vendredi 14 juin 2024

François Lequeux : « Ivry est très heureux de retrouver la Starligue »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Huit fois champion de France troisième club le plus titré derrière Montpellier et le PSG, Ivry n’aura passé qu’un an en Proligue. Pour la plus grande joie de son président François Lequeux prêt à en découdre en Starligue.

Ivry est de retour en Starligue !

Oui. Après une série de 21 victoires, on était irrattrapable au classement. C’est une belle saison et on est très heureux de retrouver la 1ère Division.

Vous n’avez pas vraiment tremblé.

On ne s’attendait pas du tout à ça, mais plutôt, tels des coureurs cyclistes, à se cacher le plus longtemps possible derrière Tremblay et, le moment venu, à l’occasion des derbys notamment, de les doubler sur la ligne. On s’est retrouvé leader plus rapidement que prévu.

Il a fallu assumer ce statut, ce que l’on a fait. Tout le monde était remonté par rapport à la saison incohérente qui avait entraîné notre descente. On a eu à jouer 11 matches avec le plus petit effectif sur 5 semaines ! Aucune autre équipe n’a eu à subir ce traitement-là. Ça nous est resté en travers de la gorge.

Revenez-vous en Starligue avec l’idée de jouer autre chose que le maintien ?

On va tout faire pour. On s’est renforcé. On a bien conscience qu’il faut plus de roulement sur les postes d’arrières donc on en a pris des supplémentaires. Cesson démontre à tout le monde cette saison qu’avec un effectif qui n’est pas extraordinaire par rapport à d’autres, mais avec une bonne dynamique collective, en jouant juste, avec un super état d’esprit, il y a de la place pour tout le monde.

Par rapport à Cesson, on n’a pas à rougir et on n’est pas si éloigné de leur effectif. On a donc toutes nos chances la saison prochaine pour se stabiliser et jouer autre chose que le maintien. La Starligue n’est pas à l’abri de surprises, la saison actuelle le prouve. Ça se densifie. Le niveau augmente. On va essayer de pratiquer du beau jeu, de continuer à faire briller les jeunes issus du club, de cultiver cette culture de la gagne qu’on a eue cette année, sans se renier.

16ème budget de la Starligue pour Ivry

Le budget était de 2,4 millions. Quel sera-t-il en Starligue ?

On sera à 2,7, 2,8. On aura le 15ème ou 16ème budget. On est à la croisée des chemins avec un budget au milieu des deux divisions. Après, l’argent ne fait pas tout. On peut en discuter avec Tremblay qui avait cette année en Proligue un budget largement supérieur à tout le monde (4,1 M€, Ndlr). Il faut que la mayonnaise prenne.

Avez-vous des projets à Ivry au niveau de la salle ?

Delaune, c’est l’Olympia du handball ! C’est l’histoire vivante du handball. Ça transpire le handball ! On est plus petit, mais je préfère aller voir un concert à l’Olympia, être dans la proximité et les valeurs de partage, c’est la valeur première du handball, qu’au Stade de France où on ne voit rien et où on est juste consommateur.

« On a essayé de faire revenir Luc Abalo »

Economiquement, une salle de 1500 places rapporte moins.

J’ai lu que le club de foot de Brest allait se construire un stade plus à taille humaine de 15 000 places car les grands stades on ne les remplit pas. C’est complètement à contre-courant, mais c’est beaucoup plus viable économiquement. Au hand, qui remplit aujourd’hui 6000 places ?

Quand il n’y a rien d’autre autour, ok, mais la donne est différente en région parisienne où il n’y a pas la place pour développer des salles de 4000 places. Si on va plus loin, comment expliquer qu’il n’y a qu’un pôle en Ile de France pour cinq clubs pros alors qu’il y en a un à Nantes, un à Montpellier, un à Nîmes, etc. La Fédé a sa part de responsabilité.

Il faut un deuxième pôle, un au Nord et un au Sud. C’est une urgence absolue pour la performance. Dika Mem, Nedim Remili, Elohim Prandi ou Luc Abalo ont tous été détectés en Ile de France. Si on continue, on va perdre des joueurs qui vont aller au basket ou au foot alors qu’on a un savoir-faire.

Pourquoi Robin Dourte pose ses valises à Ivry qu’il aurait d’ailleurs pu rejoindre avant s’il n’avait pas opté pour le PSG ce qui lui aurait permis de grandir plus vite au lieu d’être prêté à droite et à gauche en Europe ? Pourquoi Eymeric Zaeppel, Imanol Carrere qui aurait pu aller à Nantes ou Auguste Longerinas viennent se former chez nous alors qu’ils viennent de partout en France ? La Fédé et la LNH ne regardent pas assez l’Ile de France et préfèrent Limoges, Aix ou Cesson…

Une saison prochaine déjà prête pour Ivry

Pouvez-vous nous parler de vos recrues pour la saison prochaine ?

Le 15 janvier, le recrutement était quasiment bouclé avec nos deux arrières, un Islandais (Darri Aronsson, Ndlr) et un Danois (Jesper Dahl, Ndlr). Pour le reste, toute l’équipe est quasiment stabilisée jusqu’en 2024. On a aussi la chance d’avoir un centre de formation performant. On va permettre à Auguste Longerinas (ailier gauche) et Imanol Carrere (pivot) d’avoir plus de temps de jeu, ainsi qu’à d’autres.

N’avez-vous pas tenté de faire revenir Luc Abalo ?

On l’a contacté. Finalement, il a fait le choix de partir au Japon et là il vient de resigner. On a essayé en lui tendant la main à plusieurs reprises depuis plusieurs années. Chacun ses motivations…

François Lequeux ne pense plus au titre

Le dernier titre de champion de France d’Ivry, c’était en 2007, mais on a l’impression que c’est une autre époque. Est-ce aujourd’hui impossible d’être de nouveau champion ?

C’est plus compliqué face à un club comme le PSG avec ses moyens qui a la capacité de démultiplier les joueurs sur les postes et d’engager les meilleurs joueurs du monde. Sur la longueur d’un championnat, le PSG semble inaccessible. Maintenant, sur un match, tout est possible et, nous, notre objectif est de retrouver l’Europe à moyen terme. On ne s’interdit strictement rien.

Quels sont vos rapports avec le PSG ?

Ils sont positifs. Mais on ne peut pas concurrencer un pays. Le PSG, ce n’est pas un club, mais le Qatar. C’est un autre monde ! Mais on a de très bons rapports avec le PSG. D’ailleurs, la section PSG judo s’entraîne à Ivry sur le centre de formation. Une de nos fiertés locales Luc Abalo a fait de très belles choses avec le PSG. Elohim Prandi a été formé à Ivry et au PSG. On s’entend très bien avec le PSG, mais on ne fait pas partie du même monde et on ne partage pas les mêmes valeurs.

Mais j’ai plaisir à regarder le PSG, à voir évoluer ces très grands joueurs et s’il n’y avait pas le PSG pour les payer comme il les paye ils iraient peut-être chercher de l’argent ailleurs. Je suis fier qu’on ait des locomotives de notre championnat.

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