lundi 26 février 2024

Gauthier Ganaye (directeur général de Molenbeek) : « Un retour à Lens ? Je ne serais pas étonné… »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

A 31 ans, plus jeune président de L1 lorsqu’il a débarqué à l’OGC Nice en 2019, aujourd’hui à Molenbeek après Lens, Barnsley, Nancy et Ostende, Gauthier Ganaye a déjà cinq clubs et quatre pays à son… début de carrière !

Comment expliquez-vous cette nouvelle tendance qui pousse de plus en plus de présidents à changer de clubs ?

Parce que nous sommes passés d’un modèle de propriétaires-présidents à des entités internationales qui embauchent des dirigeants dont c’est devenu le métier. Je suis le bon exemple de cette émergence avec un profil qui ne me destinait pas forcément à venir dans le monde du football. Mais dans le cadre de mon Master 2 de droit des affaires, j’ai eu la chance d’effectuer mon stage de fin d’études dans un club, le RC Lens, qui avait compris qu’il devait internaliser la fonction juridique.

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De là à prétendre devenir président…

Justement, c’est à partir de là que j’ai eu comme objectif de devenir un jour président de club, par passion du football et de ce métier. Très rapidement, je disais à tout le monde qu’à 30 ans je voulais être président de club. Sans cette ambition, je n’y serais pas arrivé car c’est elle qui crée les opportunités. C’est comme ça qu’on avance.

Vous a t-on déjà reproché de changer souvent de clubs ?

On a dit que j’avais la bougeotte, oui ! Je l’entends, mais je suis resté cinq ans à Lens où j’ai pas mal évolué jusqu’à prendre conscience que je ne pourrai pas aller plus haut car il y avait des gens en place. A partir de là, il m’était difficile de refuser l’opportunité d’aller en Angleterre pour une expérience, inédite pour un Français, et qui s’est avérée très enthousiasmante.

A ce stade de mon parcours, l’OGC Nice était ensuite impossible à refuser et les supporteurs de Barnsley l’ont bien compris. Et si Nice n’avait pas été racheté par INEOS certainement que j’y serais encore. Le cycle de trois ans à Ostende est cohérent.

Il n’y a que mon passage à Nancy qui m’a appris qu’il ne fallait pas toujours dire oui. Quand les conditions ne sont pas réunies, il faut savoir dire non. J’en ai pris plein la gueule, mais ça fait partie du jeu.

« Quand je parle avec John Textor, je parle plus avec un passionné de foot, un vrai entrepreneur, qu’avec un financier »

Jusqu’à votre arrivée à Molenbeek dans la galaxie Textor !

Je suis passé, à Nancy, à des gens qui réfléchissaient en termes d’économies d’échelles, à d’autres, chez Eagle Group, qui appliquent une stratégie opposée, axée sur un management dédié à chaque club avec des services supports en commun. Je m’y retrouve davantage d’autant que je voulais absolument rester en Belgique, un pays que j’apprécie.

A la confluence de plusieurs langues et communautés, dans un championnat en plein développement, près de ma région natale, dans une grande capitale européenne, le challenge intellectuel me plait. Et quand je parle avec John Textor, je parle plus avec un passionné de foot avant tout, un vrai entrepreneur, qu’avec un financier.

On vous prête le rêve de diriger un jour le RC Lens, là où tout a débuté pour vous…

Je n’ai jamais dit que je rêvais d’être président du RC Lens, mais que je ne serais pas étonné si je devais recroiser la route du club. Pour le moment, je suis très heureux dans mes fonctions à Molenbeek pour continuer à développer les infrastructures d’un des huit seuls clubs belges à avoir déjà été champion. Même si je ne resterai pas ici à vie parce que j’ai envie de retravailler dans d’autres pays, d’autres cultures, plus que la France… les Etats-Unis en premier lieu.

Existe t-il pour chaque club un profil de président idéal ?

Le président idéal est celui qui parvient à s’imprégner de l’ADN du club, de la culture d’un pays, d’une région, pour toutes les prises de décision, pour que les gens se sentent bien représentés car c’est un métier de représentation. Et de communication aussi. Il est donc important d’en maîtriser les leviers, surtout ceux qu’il faut actionner dans le management en périodes de crise. Car des crises, sportives ou financières, il y en a toujours.

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