mercredi 21 février 2024

Hugo Descat : « Je ne suis pas allé à Veszprém pour l’argent, mais pour gagner des titres »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Après quatre ans à Montpellier, l’ailier gauche des Bleus, Hugo Descat a rejoint, à 31 ans, l’armada de Veszprém pour décrocher (enfin) la Ligue des Champions. Entretien pour Handball magazine et Le Quotidien Du Sport.

Comment se passe cette nouvelle aventure à Veszprém ?

Super. On a plutôt de très bons résultats. J’ai bien emménagé là-bas, la ville est très bien, les gens dans le club sont super, on est pas mal de Français donc je me suis vite acclimaté.

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Vous êtes-vous mis au hongrois ?

Il n’y a qu’un seul Hongrois dans l’équipe (le gardien Nagy, Ndlr), donc on n’est pas obligé de parler hongrois qui est une langue très compliquée. On parle tous anglais. C’est comme ça qu’on communique.

Aviez-vous connu une telle ferveur ?

Les supporteurs sont vraiment à fond derrière nous. Il ne faut vraiment pas les décevoir. Au Dinamo Bucarest, c’était un peu la même chose, mais que sur certains matches alors que là c’est à tous les matches de Ligue des Champions. C’est vraiment intense.

Ce n’est pas votre première expérience à l’étranger, vous avez déjà joué à Bucarest entre 2017 et 2019.

C’est différent. A Bucarest, je n’étais pas encore papa. Là, je suis papa de deux enfants (10 mois et 5 ans et demi). En plus, Bucarest est la capitale de la Roumanie, c’est une grande ville, ici c’est une plus petite ville. Mais je suis quelqu’un qui aime beaucoup voyager et vivre à l’étranger, ça me va complètement.

Beaucoup de Français jouent à Veszprém. N’avez-vous pas l’impression d’être un peu en équipe de France ?

Quand même pas ! On a une équipe qui s’entend super bien et je suis aussi proche des Français (Fabregas, Mahé, Remili, plus Pechmalbech, Franco-Serbe, Ndlr) que des Egyptiens ou des Suédois. C’est ce qui fait notre force, on a une équipe qui s’entend vraiment, vraiment bien. On arrive à bien vivre ensemble et ça c’est important.

Quelque chose vous a-t-il surpris depuis votre arrivée ?

Le club met tout en œuvre pour que les joueurs se sentent bien et jouent bien. J’ai déjà connu ça, mais là c’est vraiment prononcé.

« Avec un salaire moins important, j’y serais quand même allé »

C’est un challenge sportif, mais c’est aussi financièrement beaucoup plus intéressant. Le président de Montpellier a d’ailleurs dit qu’il ne pouvait pas rivaliser…

Le président de Montpellier ne savait pas mon contrat. Il a dit que ce que Veszprém propose, on ne peut pas le proposer. Ce n’est pas totalement vrai. Mais c’est sûr que sans impôts tu gagnes forcément plus d’argent. Financièrement parlant, je m’y retrouve, mais ce n’est pas pour ça que je suis allé à Veszprém.

C’est une équipe extraordinaire, avec de très bons joueurs à tous les postes. On a gagné à Magdebourg, à Barcelone. J’ai 31 ans, je voulais gagner des titres, pas uniquement en équipe de France et c’était le bon moment pour aller à Veszprém. J’insiste, je ne suis pas allé à Veszprém pour l’argent, mais pour gagner des titres.

Et même si je ne m’y serais pas retrouver financièrement, j’aurais pu quand même y aller. Avec un salaire moins important, j’y serais quand même allé. Je voulais gagner des titres. J’ai passé de très bonnes années à Montpellier, quatre belles années, mais j’avais besoin de changer.

Vous pensez donc que vous avez plus de chances de gagner la Ligue des Champions avec Veszprém qu’avec Montpellier…

Cette année oui.

En France, le PSG est aussi en mesure de la gagner. Ne vous a-t-il pas approché ?

Non, il n’y a pas eu de proposition.« Je n’ai pas eu de proposition en France »

Veszprém court après ce titre en Ligue des Champions en ayant perdu quatre finales (2002, 2015, 2016, 2019). Ils ont mis les moyens cette année en vous recrutant ainsi que Ludovic Fabregas.

La Ligue des Champions est très importante parce que le championnat est beaucoup moins fort. Il n’est pas négligé parce qu’il faut quand même finir premier pour avoir l’avantage du terrain sur une finale qui se joue en deux matches contre Szeged qui est le gros rival. Mais on sent quand même que la Ligue des Champions est dans la tête de tout le monde. Alors que quand tu joues à Montpellier, tu dois assumer le championnat et c’est dur de jouer sur tous les tableaux.

Vous avez frappé un gros coup en allant gagner à Barcelone (36-41). Un signal fort ?

Le problème, c’est que la vérité du Final Four, c’est rarement le favori qui gagne. On l’a vu encore la saison dernière avec Magdebourg qui est une très, très belle équipe, mais qui, au début du Final Four, n’était pas du tout favorite. Le plus important, c’est d’y aller et après ce qui se passe au Final Four, c’est la magie de Cologne… On espère qu’on sera les magiciens cette fois (sourire).

Comment se sont passées les retrouvailles avec Montpellier en Ligue des Champions ?

Super (victoire 33-31, Ndlr), mais j’ai surtout hâte de jouer là-bas. Je suis allé les voir à l’hôtel après, j’ai discuté avec Patrice (Canayer) et le staff.

Vous avez signé deux ans à Veszprém. Un retour au MHB est-il ensuite possible ?
Un nouveau coach arrive. La structure du club va changer avec la fin de Patrice Canayer et l’arrivée d’Erick Mathé qui a signé quatre ans et qui est le bon choix. C’est un très bon coach et un super mec. Me concernant, je suis ouvert à toute proposition. Mais j’ai d’abord deux ans à faire à Veszprém où je suis très bien.

En mars, vous vous êtes blessé au genou. Etes-vous revenu à 100% ?

Oui complètement. Quand on parle de genou, c’est généralement un an et moi je me suis arrêté deux fois trois mois. Ce sont des blessures qui traînent. La prépa a été un peu difficile, ça tirait un petit peu, j’avais des douleurs qui revenaient, mais là ça va beaucoup mieux.

Ça vous a fait rater des compétitions avec l’équipe de France.

J’ai loupé le Mondial…

Hugo Descat s’attend à 6 mois très intense

… Vous allez vous rattraper avec l’Euro et les JO en 2024. Deux compétitions de ce niveau n’est-ce pas trop ?

C’est surtout le fait qu’en six mois, il y a l’Euro, la fin de championnat, la fin de la Ligue des Champions et les JO, donc c’est condensé. Moi, personnellement, je préfère ça que l’inverse, mais ça fait un gros programme.

Quels souvenirs gardez-vous des derniers JO et de la médaille d’or ?

C’était extraordinaire d’être champion olympique. Après, avec la Covid, il n’y avait personne dans les salles, donc c’était un peu étrange.

Les prochains Jeux ont lieu en France. Y pensez-vous tous les jours ?

On y pense parce qu’il y a beaucoup de rappels à la télé, dans la rue. Mais il y a beaucoup d’échéances avant et c’est quasiment impossible de s’y voir. C’est trop tôt.

A-t-on peur de se blesser ?

Le meilleur moyen de se blesser, c’est d’y penser !

La France est-elle toujours la meilleure nation mondiale ?
Sur les demi-finales-finales, c’est celui qui a le plus envie. On est toujours troisquatre équipes qui sont entre guillemets au-dessus. C’est vrai que le Danemark a fait sur les quatre dernières compets quatre médailles donc deux victoires. Ce sont clairement eux les favoris. Le fait de jouer en France va nous aider, mais ça nous rajoute de la pression.

C’est la dernière saison de Nikola Karabatic. Le groupe a-t-il à cœur de lui offrir deux belles médailles pour finir ?

Lui offrir, non, il peut se les offrir ! (rires) Plus sérieusement, c’est un honneur et un privilège de pouvoir faire une dernière compet avec lui. On ne le bichonne pas, c’est un grand garçon et il a aussi à coeur d’être performant et de jouer.

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