mercredi 24 avril 2024

Giro : le baroud d’honneur de Thibaut Pinot

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En langage militaire, la définition du baroud d’honneur parle d’un « combat désespéré avant l’issue fatale d’une bataille ». C’est bien de cela dont il s’agit pour un coureur (Thibaut Pinot) qui a annoncé sa retraite en fin de saison (sauf s’il est champion de France !) et qui n’aura rien à perdre à tout tenter pour ses derniers tours de pédales.

« Je ne veux pas faire l’année de trop, cela a toujours été mon angoisse, de finir comme je ne le souhaite pas sur une blessure ou autre. Là, j’ai décidé de donner tout ce que j’ai pour bien finir la saison et ne pas avoir de regrets. J’ai voulu l’annoncer assez tôt, je préfère en parler maintenant plutôt que de mentir et d’annoncer ça en septembre. J’espère claquer une étape du Giro, n’importe laquelle, la seule chose que je peux faire pour remercier les gens c’est de faire les meilleurs résultats possibles, essayer de faire une belle saison jusqu’au Tour de Lombardie que le public vibre encore un peu avec moi. »

Sans encore savoir s’il disputera ou pas le Tour de France, Thibaut Pinot résumait en janvier quelle serait la nature de sa dernière saison. Evidemment, dans son esprit, le Tour devait en faire partie, mais la Grande Boucle est un enjeu tellement grand pour une formation française qu’il n’imaginait pas forcer la main à Marc Madiot s’il n’était pas en état d’y jouer un rôle intéressant. Sur RMC, le Franc-Comtois poursuivait :

« Si je suis en pleine possession de mes moyens, il n’y a pas de raison que je n’y sois pas. C’est à moi de tout faire pour y arriver et y être à 100% car un Tour ne se fait pas à 90 ou 95 % de ses moyens. »

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Après un troisième et dernier Giro où il visera une seconde victoire d’étape, on peut faire confiance à son panache et son sens du spectacle, sa générosité dans l’effort pour animer son possible dixième et dernier Tour.

Un dernier numéro dans le Tourmalet ?

Même si, dans un rôle de lieutenant de Gaudu, il sera essentiel pour accompagner son leader le plus haut et le plus loin possible aux côtés de Pogacar ou Vingegaard, on l’imagine mal ne rien tenter. On pense notamment à la perspective de revenir faire un numéro dans le Tourmalet lors de la 6ème étape quand les hiérarchies seront encore loin d’être définitives.

On se souvient que c’est sur les pentes du géant pyrénéen, et avec l’aide de Gaudu, qu’il avait déposé Alaphilippe et le futur vainqueur, Bernal, lors de la 14ème étape du Tour 2019 avant d’attaquer de nouveau le lendemain sur les hauteurs de Foix pour se positionner en vainqueur potentiel, 4ème au général dans la même minute qu’Alaphilippe, Thomas, Kruijswijk et Bernal. Son abandon cinq jours plus tard n’en avait été que plus cruel…

Quatre ans après, c’est avec le même Gaudu, mais dans des rôles inversés, qu’il aspire de nouveau faire vibrer ses nombreux fans en ajoutant un troisième sommet de prestige à son palmarès, après l’Alpe d’Huez 2015 et le Tourmalet 2019, mais aussi en revenant humer les senteurs lombardes sur les traces de son seul Monument (2018) cet automne.

Si la quête d’une 34ème victoire n’est pas assurée, un an après son dernier succès dans le Tour de Suisse (7ème étape), on peut lui faire confiance pour entretenir jusqu’au bout la petite flamme qui l’a accompagné pendant toute sa carrière et lui a souvent permis de mettre le feu aux poudres.

Tom Boissy

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