samedi 8 octobre 2022

Cyclisme : une Vuelta 2022 ouverte et innovante

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Grande première pour la Vuelta, son départ des Pays-Bas, le 19 août, lui offrira un terrain de jeu inédit quand son arrivée, le 11 septembre, pourrait être tout aussi originale avec une incursion dans le monde du foot au coeur de Madrid, capitale du sport 2022 ! Le tout agrémenté d’un plateau particulièrement relevé cette année avec, Carapaz, Alaphilippe, Quintana, Hindley, O’Connor, et peut-être Roglic (très incertain) s’il est remis de sa blessure, mais sans Pogacar et Vingegaard.

Les organisateurs des grands Tours rivalisent de plus en plus d’originalité et d’initiatives marquantes pour sortir du lot et médiatiser au maximum leur épreuve. Légèrement en retrait du Giro et surtout du Tour, la Vuelta entend marquer les esprits cette année, pour une 77ème édition qui (avant de s’élancer de Barcelone en 2023) partira… des Pays-Bas, d’Utrecht dans la région du Brabant (qui deviendra pour le coup la seule ville européenne à avoir accueilli les trois grands Tours) et arrivera dans la capitale dans des circonstances assez inhabituelles.

La Vuelta au Wanda Metropolitano devant 65 000 personnes

Pour la 21ème et dernière étape, prévue sur 100,5 km entre Las Rozas et Madrid, le peloton devait en effet passer au milieu de la pelouse du Wanda Metropolitano, à la mi-temps d’un match de Liga de l’Atlético Madrid, le club résident !

Le défi, millimétré, est osé qui permettrait aux coureurs de passer devant 65 000 spectateurs dans une ambiance qu’on imagine explosive et pour le coup sans précédent dans l’histoire des épreuves cyclistes. Avant d’en arriver (peut-être) là, les 184 coureurs conviés (au lieu de 176 en vertu d’une dérogation de l’UCI qui a permis d’inviter exceptionnellement une troisième formation au lieu des deux habituelles) auront emprunté un parcours équilibré, avec aucune étape ne dépassant les 200 km, 11 étapes de montagne et 54 km de contre-la-montre (deux étapes) favorables aux rouleurs.

Comme sur le Tour, et pour les mêmes raisons liées à un besoin irrépressible de faire le spectacle et d’éviter au maximum les arrivées massives, les sprinteurs auront peu d’occasions de se distinguer avec seulement cinq ou six possibilités d’en découdre.

Deux contre-la-montre pour équilibrer

Le premier moment fort sera la 6ème étape (Bilbao-El Pico Jano) avec une première arrivée au sommet et deux cols de 1ère catégorie. Si les favoris n’ont pas eu l’occasion de s’y expliquer, les deuxième et troisième arrivées en altitude, entre la Pola Llaviana et Collau Fancuya (8ème étape) et entre Villaviciosa et les Praeres de Nava (9ème étape), ont le profil pour une grande explication avec chaque fois quatre ascensions de 2ème et 3ème catégorie et une de 1ère catégorie pour conclure.

Mais après quinze jours de course et des organismes fatigués, c’est surtout le bloc 14ème et 15ème étapes qui devrait être décisif. Les 22 km d’ascension de la Sierra de la Pandera directement enchainés après le prélude de la montée de Los Villares devrait faire de gros dégâts.

Au moins autant que le lendemain, en pleine Sierra Nevada pour une sixième arrivée au sommet après 20 km d’ascension. Si tout ceci n’était pas suffisant, les cinq difficultés de la 20ème étape entre Moralzarzal et Puerto de Navacerrada pourraient rabattre les cartes la veille de l’arrivée à Madrid.

L’incertitude de Roglic, l’ambition de Carapaz, l’absence de Pogacar et Vingegaard

Deuxième du Giro cette année, l’Equatorien Richard Carapaz, déjà deuxième sur la Vuelta en 2020, a clairement affiché ses ambitions pour 2022 en faisant l’impasse sur le Tour de France.

« Ce sera mon objectif principal de la fin de saison », déclarait-il après le Giro. C’est en leader unique d’INEOS Grenadiers qu’il se présentera le 19 août à Utrecht avec des lieutenants de haut niveau capables de l’accompagner très loin sur les sommets, Kwiatkowski ou Rodriguez.

Il sera l’un des principaux adversaires de Roglic, qui l’avait devancé il y a deux ans et qui visera un quatrième succès d’affilée pour rejoindre Roberto Heras, recordman des victoires (4). Mais cette année, le triple vainqueur devra faire avec une blessure aux vertèbres qui l’a obligé à quitter le Tour et pouvait remettre en cause sa participation…

Mais sans la présence forcément encombrante de son compatriote, Pogacar, qui a préféré privilégier les Mondiaux et le Tour de Lombardie après sa 2ème place au Tour de France. UAE Team Emirates comptera sur Marc Soler, João Almeida et Pascal Ackermann comme équipiers de luxe. Sur un terrain qu’il connait par coeur et où il n’a jamais perdu (3 victoires en 3 participations), Roglic sait qu’il s’agit là d’une de ses dernières cartouches pour battre son cadet.

Avec le trio de feu, et sans oublier Jay Hindley, le vainqueur australien du Giro, Enric Mas, deuxième en 2018 et 2021, et Nairo Quintana, vainqueur en 2016, seront les principaux outsiders d’une Vuelta que le vainqueur du Tour Vingegaard ne disputera finalement pas. Le grimpeur espagnol de Movistar ne cachait pas ses ambitions lors de la révélation du parcours :

« Je veux gagner la Vuelta où j’ai eu de très bonnes sensations l’année dernière. Le tracé est difficile, surtout en fin de course, il peut faire de gros écarts… ça s’annonce spectaculaire pour les suiveurs et très difficile pour les coureurs. »

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