jeudi 23 mai 2024

Grâce à Xabi Alonso, le Bayer Leverkusen n’est plus « le club de la loose »

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Leader depuis le début de saison en Bundesliga, le Bayer Leverkusen vit une saison historique. Focus sur une année pas comme les autres en Allemagne.

Depuis sa création en 1904 Bayer Leverkusen a souvent été considéré comme le club de la loose et de la malchance. Avec une unique Coupe d’Allemagne remportée en 1993 à son palmarès, au niveau national, le Bayer 04 cultive le paradoxe d’avoir remporté la Coupe de l’UEFA en 1988, face à l’Espanyol Barcelone.

A la fin des années 90 et le début des années 2000, le club de la Ruhr s’était vu associer le surnom de « Neverkusen » pour expliquer la capacité du club de toujours manquer la dernière marche dans les moments décisifs d’une saison. Vice-champion d’Allemagne à cinq reprises (1997, 1999, 2000, 2002 et 2011), c’est surtout la saison 2000 qui avait illustré cette capacité à chuter au pire des moments. Leader de Bundesliga à la veille de la dernière journée, Leverkusen n’a besoin que d’un point pour remporter son premier titre.

Mais sur la pelouse d’Unterhaching, le Bayer 04 d’Ulf Kirsten, Robert Kovac, Zé Roberto ou Marko Babic chute 2-0 avec notamment un but contre son camp de sa star Michael Ballack alors que le Bayern Munich fait le boulot face au Werder Brême (3-1). Les deux formations finissant le championnat à égalité. Les Bavarois remporteront leur 16ème titre de leur histoire à la différence de buts (+45 contre +38). Mais ça c’était avant. Aujourd’hui, tout a changé et la loose semble être du passé.

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« Une consécration méritée »

Ancien joueur de Mayence, Fribourg et Aue, en Allemagne entre 2015 et 2022, Gaëtan Bussmann a vu évoluer l’équipe du Bayer Leverkusen. Il n’est pas surpris par la réussite actuelle du leader actuel de la Bundesliga. « C’était une équipe qui restait toujours 4-5ème au classement. Elle n’arrivait jamais à passer ce cap pour aller titiller les grandes équipes et décrocher le titre. Il y avait pourtant de grands joueurs com-me Bellarabi, Leno, Bender, Havertz ou Kiessling. Le gardien y était déjà aussi (Lukas Hradecky, Ndlr). Il y avait toujours une belle ambiance. Des supporteurs fidèles. Il y a un vrai travail de fait ces dernières années et l’arrivée du coach (Xabi Alonso, Ndlr) qui a tout changé quand même. »

L’arrivée de Xabi Alonso n’est, il est vrai, pas étrangère à la prise de conscience de la capacité au Bayer Leverkusen à rivaliser avec le Bayern Munich. Le finaliste de la Ligue des Champions 2002 est irrésistible cette saison que ce soit en Bundesliga, en Coupe d’Allemagne et même en Ligue Europa.

A l’entame de la dernière ligne droite, fin mars, Leverkusen n’avait toujours pas connu la défaite cette saison. Le travail réalisé par le coach espagnol est remarquable en tout point avec l’une des plus belles formations en Europe et un jeu apprécié de tous. Le recrutement a été efficace et précis avec les arrivées de Victor Boniface, Jonas Hofmann, Grimaldo, mais surtout de l’expérimenté Granit Xhaka et Josip Stanisic, prêté par le Bayern Munich. Ce dernier avait même été buteur face à son club employeur lors de la victoire 3-0 en février. Tout un symbole.

Xabi Alonso va rester au Bayer

La réussite n’a jamais été aussi présente à la BayArena. L’effectif d’Alonso ne manque pas de talents avec Edmond Tapsoba, Jonathan Tah, Robert Andrich, Jeremie Frimpong, Ezequiel Palacios, Patrick Schick, l’ancien Toulousain Amine Adli et surtout Florian Wirtz, la nouvelle pépite du foot allemand. Pour autant, Xabi Alonso ne veut pas encore parler de titre.

« Pour être honnête, nous ne regardons pas vraiment le classement, expliquait-il en mars. Cela ne veut rien dire pour l’instant. Nous connaissons notre position, mais nous n’avons pas besoin d’y penser. Il reste beaucoup de travail pour nous, pour toutes les équipes. Nous continuons donc à nous fixer des objectifs courts pour la saison. »

A quelques semaines de la fin, il ne fait aucun doute pour Gaëtan Bussmann que le Bayer Leverkusen fait route vers le premier titre de son histoire, 120 ans après sa création.

Le Bayern Munich impuissant

« Ils sont bien partis pour être champions d’Allemagne. Après, ce n’est pas une surprise non plus quand on voit le travail effectué par l’entraîneur. Il a réussi à imposer ses idées et un vrai style de jeu. Cependant, le problème pourrait venir des blessures de certains joueurs. On a bien vu que Palacios s’est blessé récemment. Au niveau de l’effectif, ça peut être juste. Même si je pense qu’ils ont leur destin en mains pour réussir une grande fin de saison et une consécration méritée. »

L’actuel capitaine de l’AS Nancy-Lorraine s’interroge surtout sur la suite et l’avenir du Bayer Leverkusen. Xabi Alonso est désormais un entraîneur ciblé par les plus grands clubs comme Liverpool, Barcelone et le Bayern Munich, en quête d’un nouvel entraîneur, malgré un contrat se terminant en 2026.

« Le travail de cette année va-t-il pouvoir se poursuivre la saison prochaine ? Maintenant, il y a plein d’interrogations avec les doutes autour de l’avenir du coach. Vont-ils réussir à garder leurs meilleurs joueurs comme Wirtz ou Boniface ? J’espère que ce ne sera pas que l’histoire d’une saison et que le Bayer puisse offrir un peu plus de concurrence avec le Bayern et Dortmund. »

Seule équipe des cinq grands championnats européens toujours invaincues en 43 matchs (toutes compétitions confondues), le Bayer Leverkusen a quasiment humilié le Bayern en étant sacré champion, à cinq matchs de la fin de la saison. Une performance exceptionnelle qui peut encore être plus grandiose avec un succès possible en Ligue Europa (en quart de finale, les Allemands ont gagné 2-0 face à West Ham lors du match aller).

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