samedi 2 mars 2024

Cyclisme – 2024 : ces équipes françaises pourraient nous surprendre

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Cinq équipes françaises, quatre World Tour et une Pro Team, attaquent cette nouvelle saison. Chacune avec ses ambitions.

Marc Madiot (Groupama-FDJ) : « Pas l’habitude de défrayer la chronique »

« Nous n’avons pas l’habitude de défrayer la chronique des transferts. Notre adn ne nous amène pas à faire des chèques pour recruter de grosses pointures. Cela ne nous empêche pas d’avoir de l’ambition ne serait-ce que par rapport aux jeunes que nous formons et qui ont répondu présent en 2023 et qui vont continuer à apprendre et à progresser en 2024, à l’image de Martinez, de Grégoire, mais aussi de Pithie, d’Askey. D’autres vont ar-river pour un effectif qui sera prêt pour aller chercher un maximum de victoires. Leur potentiel est là qui peut leur permettre de faire de très bons résultats très rapidement. »

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Les ambitions : « faire mieux qu’en 2023 »

« L’époque Démare-Pinot se termine, la route tourne, maintenant c’est au tour des Gaudu, Madouas, Grégoire et Martinez de faire leur temps. Même si nous n’avons pas les mêmes moyens que certains, on sera présent comme on l’a été en 2023 sur des courses qui nous tiennent à cœur, le Tour, le championnat de France, Paris-Nice, les Flandriennes, etc. La stabilité de notre effectif doit nous permettre d’être compétitifs avec nos leaders. Sans être exceptionnel, Gaudu a tout de même terminé dans le top 10 du dernier Tour en 2023, on peut donc espérer, avec plus de certitudes et de confiance, faire mieux en 2024. Le profil du Giro n’étant pas montagneux ne sera pas une priorité. Pour le reste, on est capable de gagner sur tous les terrains à partir du Grand Prix de la Marseillaise qui ouvrira la saison. Je suis confiant. »

Cédric Vasseur (Cofidis) : « On aurait aimé garder Lafay, mais… »

 « Avec un budget plus important, le recrutement n’aurait pas été le même, forcément. Mais je fais avec ce que j’ai et dans ce contexte je pense qu’on a fait le meilleur recrutement possible. Même s’il n’est pas très spectaculaire, j’ai confiance en tous ceux qui nous rejoignent car ils ne sont pas là par hasard. Ils ont déjà brillé en World Tour… »

« Les signatures de Kenny Elissonde et Ben Hermans sont des plus-values, Kenny en montagne aux côtés de Guillaume Martin, et Ben dans un registre plus polyvalent en soutien d’Axel Zingle avec son expérience des courses d’une journée. Idem pour Gorka Izagirre dont le palmarès et le parcours parlent pour lui, aux côtés de son frère, comme précieux soutiens de Guillaume Martin sur les courses par étapes et les grandes courses d’une journée. Alexis Gougeard aura l’occasion de prouver ce dont il est capable après avoir dominé en amateurs. »

« Il revient au plus haut niveau avec de nouvelles ambitions avec toujours cette capacité de sortir un grand numéro ! Stefano Oldani appartient à une catégorie de coureurs qui nous manquait. Il sera important dans notre groupe de classiques et dans notre quête de victoire d’étapes sur les grands Tours. Par ailleurs, c’est vrai, on aurait aimé garder Victor Lafay dans notre équipe, et nous avons bataillé pour ça, mais nous n’avons pas voulu aller au-delà d’une certaine somme et laisser à d’autres le risque inhérent à un gros investissement. »

« Surtout, je pense qu’il avait envie d’aller voir ailleurs, ce qui est compréhensible. Pour le reste, José Herrada, Wesley Kreder, Pierre-Luc Périchon et Jelle Wallays ont pris leur retraite car nous ne leur avons pas proposé de prolongation. Même constat avec Simone Consonni et Davide Cimolai qui ne nous ont pas donné satisfaction. Max Walscheid a été approché par Jayco AlUla et a donné suite… »

« Tout comme Rémy Rochas chez Groupama-FDJ. C’est la vie des équipes et des coureurs dans un cyclisme moderne qui connait de plus en plus de turnover et où il faut en même temps offrir plus de suivi aux coureurs. Dans ce but, je me réjouis aussi des arrivées d’Yvonnick Bolgiani et Jimmy Engoulvent pour une équipe Cofidis qui comptera huit directeurs sportifs, chacun avec une mission pour couvrir tous les secteurs. »

Les ambitions : « Rester en haut de l’affiche »

« Après une saison 2023 où nous avons pu concrétiser, sur le Tour de France notamment, tous les efforts accomplis depuis des années, le travail se poursuit. On attendait une victoire sur le Tour depuis si longtemps (2008)… maintenant on va se lancer à la poursuite du maillot jaune et d’un Monument, pourquoi pas, et d’un maximum d’autres victoires. »

« Nous n’en avons peutêtre que 14 en 2023, avec 9 coureurs différents, mais, parmi elles, celles de Victor (Lafay) sur le Tour à San Sebastian, autant que la chevauchée d’Izagirre ou la première de Coquard en World Tour, ainsi que la victoire d’Herrada sur la Vuelta, ont remis Cofidis dans la lumière. C’était du haut niveau, de haute intensité. On repart avec la même ambition en sachant qu’on reste encore loin des meilleurs que sont UAE et Jumbo, intouchables et qui jouent dans une autre catégorie que les autres. Dans ce contexte, on essaiera encore de tirer notre épingle du jeu avec nos moyens pour rester en haut de l’affiche. »

Vincent Lavenu (Decathlon AG2R La Mondiale) : « Lafay est capable de faire des choses incroyables »

« L’apport de Bruno Armirail, un des meilleurs au monde sur les chronos, sera essentiel dans le sens où nous étions loin d’être les meilleurs sur cet exercice. Pour Victor Lafay, après avoir démontré son talent chez Cofidis, il s’agit d’un retour aux sources car il est passé par notre centre de formation. Victor est capable de faire des choses incroyables, c’est une recrue de choix, une recrue naturelle qui habite à 30 km de chez nous. »

« Sam Bennett reste un sprinteur de dimension mondiale. A nous de progresser dans un domaine où nous n’avions plus d’expertise depuis Kirsipuu. Cette année, nous aurons un garçon qui a déjà mis la balle au fond plusieurs fois et avec de l’accompagnement, on peut se retrouver à gagner des sprints de nouveau. »

Les ambitions : « Cosnefroy est capable de gagner un Monument »

« Face à des Etats souverains, quelquefois des milliardaires, grâce à l’arrivée de Decathlon, avec un budget de 26 M€, on s’ouvre à toutes les perspectives. Même si nous ne sommes pas à égalité avec les équipes étrangères, en raison des charges qui pèsent sur nous, les modèles des formations françaises sont solides et bien construits. Avec l’arrêt de Citroën, l’objectif premier était de poursuivre et nos perspectives sont désormais réjouissantes. Decathlon est la marque préférée des Français, leader mondial en équipements sportifs qui a su construire des vélos qui sont des machines de guerre. »

« Au moins, les coureurs ne pourront pas nous dire que les victoires ne viennent pas à cause des vélos… A nous d’assumer sportivement désormais car les exigences seront plus importantes. On n’est plus des artisans du sport de haut niveau, mais des industriels en quête de haute performance avec la volonté de continuer à travailler sur la formation. On va d’abord s’appuyer sur ça avant d’essayer de recruter à court terme un coureur capable de jouer, pourquoi pas, le podium des grands Tours derrière Pogacar et Vingegaard. »

« Dans cette quête, il ne faut pas négliger ce qu’a fait Felix Gall en 2023. Il y a une part d’inconnue avec lui et voir s’il peut rivaliser avec les meilleurs mondiaux sera intéressant en 2024. Je persiste à penser qu’un top 5 est réalisable. Pour les Classiques, après avoir fait 2ème sur l’Amstel Gold Race, 3ème du Dauphiné et du Tour des Flandres, l’ambition est d’en gagner une un jour. Peut-être pas pour 2024 car ce sera une année de transition, mais un Cosnefroy est capable de remporter un Monument, LiègeBastogne-Liège est dans ses cordes. Ben O’Connor a aussi beaucoup du talent, il a été malade, faisons lui confiance en 2024. »

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