samedi 2 mars 2024

David Gaudu (Groupama-FDJ) : « Je ne me mettrai pas de pression inutile sur le tour »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

David Gaudu est un homme observé. Désormais dans la peau d’un leader, il sera attendu sur les routes du Tour.

Comment vous situez-vous par rapport à la nouvelle génération, Pogacar, Bernal, Evenepoel,… ? Sont-ils encore inaccessibles ?

Il n’y a pas forcément de comparaison à faire. Chacun évolue à son rythme. Chacun a ses qualités. Cela dépend aussi de la forme du moment sur les courses. J’espère simplement être à la bagarre avec eux le plus possible. C’est sûr que ce n’est pas facile. Il y a une sacrée génération. Je donne tout et, malheureusement, ils sont simplement parfois plus forts. Mais, quand on a tout donné, on ne peut pas avoir de regrets.

Vous serez leader en 2021 sur un grand Tour. Une première !

Je vais partager le leadership sur le Tour de France avec Arnaud (Démare). Lui sera là pour les sprints et moi pour le général même si je ne vais pas non plus me prendre la tête en me disant que je dois absolument finir dans le top 5.

Qu’est-ce que cette belle Vuelta 2020 a-telle changé ?

Les deux victoires d’étapes que j’ai été cherché à la pédale vont certainement changer le regard des autres. Mais c’est surtout une prise de confiance en soi et j’espère un déclic.

Le fait que le Tour de France parte de Bretagne doit être une motivation supplémentaire, non ?

Un départ à la maison, quand on passe sur ses routes d’entraînement, ça fait toujours plaisir. Je connais presque chaque gravillon de chaque route ! C’est motivant.

« J’espère rester sur la dynamique de la Vuelta »

L’objectif sur ce Tour, c’est Démare en vert à Paris et vous en blanc à pois rouges à Paris…

Pas forcément le maillot de meilleur grimpeur. J’espère rester sur la dynamique de la Vuelta. Sur les étapes de plat où il y aura des risques de bordures, je vais essayer de m’accrocher au groupe d’Arnaud, de profiter de leur osmose et de leur capacité à gérer ces étapes. Ensuite, en montagne, ce sera à la pédale. Je prendrai les étapes les unes après les autres et je verrai où ça me mène…

Avez-vous travaillé particulièrement le contre-la-montre en vue de ce Tour ?

Je le travaille de plus en plus chaque année. Mine de rien, sur la Vuelta, j’ai fait un chrono correct vu le profil (28ème à 2min28 de Roglic, Ndlr). On a du super matériel et j’ai cette envie de le travailler encore plus.

Les Jeux Olympiques sont-ils aussi un de vos objectifs ?

Forcément, j’espère être sélectionné pour les JO qui pourraient être un objectif de ma saison.

Au niveau des objectifs, l’ambition est-elle, en termes de progression, de gagner une victoire sur le Tour ou de finir dans le top10 ?

Déjà, si je peux réussir à lever de nouveau les bras, ce serait bien, tout en réussissant à faire une saison pleine notamment sur les courses d’une semaine où j’irai pour jouer le général. Après, c’est sûr que j’aimerais finir dans les dix premiers du Tour mais, comme je l’ai dit, je ne vais pas me prendre la tête sur le Tour. D’abord essayer de me faire plaisir et on verra sur les dernières étapes ce qu’on pourra jouer ou non.

« Forcément que je pense au maillot jaune »

Le fait que la lumière sera davantage sur Arnaud Démare peut-il être un avantage pour vous ?

Le fait d’avoir deux objectifs va m’enlever un peu de pression que si j’avais eu toute une équipe à mon service. Arnaud sera le sprinteur de l’équipe et on espère tous que, dès la 3ème étape et le premier sprint, il l’emporte pour nous mettre sur de bons rails.

Après avoir constitué un duo avec Thibaut Pinot, l’idée est-elle d’en former un désormais avec Valentin Madouas sur ce Tour, vous dans le rôle de Pinot et Madouas dans celui de Gaudu ?

Avec Valentin, on se connaît presque par cœur. On espère que tout se passera bien cette année sur le Tour après un mauvais Tour 2020. Valentin, ce sera son 2ème, moi mon 4ème. J’espère que le cocktail entre sa fougue et mon expérience sera le bon.

Les deux premières étapes correspondent bien à votre profil. Cela vous donne-t-il des idées ?

Forcément que je pense un peu au maillot jaune. L’arrivée à Landerneau risque d’être très difficile et trois coureurs se détachent sur cette étape pour le maillot jaune, Van Aert, Van der Poel et Alaphilippe. Après, dans le Mur de Bretagne, tout peut se passer. C’est tellement dur et spécial que ça peut aussi être une partie de poker menteur.

Vous parliez des courses d’une semaine. Sur Paris-Nice, par exemple, vous ne pourrez pas vous cacher…

J’y serai avec Arnaud pour commencer à fédérer le groupe en vue du Tour. On a vu l’an dernier sur l’UAE Tour qu’on s’entendait bien quand il fallait frotter. J’ai hâte d’être à Paris-Nice et j’espère gagner du temps sur les bordures.

Comment avez-vous vécu les critiques après votre Tour de France et votre abandon ?

Les critiques, parfois, elles font mal, mais la meilleure des réponses a été de gagner des étapes sur la Vuelta.

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