jeudi 13 juin 2024

Basket — Grégor Beugnot : « Les joueurs changent d’agent comme de chemise »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

L’ancien entraîneur de Varese est l’un des très rares coachs français à s’être expatrié. Grégor Beugnot explique le manque de visibilité des entraineurs français. Mais regrette aussi l’absence de projet à long terme dans le basket.

Que devenez-vous ?

J’attends éventuellement un projet, mais comme il n’y a plus de projet… J’ai bien eu quelques contacts sur la France. L’étranger ne me tente plus trop. Ils ont tous le même discours : c’est un an et on verra au bout d’un an…

Nous ne sommes pas des magiciens ! Avant, au moins, on pouvait construire. Maintenant, la majorité des clubs travaillent à court terme souvent au détriment de la structure technique. Vous êtes donc sur le fil du rasoir en permanence. Les clubs ont dû composer aussi avec la pandémie. Il n’y a plus de projet à long terme.

Vous restez l’un des rares entraîneurs français à avoir coaché à l’étranger. Que vous avait apporté cette expérience à Varese ?

Beaucoup de choses. Le concept est très différent de ce qu’on a en France. En général, là-bas, c’est une grosse société qui est derrière. Ils s’entourent de gens compétents. L’approche n’a rien à voir.

« Les joueurs, eux, changent d’agent comme de chemise »

Pourquoi aussi peu de coachs français s’exportent ?

Ce n’est pas du tout la même gestion ! Ou vous faîtes l’unanimité technique, avec un jeu qui vous permet de vous imposer avec de bons joueurs, ou alors il faut vraiment avoir du caractère et être bon dans la gestion des joueurs. Quand vous êtes à l’étranger, vous êtes… un coach étranger. Soit vous obtenez le respect de vos joueurs et vous pouvez y aller, soit c’est le contraire et c’est l’aller-retour. Je me souviens quand je suis arrivé en Italie, il y avait obligation dans le cahier des charges que le lundi soit férié.

En débarquant, je leur avais dit : « Messieurs je ne peux pas comprendre ça ! ». Les grands joueurs italiens de l’équipe s’étaient réunis et le lendemain, ils avaient dit : « Le coach a raison ». Je m’étais mis les joueurs dans la poche alors qu’au départ, c’était le contraire car je leur retirais un jour de repos. Ils avaient finalement compris les sacrifices. Je leur avais renvoyé l’ascenseur ensuite.

Cette pénurie française sur l’étranger en matière de coaching va-t-elle perdurer ?

Quand Vincent Collet était à Strasbourg, il avait des sollicitations (de l’Olympiakos, Ndlr). S’il était parti et qu’il avait eu des résultats, cela aurait fait le plus grand bien sur le plan de la dynamique. En tant que sélectionneur national, il aurait ouvert la voie comme leader des coachs français. Cela aurait été un sacré booster. C’est aussi une question d’agent.

A un moment donné, l’agent français s’il n’a pas le bras assez long, cela compte aussi et a des conséquences. Les joueurs ont eux plus de facilités. Ils changent d’agent comme de chemise. Les coachs en général sont fidèles à leurs agents.

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