vendredi 24 mai 2024

Marc Madiot (Groupama FDJ) : « Il n’y a pas photo avec les équipes financées par les Emirats, ou des milliardaires »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Marc Madiot est un manager heureux avec la Groupama-FDJ. L’historique de la formation française veut croire à une année 2023 de rêve. Même si pour l’ancien champion, certaines équipes restent intouchables.

Le bilan de la Groupama-FDJ

« Quand on voit les difficultés de certains pour exister, on ne va pas faire la fine bouche. Cette année 2022 a été une excellente cuvée avec 20 victoires car nous avons été très performants sur les trois grands Tours et les Classiques. Nous avons aussi des podiums sur Paris-Roubaix, le Tour des Flandres et des coureurs dans le top 10 sur toutes ces classiques. Huit coureurs ont gagné, et Pinot a été opérationnel sur le Tour de Suisse et sera opérationnel en 2023, en finissant en trombe car nous avons gagné ou terminé deuxième jusqu’à la victoire de Küng sur le Chrono des Nations juste après celle de Démare sur Paris-Tours. »

« Le Tour de France a été très bon car on a utilisé 100% de nos moyens, deuxième du classement par équipes qui situe le niveau de performance de nos coureurs. Quand vous en mettez trois dans le top 15, vous pouvez être satisfaits avec un sans-faute effectué par Gaudu (4ème). Avec Pogacar et Vingegaard largement au-dessus du lot, nous étions juste derrière en répondant présent pendant trois semaines. En 2022, nous avons fait du très bon travail, je suis très fier de tous ceux qui y ont contribué. »

Le recrutement : « Je leur avais dit : si vous êtes bon, on vous prendra ! »

« Nous avons la satisfaction d’avoir prolongé Stefan Küng qui avait envie de rester avec nous et avec lequel nous espérons briller sur les Classiques et lui permettre de réaliser son rêve, être champion du monde du chrono. Nous n’avons pas cherché à remplacer poste pour poste nos départs, notamment pour le train des sprinteurs, avec l’idée de faire confiance à de jeunes coureurs, et s’adapter aux nouveaux schémas des courses de moins en moins réservées aux sprinteurs. »

« Pour le recrutement, nous avons voulu être logique avec notre philosophie de fonctionnement. A partir du moment où les jeunes de la Contiont été opérationnels cette année, il aurait été anormal de ne pas les prendre avec nous sur la World Tour pour leur proposer rapidement des courses de haut niveau. Je leur avais dit en janvier dernier : si vous êtes bon, on vous prendra, peu importe le nombre. On va au bout de notre démarche pour pérenniser l’équipe et renforcer notre adn de formation pas seulement en France, mais partout dans le monde. »

Les ambitions : « Pogacar, Vingegaard, Evenepoel… tous les autres en dessous »

« Je rêve encore de gagner toutes les plus grandes courses du calendrier, le Tour de France, Paris-Roubaix, les Mondiaux, le Tour de Lombardie, etc. S’installer durablement au contact des meilleurs en permanence est notre ambition. Le parcours du Tour 2023 est ce qu’il est, à nous de nous adapter. On l’abordera avec humilité et ambition, mais sans considérer qu’il s’agit du seul objectif de la saison. Si on ne battra certainement pas notre record de victoires (33), nous souhaitons rester au même niveau, celui de notre classement, 7ème équipe mondiale. »

« Il sera difficile d’aller plus haut car si on compare nos moyens avec ceux des équipes financées par les Emirats ou des milliardaires, il n’y a pas photo. La concurrence est extrême et très relevée. Dans ce contexte, il devient difficile de faire des pronostics car il y a très peu d’écarts entre les meilleurs. Ce sont les blocs équipes qui font la différence. Les mastodontes du peloton accumulent les coureurs pour faire ces blocs qui leur permettront d’espérer faire gagner leur leader. Pour 2023, j’en vois trois largement au-dessus des autres pour les grands Tours, à savoir Pogacar, Vingegaard et Evenepoel. Tous les autres sont un ton en dessous… »

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