samedi 13 avril 2024

Sonny Colbrelli (Bahrain Victorious) : « J’ai compris que je pouvais gagner des courses »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le champion d’Europe et vainqueur de Paris-Roubaix a vécu une fin de saison très intense. Il assure qu’il fera tout pour être aussi compétitif en 2022.

2021 a-t-elle été la meilleure saison de votre carrière ?

Je le pense. Mes victoires, mais aussi d’autres grandes performances ont été le fruit de mon état de forme. Les événements sont vraiment allés dans le bon sens.

Gagner un Paris-Roubaix comme celui de cette année suffit déjà de faire de cette saison la meilleure de sa carrière. On y ajoute la même année, les titres de champion d’Europe et d’Italie sur route, le Tour du Benelux et bien d’autres résultats significatifs… On ne peut donc pas faire la fine bouche…

Mais pourquoi avoir accompli tout cela à seulement 31 ans ?

C’est un long processus qui a pris forme année après année. C’est le fruit d’un long travail. Il a fallu aussi un peu de chance pour atteindre ce degré de performance. Sur Paris-Roubaix par exemple il y a eu un changement dans le calendrier. Si la course s’était courue en avril, comme d’habitude, je ne l’aurais peutêtre pas disputée.

Car mon grand objectif concerne surtout l’Amstel. Il est donc compliqué d’être en parallèle prêt pour Paris-Roubaix et cette course. Donc si j’avais disputé cette course en avril je n’aurais peut-être pas gagné. En octobre, par contre, j’étais au pic de ma forme.

Ma préparation avait été programmée pour arriver dans cet état en fin de saison avec les Championnats d’Europe et les Mondiaux. Les deux parcours convenaient bien à mes caractéristiques. A Trente, tout a bien fonctionné. Cela a été une course dure et sélective comme je l’imaginais. Bref, j’ai obtenu tous ces résultats car j’ai travaillé sérieusement depuis des années. Tôt ou tard, le travail paie.

« Tôt ou tard, le travail paie »

Mais qu’est-ce qui a changé en 2021 ?

Mon état d’esprit. Outre ma préparation physique, j’ai beaucoup travaillé sur l’aspect psychique. Je collabore avec un coach mental depuis deux ans. Mes victoires d’étapes sur le Dauphiné (3ème étape) et sur le Championnat d’Italie m’ont fait prendre conscience de mon potentiel. J’ai compris que je pouvais aussi remporter des courses importantes.

Quand tu es bien physiquement et mentalement, tout devient facile. Cette saison, j’ai beaucoup travaillé aussi en altitude. J’ai prolongé mon séjour pendant la période post Tour de France. Je suis resté à Livigno (en Lombardie, Ndlr) quatre semaines.

Je n’ai pas pris de vacances après la Grande Boucle. Seulement une coupure de cinq jours en famille. Puis j’ai repris l’entraînement pour arriver en super forme en fin de saison. J’ai effectué pas mal d’entraînements spécifiques pour perdre les quelques kilos en trop.

Pour faire la différence avec les autres, il faut être professionnel dans sa vie de cycliste avec un accent mis sur le travail effectué en altitude. J’ai vraiment vécu une saison exigeante. J’ai passé la majorité de mon temps entre les courses, les entraînements et les stages en équipe en altitude.

Colbrelli tantôt sprinteur que grimpeur

En plus, vos belles places d’étapes sur le Tour de France ne sont pas celles d’un vrai sprinteur !

Mais je n’ai jamais été un sprinteur pur. Certes, j’ai plus le profil d’un sprinteur que d’un grimpeur, mais avec ma puissance j’ai quand même souvent réussi à tenir sur des parcours assez durs avant qu’une sélection ne soit faite pour le sprint final avec en particulier le but d’arriver à l’aise dans les sprints explosifs en côte.

Tout ce travail effectué depuis longtemps et la perte de poids ont contribué à améliorer ma résistance. Donc ce type de résultat en montagne ne m’étonne pas plus que cela. Déjà dans le Tour 2020 comme équipier de Landa j’avais bien marché en altitude.

En fonction de cela allez-vous changer votre manière de courir ?

Non il n’y a pas beaucoup de choses à changer à ce niveau. D’autant que ces dernières années j’ai eu soit mon mot à dire sur des parcours assez ardus et sélectifs, et pourtant pas vraiment adaptés aux sprinteurs purs, soit dans des arrivées beaucoup plus compactes.

Pouvez-vous faire encore mieux en 2022 ?

Mon moral est très bon après une telle année. J’essaierai de faire encore mieux. Même si ce qui a été fait en 2021 c’est déjà beaucoup.

Justement, quels sont vos objectifs ?

Confirmer ce niveau affiché. Je vais beaucoup travailler pour être protagoniste dès Milan-San Remo. Puis il y aura les Flandres, l’Amstel et Paris-Roubaix. Je dois répéter ce que j’ai fait.

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