mardi 25 juin 2024

Edouard Mendy et Sadio Mané, le Sénégal qui gagne

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L’un a été élu meilleur gardien du monde en 2021, Mendy. L’autre est dans le top 5 des meilleurs joueurs de la planète, Sadio Mané. Les deux ont été les grands artisans de la victoire du Sénégal à la CAN.

Champion d’Europe… et du monde avec Chelsea, champion d’Afrique avec le Sénégal, Edouard Mendy a été le héros des Lions de la Teranga en terrassant le mythe égyptien au cours d’une série de tirs au but qui l’a fait entrer dans la légende.

Après deux défaites en finale (2002 et 2019), la troisième aura été la bonne pour les joueurs d’Aliou Cissé, vainqueurs 4 tirs au but à 2 après un 0-0 dans le temps réglementaire qui avait été sans buts, non sans occasions.

De son côté, Sadio Mané, élu meilleur joueur du tournoi, savourait cette revanche après les larmes d’une défaite en finale face à l’Algérie (0-1). Avec Kouyaté, Gueye et Sarr, il était le seul survivant de l’épopée égyptienne, avec Aliou Cissé, le sélectionneur, qui ajoutait à la malédiction une autre finale perdue, en 2002, en tant que joueur cette fois.

En rompant l’adage « jamais deux sans trois » , les Sénégalais écrivaient la plus belle page de leur histoire dans le sillage de deux leaders, Edouard Mendy et Sadio Mané, qui n’avaient pas attendu ce sacre africain pour intégrer le cercle des meilleurs joueurs du monde, mais qui sont entrés depuis, grâce à lui, dans une autre dimension.

Edouard Mendy : « Gagner, ça devient addictif, on en veut toujours plus »  

Pour rester sur leur nuage, sortir définitivement du lot, entrer dans le panthéon du foot africain, entre deux matches de Ligue des Champions et leur lutte fratricide pour la conquête de la Premier League, les deux stars de Chelsea et Liverpool devaient en faire encore un petit peu plus.

Ils avaient en effet un double rendez-vous tout aussi important à honorer, face à la même sélection égyptienne, fin mars, pour composter un des cinq billets africains pour la Coupe du monde au Qatar.

Quart de finaliste en 2002 (après avoir éliminé les Bleus, champions du monde en titre, au 1er tour) pour sa première participation, le Sénégal n’est revenu qu’à une reprise depuis en phase finale, éjecté au goal average du 1er tour en 2018 en Russie par le Japon et la Colombie. Frustrés par cette cruelle issue, les joueurs de Cissé doivent désormais confirmer leur statut de champions d’Afrique, un défi immense, mais dans les cordes de joueurs habitués à évoluer au plus haut niveau européen.

Mendy au sommet de sa forme

Pour Mendy, qui s’exprimait au micro de RTL en début d’année, dont la carrière s’est subitement accélérée après des années de doutes et de galères, ces succès qui s’enchaînent représentent « une grande fierté personnelle et pour les gens qui m’entourent. Et c’est vrai que réussir tout ce que j’entreprends, aussi bien avec mon club qu’en sélection, c’est quelque chose qui devient addictif, vous avez encore envie de plus ! »  

Devenu accro à la gagne, le gardien des Blues s’appuie sur son parcours chaotique pour avancer. « C’est ancré en moi. Quand je traverse des périodes plus difficiles, il suffit que je repense à tout ça pour que je redevienne ultra-positif. Ça m’aide et ça m’aidera toujours dans la vie. »

Sadio Mane, l’artisan du Sénégal 

A 30 ans, avec le pire derrière lui, il vit le meilleur au présent en espérant un futur exceptionnel qui passerait forcément par une grande Coupe du monde et un premier titre avec Chelsea. Sous contrat jusqu’en 2025, son éclosion a été tellement tardive, qu’on peut imaginer le voir encore au top pendant cinq ou six, largement et s’installer sur le trône de meilleur gardien africain d’une histoire qui ne fait, pour lui peut-être, que commencer.

Pour Sadio Mané, issu de Génération Foot et entré en Europe par la porte du FC Metz, cette CAN victorieuse est aussi belle de ce qu’elle renvoie de son parcours et d’un statut longtemps sous-estimé, à l’image de son injuste 4ème place au classement du Ballon d’Or 2019.

Le temps fera son oeuvre, surtout s’il parvient à confirmer, avec le Sénégal comme avec Liverpool, son extraordinaire régularité au très haut niveau. Aun an de la fin de son bail avec les Reds, vu de France où il est subrepticement passé, on n’ose imaginer le voir revenir terminer sa carrière.

Ses nombreuses déclarations d’amour à l’OM l’exposent forcément vers le Vélodrome, où ses deux compatriotes de la sélection, Gueye et Dieng, ne cessent de l’appeler, où Edouard Mendy est déjà passé… et où ils rêvent forcément tous les deux de se retrouver un jour. Mais, avant, ils ont un job à terminer, leur histoire à écrire. Avec un grand H.

Tom Boissy

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