vendredi 1 mars 2024

De Marchi, Ganna, qui pour prendre la relève de Nibali ?

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

L’année 2023 était très attendue en Italie pour enfin voir la nouvelle génération prendre le pouvoir (De Marchi, Ganna). Mais avec la retraite de Nibali ou encore Colbrelli, les fans des Azzurri pourraient trouver le temps long…

C’est un constat accablant qui risque de perdurer de l’autre côté des Alpes. En effet, l’Italie traverse l’une des plus grandes crises de son histoire avec une génération de coureurs qui tarde à prendre le pouvoir. Le cyclisme italien n’a jamais semblé aussi anonyme. Et cela devrait encore se vérifier avec les départs en retraite de Sonny Colbrelli et surtout de Vincenzo Nibali.

« Il y a moins de talents, expliquait récemment le vainqueur du Tour de France 2014. Le cyclisme est en pleine évolution avec un changement générationnel continu et, dans quelques années, on pourrait avoir un Italien très intéressant, dans deux ou trois ans. Les jeunes sont déjà suivis par des entraîneurs et ils savent déjà tout. »

Il y a bien des coureurs qui permettent de cacher les difficultés du cyclisme italien comme Filippo Ganna (INEOS Grenadiers), Matteo Trentin (UAE Team Emirates), Diego Ulissi (UAE Team Emirates), Edoardo Affini (Jumbo-Visma), Mattia Cattaneo (Soudal-Quick Step), Alberto Bettiol (EF Education-EasyPost), Fabio Felline (Astana), Damiano Caruso (Bahrain-Victorious) ou encore Alessandro De Marchi (Team Jayco AlUla). Ce dernier a d’ailleurs une fine analyse de la situation du cyclisme italien.

Ganna et De Marchi, une relève dans les pas de Nibali

« Nous sommes en forme, nous pourrions être meilleurs, mais la situation pourrait être bien pire. Le cyclisme italien attend probablement un peu de renouveau et que certains jeunes commencent à s’épanouir. Je suis cependant assez optimiste, je n’aime pas vraiment les scénarios dramatiques que quelques-uns affirment. On ne peut pas avoir de références trop liées au passé, si on fait des comparaisons, on sort de la mesure. Le cyclisme, aujourd’hui, est beaucoup plus global, la concurrence a augmenté. La situation, je le répète, n’est pas si tragique. L’aspect le plus négatif est peut-être que nous avons du mal à avoir des équipes qui durent et proposent des projets à long terme. »

En effet, le cyclisme italien souffre depuis 2016 de ne plus pouvoir compter sur des équipes World Tour depuis que la formation Bianchi a disparu et que la Lampre a changé de pavillon. En 2023, il faut descendre en ProTeams pour voir trois équipes continuer à résister (EOLO-Kometa, Green Project-Bardiani CSF-Faizanè et Team Corratec).

Aucune équipe en world tour depuis 2016

Mais pour viser une victoire sur un grand Tour, il va falloir attendre. Même si Davide Cassani, le sélectionneur italien, croit encore en Giulio Ciccone (28 ans, Trek-Segafredo). « Je m’attends à ce qu’il s’améliore, qu’il augmente un peu et qu’il fasse quelque chose de mieux. »

Toutefois, on devrait selon lui voir des jeunes apparaître dans les prochains mois. « On a plusieurs jeunes intéressants. Mais, pendant ce temps, on est devenu plus fort dans une autre spécialité (le chrono, Ndlr) avec Ganna. Les jeunes ont besoin de temps. Tiberi (21 ans, Trek-Segafredo, Ndlr) est un garçon intéressant, jeune et prometteur. Je suis aussi curieux de voir Aleotti (23 ans, BORA-hansgrohe, Ndlr) à l’avenir. »

Antonio Tiberi est à 21 ans un coureur complet capable de bien grimper et sa 8ème place sur le Tour Down Under le démontre qu’il possède encore une grosse marge de progression avec son équipe Trek-Segafredo. Et il n’est pas le seul, avec lui, Filippo Baroncini (22 ans, Trek-Segafredo) a déjà démontré qu’il savait gagner comme le prouve son titre de champion du monde U23 de 2021. Ils apprennent beaucoup aux côtés de Giulio Ciccone.

Mais ils ne sont les seuls à surveiller. Giovanni Aleotti ne manque pas de talent et peut aussi progresser à l’avenir avec BORA-hansgrohe. Tout comme Lorenzo Rota (Intermarché-Circus-Wanty), Nicolas Conci (Alpecin-Deceuninck), Samuele Battistella (Astana) ou encore Alessandro Covi (UAE Team Emirates) qui avait remporté une étape sur le Giro 2022.

Pour les moins de 23 ans, il faudra sûrement miser sur le jeune Andrea Bagioli (Soudal-Quick Step) qui arrive à maturité. Tout comme le champion d’Italie, Filippo Zana (Jayco AlUla). D’autres surprises peuvent arriver comme Andrea Piccolo (EF Education-EasyPost) ou Alessandro Verre (Arkéa Samsic) voire Alessandro Fancellu (EOLO-Kometa). A eux maintenant de prouver que le cyclisme italien peut encore avoir un avenir glorieux et pas seulement dans les livres d’histoire.

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