jeudi 13 juin 2024

Dominique Baratelli : « Lloris, j’ai tout de suite vu qu’il avait quelque chose de plus que les autres »

Nice - Lorient (13h)

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Juste derrière Landreau, Ettori et Dropsy, il est le quatrième joueur à compter le plus de matches en championnat de France (593). Depuis Vence, dans les Alpes-Maritimes, où il jouit d’une paisible retraite, Dominique Baratelli (74 ans) revient pour Le Quotidien du Sport sur ces années 70 où l’OGC Nice, brillant à l’automne et au printemps, avait tant de mal une fois l’hiver venu…

Vous avez joué autant de saisons dans les buts du PSG que dans ceux de Nice, pourquoi votre image est-elle pourtant irrémédiablement associée au Gym ?

Parce que je suis né à Nice, j’y ai débuté au Cavigal avant d’apprendre mon métier à l’AC Ajaccio en D1. C’est ensuite à l’OGC Nice que j’ai franchi un palier en devenant international dans une équipe qui faisait partie des meilleures du championnat, avec un effectif composé presque entièrement d’internationaux. J’ai vécu le coeur de ma carrière à Nice, j’avais plus de 30 ans quand j’ai rejoint un PSG en pleine reconstruction. Jouer dans le club de sa ville, c’est fort.

Vous y avez disputé 285 matches (contre 281 au PSG)… sans parvenir à gagner quelque chose…

C’est l’un de mes grands regrets, et de tous ceux qui ont fait partie de cette équipe dans les années 70. Nous manquions de constance. Généralement, on débutait bien les saisons, on les terminait bien également, mais on éprouvait beaucoup de difficultés en hiver quand les pelouses étaient mauvaises. Notre jeu était très offensif, basé sur la circulation du ballon, au sol, avec des techniciens de haut vol, donc dès que les terrains devenaient trop gras, on perdait des points importants.

Dominique Baratelli a disputé 500 matchs en Ligue 1

Quelle fut la meilleure équipe de l’OGC Nice dans laquelle vous avez évoluée ?

Celle de Jean Snella, quand nous finissons deuxième du championnat, avec la meilleure attaque, derrière le FC Nantes. De tête, il y avait Isnard, Chorda, Quittet, Camerini derrière, Jouve, Eriksson et Huck au milieu, Van Dijk, H. Revelli, puis Molitor, et Loubet devant. Elle était supérieure en individualités à celle de 1976, quand on finit encore deuxième du championnat derrière Saint-Etienne, avec Guillou qui nous avait rejoints au milieu et Markovic comme coach.

Vous partez en 1978 après une finale de Coupe de France perdue face au Nancy d’un certain Michel Platini, un autre rendez-vous manqué.

Oui, clairement, car je pense que nous étions supérieurs à cette équipe de Nancy qui nous avait pourtant fait beaucoup de mal cette saison-là, Michel (Platini) en particulier, en nous battant à trois reprises. On est passés complètement à côté de cette finale. Encore aujourd’hui, je ne me l’explique pas. C’est un immense regret. Heureusement, pour me consoler, il y avait toujours l’équipe de France.

Vous étiez Niçois pour votre première sélection, vous en souvenez-vous ?

C’était en 1972 avecGeorges Boulogne, pour un tournoi au Brésil (coupe de l’Indépendance pour célébrer le 150ème anniversaire du pays, Ndlr) où j’étais la doublure de Carnus. J’ai joué deux fois. La première vraie sélection, celle qui a compté, est intervenue face l’URSS de Blokhine, à Moscou, un match décisif en éliminatoires de la Coupe du Monde 1974 en Allemagne. Nous avions perdu 0-2 (en 1973) et on avait manqué le Mondial.

« Lloris, j’ai tout de suite vu qu’il avait quelque chose de plus que les autres »

Vous avez 21 sélections en équipe de France et une Coupe du monde à votre actif en 1982, quel regard portez-vous sur ce bilan international ?

Contrairement à ce qui s’est passé ensuite, aucun gardien de notre génération n’a réussi à s’imposer dans la durée comme ont pu le faire Bats, Barthez ou Lloris. « Dédé » Rey, Dropsy, Ettori, Bertrand Demanes, Castaneda… on avait tous à peu près le même niveau. Hidalgo a toujours été indécis et a alterné les périodes, en fonction de la forme des uns et des autres. On savait qu’à la moindre bourde, on pouvait perdre sa place. Ce n’était pas évident à vivre.

La situation de Lloris, un autre ancien Niçois, est plus confortable…

Hugo est largement au-dessus des autres. Je suis d’autant plus heureux de le voir à ce niveau depuis si longtemps que j’ai été à l’origine de sa venue à Nice. Après avoir raccroché les crampons à Paris, je suis revenu dans la région m’occuper d’une équipe de D4 (Cagnes sur Mer), puis des gardiens de l’OGC Nice qu’étaient Valencony, Grégorini et Letizi.

Dans le cadre de mes fonctions, je supervisais notamment le recrutement des plus jeunes. Lorsque j’ai vu Lloris, je n’ai pas hésité. On voyait tout de suite qu’il avait quelque chose de plus.

« Nice est au top cette saison ! »

Quels rapports avez-vous avec l’OGCN aujourd’hui ?

Je suis ce qu’on pourrait appeler un supporteur lucide (rires) ! Je ne vais plus que rarement au stade, quand on m’invite pour des manifestations particulières. Même si je me refuse à comparer les époques, je suis un grand nostalgique du Ray !

Certes, on s’entraînait au Parc des Sports sur un terrain qui n’était pas entretenu, dans des vestiaires exigus, sans aucun matériel de musculation, un seul toubib, un seul kiné pour tout l’effectif… mais il y avait une âme. Aujourd’hui, le club est devenu une machine bien rodée dans cette industrie qu’est devenu le football professionnel. C’est une autre dimension que je regarde à la télé.

Et que vous inspirent les performances des joueurs de Galtier ?

Ils sont au top cette saison ! Mais la concurrence pour la Ligue des Champions est importante avec l’OM, Rennes et même Strasbourg. La bataille va durer jusqu’au bout. J’espère que les Aiglons la gagneront.

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