, Didier Santini, Bobo Baldé, Frédéric Mendy, Nicolas Penneteau, Pascal Bedrossian, David Hamed, Frédéric Tatarian, Laurent , Jean-Luc Vannuchi, Gilbert Ceccarelli, Louis Gomis, Gilles Hampartzoumian, Adel Boutobba, Patrice Marquet, Louis Gomis…

Tom Boissy

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