samedi 2 mars 2024

Guillaume Martin (Cofidis) peut-il gagner le Tour ? Sa réponse cash !

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

En attendant de publier un prochain livre sur lequel il nous a avoué déjà travailler, le grimpeur de Cofidis, Guillaume Martin confirme sa volonté de continuer à privilégier les classements généraux… et d’abord celui du Tour. Quitte à passer à côté de courses d’un jour prestigieuses ? Cyclisme magazine et Le Quotidien Du Sport.

Après avoir doublé Tour et Vuelta en 2020 et 2021, puis Giro et Tour en 2022, pourquoi ne renouvelez-vous pas l’expérience en 2023 ?

Tout simplement parce qu’il est compliqué de faire deux grands Tours tous les ans.

Votre abandon sur le Tour 2022 (positif au Covid avant le départ de la 9ème étape), vous amène-t-il à aborder l’édition 2023 avec un certain esprit de revanche ?

Revanche… c’est un bien grand mot car il n’y avait rien d’injuste dans ce coup du sort. Jusqu’à 2022, j’avais fait tous les ans un peu mieux (23ème en 2017, 21ème en 2018, 12ème en 2019, 11ème en 2020, 8ème en 2021, Ndlr). J’espère repartir sur cette dynamique avec un Tour plein et entier.

Et espérer le gagner ?

A 30 ans, ce n’est pas manquer d’ambition que d’être réaliste sur son niveau. J’ai fait 8ème, je peux faire mieux, mais ça implique beaucoup de choses en termes de préparation et d’organisation de l’équipe. De là à parler de victoire finale, même de podium, il y a une marche importante dans un peloton de plus en plus relevé avec des armadas hyper organisées et des jeunes coureurs très forts. Je ne veux pas m’enflammer non plus.

Vous êtes pourtant le coureur français le plus régulier…

Oui, peut-être, mais la course ne se fait pas par rapport aux autres Français. Ce n’est pas ce que je regarde en premier lieu.

Votre manager, Cédric Vasseur, disait que sur les grands Tours, Vingegaard, Pogacar et Evenepoel étaient intouchables. Etes-vous d’accord avec lui ?

On peut ajouter Roglic… mais se dire aussi qu’il peut se passer beaucoup de choses sur une course. Le vélo, heureusement, n’est pas qu’une affaire de chiffres. Il ne faut pas sous-estimer la dimension tactique, les états de forme qui peuvent varier en trois semaines. Il y a quand même moyen de rivaliser. J’ai su le faire par le passé. Je ne m’interdis pas de gagner, mais il ne faut pas vendre du rêve aux gens.

« Je ne m’interdis pas de gagner le tour, mais il ne faut pas vendre du rêve aux gens »

Vous avez prolongé chez Cofidis jusqu’en 2024 alors qu’Arkéa Samsic notamment était intéressée, avez-vous hésité ?

Les carrières sont courtes et les choix sont toujours difficiles. Je me suis posé des questions, j’ai pesé le pour et le contre et il y avait plus de pour que de contre à rester chez Cofidis. Une équipe étrangère a été une réflexion, comme elle le fut à plusieurs reprises depuis le début de ma carrière, mais je n’ai encore pas franchi le pas.

Pour continuer à progresser, envisagez-vous de changer votre manière de courir, d’aborder les courses différemment ?

Je vais moins courir, le simple fait de ne faire qu’un grand Tour est déjà un changement important. Je vais m’appuyer sur ce qui marche bien et essayer d’innover un petit peu à la marge.

Ne vous faudrait-il pas moins viser les classements généraux ?

Cela correspond aussi à mes qualités. Une course de trois semaines est plus exigeante et témoigne à mon sens d’une plus grande performance sportive que de briller seulement sur un seul jour. Il ne serait pas dans ma nature d’abandonner le classement général du Tour pour viser une étape. Un Top 10 a plus de valeur à mes yeux que de gagner une étape d’un grand Tour.

Et même, ce n’est pas parce que vous délaissez le général que vous gagnez automatiquement une étape, ce serait trop facile. Le public attend peut-être ça de moi, mais je ne suis pas en recherche de notoriété. Je trace mon parcours, je fais ce qui me plait. Entre la performance sportive et la reconnaissance médiatique, il faut savoir ce que l’on veut !

Qu’avez-vous travaillé différemment cet hiver dans votre préparation ?

J’ai essayé de varier les types d’activités liées au vélo. J’ai fait du chrono, du
vtt pour la technique et l’explosivité qui peut me manquer parfois. J’ai retardé mon premier stage d’altitude. Habituellement, je le faisais en janvier, cette année c’est en février.

Cofidis n’a pas beaucoup recruté, auriez-vous aimé plus de renforts ?

L’équipe est désormais bien structurée et peut travailler dans la continuité. On s’entend bien avec de bons coureurs dans tous les domaines. Et changer pour changer n’a pas forcément du sens.

Guillaume Martin est impatient de gagner une classique

Quelle course rêvez-vous de gagner plus que les autres ?

Je n’ai pas de course totem. J’aime beaucoup le Dauphiné, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Catalogne… Elles sont nombreuses. Pour l’instant, je n’ai encore pas gagné en World Tour, je suis passé plusieurs fois pas très loin. Il serait temps effectivement que j’en gagne une…

Que vous inspire l’éclosion de plus en plus précoce de jeunes coureurs capables de gagner les grands Tours et les plus belles classiques à 20 ans ?

Que ce soit générationnel ou une tendance lourde, il faut s’adapter. On vit peut-être une génération dorée comme il y en a eu dans le tennis avec Federer, Nadel et Djokovic. Quand on arrive à ce moment-là, c’est plus difficile, mais plus valorisant de concourir en même temps que des champions qui s’apprêtent à marquer l’histoire du vélo.

Vous sentez-vous proche d’eux ?

Je commence à être un peu vieux pour eux (rires). J’ai plus de rapports avec d’autres coureurs même si l’ambiance du peloton est bonne. Leur manière de courir rend les choses plus dynamiques et intéressantes. Elles poussent aussi à évoluer, à innover donc à progresser.

Plusieurs coureurs ont été blessés à l’entraînement ces derniers temps, percutés par des voitures, quelles peuvent être les solutions pour limiter les risques ?

Il faut faire la part des choses entre quelques cas très médiatisés et le nombre de cyclistes qui sont sur la route tous les jours. Il y a de plus en plus de pistes cyclables, de plus en plus de cyclistes, des automobilistes de plus en plus sensibilisés. Je n’ai pas peur personnellement et je n’ai pas envie que les parents aient peur de mettre leurs enfants dans les clubs.

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