lundi 4 mars 2024

Euro 2024 : l’Allemagne peut-elle passer à côté de son Euro ?

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Les 24 qualifiés pour l’Euro 2024 ne partent pas tous avec les mêmes intentions ni les mêmes ambitions. A six mois du match d’ouverture, le 14 juin à Munich, l’état des lieux place les six têtes de série forcément en avance avec un énorme point d’interrogation pour la National Mannschaft.

Ciel ensoleillé : France, Angleterre, Portugal, Hongrie, Roumanie, Belgique

La France, l’Angleterre, la Belgique, la Hongrie, la Roumanie et le Portugal, qui a réalisé un sans-faute (10 matches, 10 victoires), sont les seules nations à avoir traversé la phase éliminatoires sans aucune défaite. En ne concédant que 2 buts, la Seleçao a fait mieux que les Bleus (3 buts encaissés) dans un groupe moins relevé (Slovaquie, Islande, Bosnie-Herzégovine, Luxembourg et Liechtenstein) quand la France se coltinait les PaysBas, l’Irlande, la Grèce et Gibraltar.

De ces six nations, si quatre sont clairement au-dessus du lot, c’est aussi parce qu’elles peuvent s’appuyer sur des attaquants hors norme capables de faire basculer un match sur un exploit personnel ; également les quatre meilleurs buteurs de la phase qualificative : Lukaku (14 buts), Cristiano Ronaldo (10 buts), Mbappé (9 buts) et Kane (8 buts).

Ni la Hongrie, malgré la présence de Szoboszlai encore moins la Roumanie, dont aucun joueur n’évolue en Ligue des Champions, ne peuvent prétendre rivaliser, à peine envisager une qualification pour les 8èmes rendue possible par un tirage favorable.

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Ciel dégagé : Espagne, Albanie, Autriche

Depuis sa victoire face à l’Italie (21) et la Croatie en finale aux tirs au but de la Ligue des Nations en juin, la Roja n’a pas d’autre match référence à présenter sinon un succès 1-0 en Norvège et l’impression de ne pas tout contrôler dans la gestion de ses matches. Dans ce contexte, le statut d’outsider lui correspond bien.

A charge aux plus jeunes coéquipiers de Morata, les Gavi, Yamal, Fati, Baldé ou Pedri de prendre le pouvoir… sans attendre car le sort leur a réservé le groupe le plus difficile avec la Croatie, l’Italie et l’Albanie. Plus qu’une surprise, la qualification de cette dernière est une confirmation, huit ans après sa première participation lors de l’Euro en France. Arrivé en janvier, le sélectionneur brésilien, Sylvinho, a tiré le maximum d’un groupe capable de battre largement la Pologne (2-0), la République tchèque (3-0) pour les devancer en phase de groupes ou la Bulgarie en amical (2-0).

Eliminés au 1er tour en 2016, après une défaite face à la France (1-2), les Albanais avaient les moyens de rêver plus haut… avant de tomber dans le groupe B ! Le défi d’une Autriche transcendée par l’apport de son sélectionneur allemand, Ralf Rangnick, vainqueur de l’Allemagne en fin d’année, peut s’appuyer sur son trio Alaba (Real Madrid)-Sabitzer (Dortmund)-Arnautovic (Inter) et envisager le meilleur dans un groupe D où, derrière la France, les jeux semblent très ouverts.

Mais ça c’était avant la blessure d’Alaba avec le Real contre Villarreal le 17 décembre : rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. Sa saison est terminée et sa présence à l’Euro plus qu’incertaine.

Ciel nuageux : Pays-Bas, Turquie, République tchèque, Danemark, Suisse, Slovaquie

Avec le Danemark du jeune Hojlund et du vieux Eriksen, dont la dynamique collective reste une valeur sûre, les Pays-Bas courent toujours après leur moment de gloire. Privés de l’élan d’un Ajax en crise, les dernières prestations ne poussent pas à l’optimisme.

Battus par la France à deux reprises, la Croatie et l’Italie à domicile en Ligue des Nations, leurs derniers succès significatifs remontent à 2022 face à la Belgique (4-1 et 1-0). Après avoir éliminé la France lors du dernier Euro, la Suisse n’a pas vraiment progressé, une fois de plus huitième de finaliste au Qatar, et très peu convaincante depuis.

La Squadra Azzura a certainement fait le plus dur en s’extirpant de son groupe de qualification. Car en phase finale, malgré tous les doutes qui l’accompagnent encore, la suspension de Tonali et la faiblesse de son banc, la championne d’Europe en titre a la capacité de se métamorphoser. Même dans le groupe de la mort…

On n’en dira pas autant d’une Croatie en fin de cycle, défaite par la Turquie et le Pays de Galles en éliminatoires, de moins en moins transcendée par des leaders vieillissants, et qui aura du mal à s’extraire de ce groupe B aux allures de phase finale de la dernière Ligue des Nations qui avait vu l’Espagne l’emporter.

Ciel tempétueux : Allemagne

Depuis 1984, aucun pays organisateur n’a été sacré sur son sol… et rien ne laisse penser que l’Allemagne peut interrompre la série. Depuis leur élimination au 1er tour du dernier Mondial, les coéquipiers de Gündogan ont enchainé les défaites (Belgique, Pologne, Colombie, Japon, Turquie et Autriche) et changé de sélectionneur.

A défaut d’avoir réussi la transition entre la génération championne du monde 2014 et la suivante, Flick a laissé à Nagelsmann le soin d’assumer l’énorme pression d’un Euro disputé à domicile. Aura-t-il le courage de s’appuyer sur les jeunes (Musiala, Wirtz, Moukoko, Adeyemi, Thiaw, Vagnoman…) au détriment des anciens (Müller, Neuer, Sûle, Hummels, Füllkrug…) ?

Relativement épargnés par une première phase sans aucune nation phare sur leur route, les Allemands aborderont sans aucun droit à l’erreur le match d’ouverture face à l’Ecosse le 14 juin à Munich. Car s’ils ne finissaient pas premiers de leur groupe, un huitième très difficile les attendrait face au 2ème du groupe B (Italie ou Espagne) avant l’Angleterre en quarts, et la France en demi…

Tom Boissy

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