dimanche 23 juin 2024

Dika Mem : « Paris, ce sera encore plus dur qu’à Tokyo »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

A 26 ans, Dika Mem est devenu une référence. Capitaine de Barcelone, l’international tricolore veut confirmer son nouveau statut avec les Bleus lors des JO de Paris où la France défendra son titre. Entretien pour Handball Magazine et Le Quotidien Du Sport.

Comment allez-vous ?

Ça va dans l’ensemble (sourire). Un peu fatigué en cette fin de saison, mais c’est ce qu’on recherche. Ce sont les bons moments d’une saison. Il nous reste la plus grosse part du gâteau. On est à un pas de pouvoir atteindre notre objectif en club. Il faut rester concentré pour être prêt à vivre à fond cette fin de saison.

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Est-ce gratifiant de jouer toujours des titres avec Barcelone ?

Quand tu pratiques du sport de haut niveau, tu as toujours envie de t’améliorer et d’être le meilleur possible. Mais tu as surtout envie de gagner des titres. Ça passe par jouer des rencontres passionnantes et viser le Final Four. Après le titre de champion d’Espagne, c’était important d’être au rendez-vous.

Jouer et briller à Paris devant sa famille avec le brassard de capitaine de Barcelone, est-ce une image qui restera de cette saison ?

Ça fait plaisir de pouvoir jouer devant sa famille avec le brassard de capitaine. C’est une fierté. Surtout pour ma mère.

En arrivant à Barcelone, auriez-vous cru pouvoir marquer autant l’histoire de ce club ?

Par forcément (sourire). Mais j’ai toujours cet objectif, en club, de donner le meilleur de moi-même. J’essaye tous les jours de marquer ma petite histoire au club et de laisser une petite trace. Je ne suis plus le même joueur et la même personne après toutes ces années. Je n’ai pas les mêmes tâches au club.

Dika Mem n’a pas atteint son prime

Etre le leader du Barça était-ce une évidence ?

C’est arrivé naturellement. Je pense l’avoir eu en moi depuis toujours, mais ça s’est fait petit à petit. J’ai appris aux côtés de joueurs d’expérience. Je continue encore à apprendre au quotidien. Mais mon rôle dans l’équipe est différent. Mon expérience, même à 26 ans, j’essaie de la transmettre, comme quand j’étais plus jeune et que les anciens me parlaient.

Après autant d’années de haut niveau, à seulement 26 ans, espérez-vous placer le curseur encore plus haut ?

Je suis en train de jouer à un très haut niveau. Maintenant, je ne suis pas sûr que je sois à mon prime. Je n’en suis pas loin. J’espère encore placer la barre plus haute et la maintenir à cette hauteur-là comme Niko (Karabatic) a pu le faire.

Donc on vous verra encore à 40 ans…

(Rires) J’espère être en forme comme lui à 40 ans.

Votre carrière à Barcelone vous a-t-elle aidé à valider vos acquis en équipe de France ?

Le fait d’être à Barcelone m’a permis d’apprendre beaucoup de choses. J’ai pu côtoyer des joueurs de haut niveau, mais aussi vivre des émotions dans un groupe. Quand on arrive en équipe de France, on essaie de faire la même chose. Mon évolution en club m’aide en équipe de France.

« Je n’aurais jamais cru pouvoir vivre des JO en France »

Après tous les titres remportés, comment faites-vous pour avoir toujours faim ?

Tu as envie de le refaire et de revivre de grands moments tout simplement. Tu vois des joueurs autour de toi qui ont toujours aussi faim. Tu veux faire pareil ou mieux. La source de motivation vient naturellement. Mon but est de laisser mon nom avec tous les grands. Ça passe par gagner des titres. Plusieurs fois.

Etait-ce important de voir votre génération prendre les commandes des Bleus après celle de Nikola Karabatic ?

C’est quand même un gros héritage que l’on a eu en équipe de France. Ils ont gagné plusieurs fois. On a une génération qui vient après. La barre est forcément très haute. Il y aurait pu avoir des doutes. Finalement, on démontre que l’on sait être tout aussi constant. On a gagné l’Euro. L’an passé, on termine 2ème des Mondiaux. On a gagné les JO. On est sur le bon chemin et on a envie de continuer.

Surtout que les prochaines échéances sont à domicile avec les JO de Paris…

(Il coupe) Je n’aurais jamais cru pouvoir vivre cela dans ma carrière. Maintenant que c’est là, je ne veux pas les louper. Dans quelques semaines, ça va arriver vite.

Le handball sera-t-il encore la locomotive de la délégation française ?

Ce ne sera pas simple. Il y a de grosses équipes. Tout le monde veut gagner. Les JO se jouent tous les quatre ans. On veut encore plus gagner. Si on fait la comparaison avec Tokyo, les équipes seront plus fortes à Paris. Le but est d’y être et d’arriver au bout. En plus, il y aura du public contrairement aux derniers JO. On aime la difficulté. Dans la difficulté, on grandit. On veut profiter des JO. Ce sera une expérience inoubliable. On essaiera d’aller au bout.

L’info en plus

Le jeune prodige barcelonais, Djordje Cikusa, sera joueur du Montpellier Handball la saison prochaine. A 18 ans, l’arrière droit espagnol profitera de ce prêt en France pour glaner du temps de jeu et s’affirmer au plus haut niveau, à l’image de son frère jumeau Petar Cikusa, avec le FC Barcelone.

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