samedi 8 octobre 2022

Equipe de France : perte des talents, collectif absent… Comment on en est arrivé là

France - Finlande (21h05)

À lire

A une semaine près, cela fait pile trois mois que l’équipe de France n’a plus gagné. La dernière fois, c’était le 15 juin à Munich contre l’Allemagne (1-0) grâce à un but d’Hummels contre son camp.

Après ce match, les Bleus ont enchainé cinq résultats nuls. Et pas toujours contre des premiers de la classe. La Hongrie (1-1), la Bosnie (1-1), l’Ukraine (1-1) étant respectivement 37ème, 58ème et 25ème au classement mondial.

Avant l’Euro, on entendant régulièrement : « peu importe les joueurs, il y a un tel réservoir à la disposition de Didier Deschamps ». C’est faux ! On a été endormis par ces réflexions dues à un excès d’enthousiasme (ou de prétention).

Tout a changé depuis la victoire contre l’Allemagne à Munich le 15 juin

Contre l’Allemagne, Didier Deschamps alignait neuf champions du monde au coup d’envoi, avec trois changements par rapport au onze type du mondial 2018 : Kimpembé en défense à la place d’Umtiti, Rabiot au milieu à celle de Matuidi et Benzema devant à la place de Giroud. 

Trois changements rendus obligatoires par les circonstances (manque de temps de jeu pour Umtiti et Giroud, exile en MLS pour Matuidi).

Contre l’Ukraine mercredi dernier, seulement trois acteurs de la finale de la Coupe du Monde étaient sur la pelouse : Hugo Lloris, Paul Pogba et Antoine Griezmann, auxquels on peut ajouter Presnel Kimpembé, présent lors de la campagne 2018 (un match joué).

Les Bleus sont moins talentueux, il faut l’admettre

Si on en croit les informations en provenance de Lyon, on ne devrait pas retrouver plus de quatre champions du monde au coup d’envoi ce soir contre la Finlande : Lloris, Varane, Pogba et Griezmann. Si on a joute Rabiot, Digne et Benzema, on constate que l’équipe de France a vu plus d’un tiers de ses joueurs remplacés en l’espace de moins de trois mois.

Ce qui ne serait pas inquiétant si les remplaçants en question étaient des premiers choix. Mais, sans leur faire offense, c’est loin d’être le cas. On le sait depuis l’Euro, Leo Dubois n’est que – au mieux – le troisième choix pour le poste de latéral droit derrière Benjamin Pavard et Jules Koundé. Au milieu, Jordan Véretout n’est pas mieux. Au contraire : Ngolo Kanté, mais aussi Corentin Tolisso et même Aurélien Tchouaméni, sont devant.

Et on ne parle pas du choix de Digne à gauche, alors que Ferland Mendy ou Theo Hernandez semblent avoir le potentiel pour être devant dans la hiérarchie.

Idem en défense centrale. On peut penser que Dayot Upamecano (forfait), titulaire depuis le début de saison au Bayern, avait un temps d’avance sur Kurt Zouma pour suppléer Raphaël Varane ou Presnel Kimpembe.

Moussa Diaby est un dans le même cas. Si l’ancien Parisien (aujourd’hui à Leverkusen) a fait quelques minutes intéressantes en Ukraine, il arrive de très loin. Les premiers choix pour remplacer Kylian Mbappé étant plutôt Ousmane Dembélé ou Kingsley Coman.

L’Equipe de France, tout juste du niveau du Top 15 mondial

Désolé, mais l’équipe annoncée pour ce soir (Lloris – Dubois, Varane, Zouma, Digne – Veretout, Rabiot, Pogba, Diaby – Griezmann, Benzema) est très loin du niveau de celle de la finale de la Coupe du Monde (Lloris – Pavard, Varane, Umtiti, L. Hernandez – Kanté, Pogba, Matuidi – Griezmann, Mbappé, Giroud), mais aussi de celle qui battait l’Allemagne pour son premier match de l’Euro (Lloris – Pavard, Varane, Kimpembe, L. Hernandez – Pogba, Kante, Rabiot – Griezmann, Mbappé, Benzema). Certes, cette dernière s’est crashée dans les dix dernières minutes contre la Suisse, mais elle avait une autre allure.

C’est une évidence : sans Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, Ngolo Kanté ou Kylian Mbapppé, l’équipe de France a beaucoup moins de talent. Le problème, c’est qu’elle a aussi perdu cette force collective qui l’habitait en 2018, et ne parvient plus à compenser.

La faute à Didier Deschamps ? En partie mais pas seulement. Si le sélectionneur semble à cours de solution dans son management et ne donne pas l’impression de faire toujours les meilleurs choix, on est en train de se rendre compte que le réservoir du football français est loin d’être aussi riche de joueurs de top niveau mondial.

Une défaillance de la formation française

Au poste de milieu de terrain par exemple : sur le top 5 des effectifs de Ligue 1 (PSG, Lyon, Monaco, Nice et Marseille, lire ici), combien trouve-t-on de Français ? cinq : Aurélien Tchouameni et Youssouf Fofana (Monaco), Maxence Caqueret (Lyon) ainsi que les Marseillais Matteo Guendouzzi et Boubacar Kamara.

Sur dix postes de latéraux, combien de Français ? Deux : Djibril Sidibé (Monaco) et Leo Dubois (Lyon).

Certes, vous nous direz : « aujourd’hui les meilleurs joueurs français jouent surtout à l’étranger », mais combien occupent des postes clés au milieu (défensif) ou sur un côté de la défense dans des grands clubs européens ? Aucun en dehors des frères Hernandez (Bayern et Milan AC), ainsi que Pavard (Bayern) et Ferland Mendy (Real Madrid).

Parmi eux, deux (Luca Hernandez et Benjamin Pavard) ont été formés au poste de défenseur central. C’est d’ailleurs à ce poste que joue Jules Koundé à Séville.

On sait pourtant que dans le football moderne, les défenseurs latéraux sont pratiquement devenus les joueurs les plus importants d’une équipe. Ce sont aussi les plus complets. Pour être au top, ils doivent savoir défendre, attaquer et centrer.

Le triste nul des espoirs aux Iles Féroé nous a malheureusement confirmé que la formation française est défaillante à ce niveau. Dans cette rencontre les latéraux (Truffert et Kalulu) ont été en dessous de tout.

Ce n’est pas une nouveauté. Depuis l’Euro 96, prélude à la victoire à la Coupe du Monde 1998, le choix a souvent été fait de déplacer des défenseurs centraux dans les couloirs (Thuram, Pavard, L. Hernandez… et maintenant Koundé…).

Comme le dit à juste titre Paul Pogba : « Nous ne sommes pas la meilleure équipe du monde ». Non, si la question menait au débat en 2018, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Sur le papier, l’équipe annoncée pour ce soir vaut tout juste une place dans le top 15 mondial.

En principe, ça doit suffire pour battre la Finlande (56ème nation mondiale, qui n’a jamais disputé une phase finale de Coupe du Monde de son histoire), mais à condition de ne plus se prendre pour ce qu’on n’est plus…

> L’équipe probable contre la Finlande : Lloris (cap) – Dubois, Varane, Zouma, Digne – Véretout, Pogba, Rabiot, Diaby – Griezmann, Benzema

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi