samedi 20 juillet 2024

Cyclisme : les coureurs prennent-ils trop de risques ?

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Ces dernières saisons, les coureurs ne calculent plus leurs efforts et se donnent à fond pour aller chercher la victoire. Mais ne vont-ils pas trop loin ? Le débat est relancé après le décès du Suisse Gino Mäder sur le Tour de Suisse.

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Sur les sprints, on voit de plus en plus de coureurs jouer des épaules et des coudes pour se placer et garder la meilleure trajectoire. Dans les descentes, la vitesse est de plus en plus folle pour faire la différence… Ces derniers mois, les images impressionnantes ne manquent pas de coureurs qui se donnent à fond pour prendre le dessus sur la concurrence au détriment des risques encourus.

C’est au moment des chutes que cela se vérifie souvent avec des blessures graves et même des drames comme le décès de Gino Mäder, sur ses routes d’entraînement lors de la 5ème étape du Tour de Suisse. Pour Valentin Madouas, la raison principale qui augmente le risque en course, se trouve d’abord sur le vélo. « On freine de plus en plus tard. »

« Moins de marge de sécurité »

En effet, les disques de freins permettent aux coureurs d’aller aux limites du possible pour faire la différence. « L’avancée des vélos qui sont de plus en plus légers, mais aussi de plus en plus rigides est une explication, selon le champion de France 2023. C’est une course à l’armement pour les équipes. Les vélos sont de plus en plus rigides. Ils vont tellement vite que ça peut être compliqué à gérer. Le débat vient aussi des freins à disques. Les vélos étant plus rigides et les freinages plus tardifs, comme en voiture ou en Formule 1, il y a moins de marge de sécurité pour les coureurs. »

« Ils peuvent piler et tomber plus facilement. Il y a moins de possibilités de faire de faute. Car si c’est le cas, on part directement en chute. Il suffit d’un freinage trop tardif, d’une anticipation loupée, un virage ou une trajectoire qui se referme alors qu’on ne s’y attend pas. C’est tout cela qui fait qu’il y a de grosses chutes comme cela a été le cas sur le Tour de Suisse avec le décès de Gino Mäder. »

Rémi Cavagna rejoint Valentin Madouas dans son analyse et estime que les coureurs sont aussi mieux préparés aux difficultés qu’ils rencontrent, se permettant de prendre plus de risques sur des terrains de jeu de plus en plus hostiles. « Les courses vont de plus en plus vite (entraînement, matériel…) et les coureurs veulent toujours être bien placés, ce qui entraîne des chutes. Les coureurs prennent parfois certains risques, mais il n’y a pas que ça. Les aménagements urbains, rigidité des cadres font et rendent les courses plus dangereuses. »

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