mardi 5 mars 2024

Rémi Cavagna (Quick-Step) : « Remco (Evenepoel) a prouvé que c’était un extraterrestre »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Depuis le début de saison, Rémi Cavagna ne manque pas de confirmer son retour au premier plan, avec notamment deux succès. A 27 ans, l’Auvergnat de l’équipe Soudal Quick-Step profite pleinement de sa forme pour repousser ses limites alors que le Tour passera le 12 juillet par Clermont, sa ville de naissance, lors de la 11ème étape. Entretien pour Cyclisme magazine et Le Quotidien Du Sport.

Comment jugez-vous votre début de saison ?

Après un premier bloc de courses avec des Classiques et des courses par étapes, je suis plutôt satisfait. C’est bien pour le moral, j’ai pu aller chercher la victoire (sur la Settimana Internazionale Coppi e Bartali, Ndlr). Les jambes vont bien depuis ces victoires.

Je suis passé pas loin sur d’autres courses (4ème de la Flèche Brabançonne, 3ème du prologue du Tour de Romandie, Ndlr). Ça reste plutôt bien. Même en montagne, je vais bien dans les ascensions. Je suis donc assez satisfait de cette première partie de saison.

Est-ce l’une des premières saisons où vous vous sentez bien dès le début ?

Franchement, c’est la plus belle partie de saison que je fais. En termes de constance. Et je vois que j’ai progressé dans certains domaines comme dans la montagne. J’ai réussi de bons contre-la-montres comme sur le Tour de l’Algarve. Je gagne celui de la Semaine Coppi e Bartali. Pour le moral, c’est bon.

« J’ai réussi les bons contre-la-montres »

Quels étaient vos objectifs au moment d’entamer cette saison ?

Le but était de remporter une course le plus rapidement possible pour être en confiance (il n’avait plus gagné depuis le 14 août 2021 et la 6ème étape du Tour de Pologne, Ndlr). Pour moi, j’ai besoin d’avoir ce sentiment d’être bien pour avancer. Ça va dans ce sens là. Puis les objectifs se sont concrétisés avec les victoires. J’ai emmagasiné de la confiance. J’ai envie de continuer et d’en gagner encore une rapidement. J’ai encore de beaux objectifs.

Pensiez-vous vivre un après titre de champion de France 2021 aussi compliqué ?

Il est vrai que j’ai vécu une année un peu compliquée. En plus, j’ai connu une lourde chute lors du stage d’avant saison en Espagne. Ça m’a retardé et amputé ma saison. C’était compliqué de me remettre en route. Cette année 2022 est maintenant derrière moi. Mais sur une course, on est forcément un peu plus regardé avec le maillot de champion de France. J’ai retrouvé un peu plus de liberté de mouvement. Cependant, je ne cracherais pas sur le fait de l’avoir à nouveau ! C’était une fierté de l’avoir. Mais c’est bien de courir sans aussi (sourire).

Cette expérience va-t-elle vous servir pour la suite de votre carrière ?

J’aimais bien partir tôt dans la course et, avec le maillot tricolore, c’était quasiment impossible. Cette année, j’ai un peu moins de pression. Je me donne à fond sur chaque course comme sur le Tour du Pays Basque. J’étais bien dans les ascensions.

Les jambes ont bien répondu. Je veux continuer à travailler pour devenir un coureur plus complet et remporter quelques courses. Au niveau du chrono, j’ai retrouvé les sensations de 2021 qui m’avaient permis d’être souvent sur les podiums. C’est encourageant de retrouver ce niveau et de me confronter aux meilleurs pour viser la victoire. Ça me motive encore plus pour passer quelques étapes pour retrouver le succès sur mon exercice préféré.

« Une fierté d’avoir le maillot de champion de france, mais c’est bien de courir sans aussi »

Avez-vous douté de retrouver votre meilleur niveau ?

Je ne le cache pas. C’était compliqué à certains moments de l’année 2022. Je n’arrivais pas à retrouver mon coup de pédale. C’était dur pour le moral. On m’a soutenu et on m’a surtout dit de prendre le temps de régénérer mon corps après la chute. Au final, j’ai travaillé et j’ai continué pour retrouver mon niveau. Je n’ai jamais perdu espoir. J’ai retrouvé la confiance et le moral pour lutter contre les meilleurs.

Comment voyez-vous la suite de votre saison ?

Après le Tour de Romandie, je vais prendre des jours de repos. J’ai pas mal enchaîné les jours de courses. Je vais faire 4-5 jours sans vélo avant un stage en altitude pour préparer la suite, notamment les championnats de France. Je ne m’interdis rien avec le contre-la-montre et la course en ligne qui aura lieu du côté de Cassel.

C’est un parcours difficile. Il peut être en ma faveur. J’aimerais retrouver ce maillot. Ce serait sympathique. Je peux rêver. Il y a encore de superbes courses comme le Dauphiné, les France et le Tour, où j’aimerais être au départ. C’est l’un de mes objectifs de cette saison, à condition d’être dans la sélection.

Rémi Cavagna rêve de gagner dans le Puy de Dome

Avec une victoire au Puy de Dôme…

(Rires) Ce serait le rêve ultime. Mais il y a aussi de belles étapes sur ce Tour de France, notamment pas mal autour de chez moi, sur des routes que je connais par cœur. Je saurai où mettre ma roue. J’ai plein d’ambitions. On verra si elles se concrétisent. C’est ma motivation pour cette année.

Combien de fois par jour vous parle-t-on du Tour de France qui passe chez vous ?

(Sourire) Il y a trois étapes qui se passent autour de Clermont-Ferrand. Sans oublier le jour de repos. Le Tour passe quatre jours là-bas. Il passera sur mes routes d’entraînement. Ça donne des idées et je suis motivé.

Sentez-vous l’équipe Soudal-Quick-Step revancharde après une saison de classiques contrastée ?

Remco (Evenepoel) a prouvé que c’était un extraterrestre. Ce qu’il a fait sur Liège-Bastogne-Liège, c’est super. C’était bien pour l’équipe. Derrière, il y a le Giro. L’équipe veut encore briller. Elle sait ce qu’elle fait pour aller chercher des victoires. On travaille pour cela.

Vous avez donc gagné le titre de champion de France en 2021. Florian Sénéchal vous a imité en 2022. L’année 2023 peut-elle sourire à Julian Alaphilippe ?

(Sourire) Ce serait bien. On dit jamais deux sans trois. On a eu deux fois le maillot de suite. Un troisième maillot pour Julian, ce serait top. Je lui souhaite vraiment de tout cœur. Il le mérite. Ce serait le meilleur moyen de remettre l’église au milieu du village.

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