samedi 26 novembre 2022

Cyclisme : comment le Moyen-Orient tente de s’imposer

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Depuis de nombreuses années, les pays du Moyen-Orient se sont invités dans le peloton afin de participer à la mondialisation du vélo. Que ce soit avec des équipes (Bahrain-Victorious, UAE Team Emirates) ou des courses (Tour des Emirats Unis, Tour d’Oman), les états du Golfe persique sont une opportunité unique d’avoir une manne financière importante pour répondre aux exigences du haut niveau.

Le cyclisme mondial s’est clairement tourné vers le Moyen-Orient pour continuer à évoluer et prospérer. A la recherche de sources financières lui permettant de grandir et de répondre aux contraintes de l’UCI, certaines formations n’ont pas hésité à demander à certains Etats de participer. La stratégie de base étant, bien évidemment, de se faire connaître dans le monde et de sortir de l’anonymat qui était le leur grâce au sport.

Des équipes, des courses, mais pas de coureurs…

Le Qatar avait montré l’exemple en créant son Tour en 2002. Organisé avec ASO, il n’aura connu que 15 éditions pour disparaître en 2016. Ce sont ensuite le Bahreïn et les Emirats Arabes Unis qui ont pris le relais en devenant les propriétaires de deux équipes World Tour. Si Bahrain Victorious est partie de rien, UAE Team Emirates avait pris la suite de la formation italienne, Lampre-Merida, en 2017. L’idée étant, pour l’homme d’affaires émirati, Matar Suhail al-Yabhouni, président de l’équipe, de s’imposer sur du long terme comme une référence, même s’il aura fallu 32 millions de dollars pour intégrer le gratin du cyclisme mondial.

« Nous sommes ravis d’annoncer l’équipe cycliste UCI WorldTour UAE Abu Dhabi, affirmait Yabhouni au moment de sa création. Nous sommes fiers de conclure un partenariat à long terme avec l’un des sports les plus anciens et les plus réussis au monde. La création de l’équipe continuera à galvaniser, élever et promouvoir le cyclisme à Abu Dhabi et aux Emirats arabes unis. »

Et aujourd’hui, grâce à Tadej Pogacar notamment, double vainqueur du Tour de France, UAE Team Emirates est une référence du peloton. Pour le Bahreïn, la stratégie était assez similaire. Même s’il manque encore cette victoire sur un grand Tour pour valider pleinement la stratégie de développement dans le vélo. Vincenzo Nibali aura bien offert des podiums sur le Giro et la Vuelta, dès la première année sur le circuit World Tour, mais, pour l’instant, Bahrain Victorious n’est pas encore invitée parmi les équipes dominantes du peloton comme INEOS, Jumbo et bien évidemment UAE.

UAE Team Emirates comme ambassadeur du Moyen-Orient

La stratégie donnant-donnant peut avoir ses limites même si le Bahreïn est aujourd’hui plus facile à placer sur une carte. Au rayon des courses, l’unique course qui continue de sortir du reste du lot est le Tour des Emirats Arabes Unis, l’UAE Tour, qui existe depuis 2019 et reste l’unique course World Tour du Moyen-Orient.

Elle ouvre généralement en février la saison de nombreux leaders comme Roglic, Yates, Pogacar, tous vainqueurs de l’épreuve. Si le Saudi Tour est l’héritier du Tour d’Arabie Saoudite, toutes les courses ne sont pas toutes mises en évidence dans un calendrier bien fourni.

Il n’y a que le Tour d’Oman qui fait de la résistance en étant depuis 2010 une course UCI ProSeries. Si le Tour d’Abou Dabi n’a connu que deux éditions en 2017 et 2018, le Tour de Syrie essaye de se faire une place dans l’UCI Asia Tour en apparaissant en octobre. Après une première édition en 2022, elle sera de nouveau au programme en 2023.

Au niveau des coureurs, pour le moment, ils ne sont pas nombreux à s’être fait une place dans le peloton. L’exception reste Yousif Mirza qui était coureur chez UAE Team Emirates. Mais il n’a pas jamais eu l’occasion de participer à un grand Tour, à 34 ans. La preuve que parfois, les moyens ne suffisent pas pour exister au plus haut niveau.

Movistar se tourne vers l’Arabie Saoudite…

La formation espagnole a signé un accord pour aider au développement du cyclisme dans le Royaume du Golfe Persique. Au moment de préparer sa saison à venir, la Movistar a surpris en officialisant son association avec la Fédération saoudienne de cyclisme. Son président, Abdullah Alwathlan, et le directeur général de la Movistar, Eusebio Unzué, ont expliqué conjointement les raisons de ce partenariat.

« L’accord vise à développer le personnel technique, à renforcer la coopération sur les programmes de formation, à échanger des expériences, à organiser régulièrement des ateliers et à soutenir des événements, des courses et des activités dans le Royaume pour les années à venir. La coopération entre les parties vise à développer conjointement des projets cyclistes dans le Royaume à tous les niveaux. »

Au regard du retard pris par rapport à d’autres pays du MoyenOrient, l’Arabie Saoudite devra redoubler d’efforts. Nul doute que l’expérience de l’équipe doyenne du peloton pourra être précieuse.

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