jeudi 23 mai 2024

Cyclisme : le grand retour des Américains !!!

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

S’il a fallu attendre 1981 pour voir un Américain à Paris (Boyer, le premier à disputer le Tour de France), depuis, dans le sillage inspirant de Greg LeMond, le destin des représentants de l’Oncle Sam a connu autant de hauts que de bas. Dans des registres comparables, l’émergence de Kuss, Powless, McNulty ou Jorgenson leur permet de reprendre aujourd’hui leurs aises dans le peloton.

Arrivés tout droit d’outre-Atlantique, c’est par vagues que les cyclistes américains déferlent sur le peloton depuis les années 80, d’abord avec Greg LeMond, ensuite avec Lance Armstrong (on s’en serait bien passé !) dans les années 2000, et aujourd’hui avec Neilson Powless, Sepp Kuss en passant par Brandon McNulty, Matteo Jorgenson ou Quinn Simmons.

Avec une différence de taille, quand leurs aînés évoluaient ensemble en majorité dans les mêmes équipes (7 Eleven, Motorola ou US Postal), ils sont aujourd’hui éparpillés 13 dans 10 formations de World Tour (voir encadré) -, comme si le scandaleux épisode Armstrong, son corollaire Landis chez US Postal, avaient fait exploser la diaspora.

Peut-être pour la rendre moins suspicieuse, plus sûrement pour mieux s’imprégner de la culture européenne toujours dominante dans le peloton. Une décennie aura en tout cas été nécessaire pour digérer le traumatisme et repartir sur de nouvelles bases.

En gagnant le 7 juillet 2021 à Andorre la Vieille, Sepp Kuss était le premier américain à gagner une étape du Tour depuis 2011 et Tyler Farrar à Redon. Proche de se parer de jaune en 2022, Neilson Powless (EF Education EasyPost), 12ème, était à la tête d’un contingent qui plaçait trois autres compatriotes dans le top 20. Depuis, Kuss, le super équipier de Visma, s’est transformé en leader pour ajouter une deuxième Vuelta à l’héritage US, dix ans après le premier succès de Christopher Horner… à 41 ans !

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Simmons et Sheffield, les prochains sur la liste

En attendant de trouver un successeur à Andrew Hampsten, le seul à avoir remporté le Giro (1988), et à LeMond, le seul à ne pas avoir été dépossédé de ses trois Tours de France, la montée en puissance se poursuit dans le sillage d’un Jorgenson impérial en début de saison, vainqueur de Paris-Nice et d’A Travers la Flandre.

Le grimpeur formé chez AG2R, passé chez Movistar a passé un cap en rejoignant Visma Lease a Bike cette saison, mais devra certainement rentrer dans le rang pour laisser les coudées franches à ses leaders Vingegaard et Van Aert. A moins qu’il imite Sepp Kuss, récompensé sur la Vuelta de tous ses sacrifices sur le Tour.

Avec eux, Powless ne cesse de monter en régime, à l’instar de son classement sur le Tour (56ème en 2020, 43ème en 2021, 12ème en 2022) de sa victoire sur la Clasica San Sebastian (2021), de l’Etoile de Bessèges et du Grand Prix de la Marseillaise en 2023, de ses trois Top 20 successifs sur les Mondiaux (5ème, 18ème et 11ème), de sa 6ème place sur Paris-Nice (2023), le Californien de 27 ans est l’un des meilleurs baroudeurs du peloton qui n’est pas à l’abri de remporter un jour un Monument après avoir flirté avec le podium sur le Tour des Flandres et Milan-San Remo en 2023 (5ème et 7ème) et sur Liège-Bastogne-Liège en 2022 (8ème).

Une nouvelle génération dans l’ombre des grands

Pas moins talentueux, Brandon McNulty (26 ans) trace sa route à l’ombre de Pogacar chez UAE Team Emirates. Révélé sur le Giro avec une 15ème place pour sa première participation en 2020, il a su saisir sa chance sur les épreuves d’une semaine où son profil de grimpeur le prédestine.

Sa victoire sur le Tour de Valence cette année, qui annonçait sa 3ème place sur le dernier Paris-Nice et sa 5ème sur le Tour du Pays basque, témoigne d’une vraie progression susceptible, peut-être, de lui offrir un statut un peu plus protégé sur les grands Tours que ne viseraient pas Pogacar.

A 23 ans, Quinn Simmons, champion du monde juniors 2019 et champion des Etats-Unis en titre, ainsi que Magnus Sheffield, 22 ans, déjà vainqueur de la Flèche brabançonne et 6ème du dernier Tour des Flandres, représentent une relève sans complexes, bien dans la tradition des sportifs made in USA pour remettre le Star-Spangled Banner sur la plus haute marche du podium.

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