mardi 6 décembre 2022

Hugo Kamtchop-Baril, une renaissance à Cesson

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

A deux doigts de raccrocher il y a deux ans pour des problèmes de genou, le futur nîmois Hugo Kamtchop-Baril déploie actuellement son meilleur handball. De quoi lui faire voir l’avenir avec un bel optimisme et ambition.

À la lecture du classement, Cesson Rennes s’est évité cette saison de très grosses frayeurs. Les vieux démons sont bien derrière ! “Quand on regarde le classement, on n’est effectivement pas dans les cinq, concède Hugo Kamtchop-Baril. Mais l’an dernier on a fini 14ème à la dernière journée. Cette année, on voulait assurer le maintien le plus vite possible. Cela a été fait dès février. On est dans les clous, en phase avec ce qu’on produit. On ne s’est jamais affirmée comme une équipe voulant jouer l’Europe”.

Pour ce solide pivot (1m83, 93 kg) de 25 ans, une page va néanmoins bientôt se tourner. “Je suis au club depuis 2014 et mes 17 ans. J’ai commencé le hand sur le tard. Cesson-Rennes est le seul club professionnel que j’ai connu. Je suis passé par pas mal d’étapes. Cela va me faire bizarre de partir. Les deux derniers matches seront spéciaux…”. Pas si simple.

“Quitter Cesson a été une décision difficile à prendre. Le club aurait aimé me garder. Je me sens bien ici. J’ai beaucoup d’attaches et ma chérie ici. Mais j’ai décidé de partir. La saison précédente a été très éprouvante. On n’est pas passé loin de la descente. J’avais envie de voir autre chose et vraiment découvrir un club qui est habitué de la Coupe d’Europe, avec des ambitions hautes. Cesson a été le choix du coeur et Nîmes celui du handball pour sortir de ma zone de confort. Je voulais voir ce que cela donne ailleurs avec une autre concurrence, un autre entraîneur, un autre staff. Car à Cesson à l’instant T ma place est acquise avec beaucoup de temps de jeu”.

Kamtchop-Baril en route pour Nîmes

Pour le joueur du club d’Ille-et-Vilaine, l’heure est donc au bilan : “Ici, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai fait ma formation à Cesson-Rennes. Quand je suis arrivé au club, j’étais arrière gauche/pivot. Pas encore clairement pivot. Le club m’a quasiment appris un poste entier, à défendre dur, à déployer des valeurs de combativité que j’avais en moi. Tout ce que je sais, je l’ai appris à Cesson. Sylvain Hochet (le capitaine, Ndlr) a notamment beaucoup compté pour moi et compte encore beaucoup. Il m’a pris sous son aile. Il me prodigue toujours de précieux conseils. C’est un excellent ami. C’est le genre de joueur que je n’oublierai pas”.

Kamtchop-Baril sera donc Nîmois la saison prochaine. “Nîmes est un club du top 4 depuis pas mal de saisons. Cette année, ils ont beaucoup été touchés par les blessures. Ils ont traversé une saison galère. Le discours du président (David Tebib, Ndlr) m’a beaucoup plu quand on s’est eus au téléphone”.

“C’est un club avec beaucoup d’ambition à court et moyen terme, avec un changement d’entraîneur et un effectif qui va être préparé pour la saison prochaine. Je connais aussi pas mal de joueurs qui sont passés par Cesson et Nîmes comme Maxime Derbier ou Jérémy Suty. Ils m’ont dit le plus grand bien de Nîmes. Tout comme Jean-Jacques Acquevillo. Ce club gardois est familial avec de vraies valeurs. C’était important dans mon équilibre de rejoindre un club qui me correspondait”.

« Je voulais sortir de ma zone de confort »

Quel revirement ! Il n’y a pas si longtemps, Kamtchop-Baril a failli raccrocher… “J’avais presque arrêté ma carrière il y a deux ans. Je l’avais annoncé au club et à ma famille. Depuis mes 18 ans j’avais de gros problèmes au tendon rotulien du genou. Je me suis fait opérer. Cela n’avait pas bien marché. J’avais des douleurs constantes au quotidien. Cela devenait pesant. Je ressentais que je faisais plus de mal à mon corps qu’autre chose et que j’allais le regretter plus tard. Puis, sans trop pouvoir l’expliquer, c’est rentré dans l’ordre. C’est allé de mieux en mieux”.

“Le club a alors souhaité que je continue. Je me sens bien aujourd’hui. Mon genou me fait moins souffrir. Etre passé à la Glaz Arena avec un sol beaucoup moins dur a beaucoup soulagé mes articulations. J’ai fait aussi beaucoup de kiné, je glace mes genoux. Je fais très attention à ma récupération après les matches. Dorénavant, je m’attarde beaucoup moins dessus aussi. Avant, je mettais beaucoup plus de pression dessus. Je m’en inquiétais. Maintenant je lâche davantage prise. Le corps y pense moins tout le temps et renvoie moins de mauvaises ondes”.

Doté d’un beau brin de talent, ce visage incontournable du vestiaire cessonnais, ancien membre de l’équipe de France juniors, a pris du retard. Mais l’Irréductible pour encore quelques semaines entend bien le combler :

“Dans le sport de haut niveau, beaucoup de paramètres rentrent en compte. Il y a la chance, le talent, la réussite. Mes soucis au genou ne m’ont évidemment pas aidé. Cela ne fait que deux ou trois ans que j’exploite totalement mon potentiel physique. Ludo Fabregas est un joueur énorme que je suis depuis longtemps. Il a toujours connu de gros clubs. On a évolué ensemble. Depuis cette année et celle d’avant, on me dit que je ne suis pas loin de l’équipe de France. La seule vérité qui compte est quand le sélectionneur t’appelle. Alors j’y pense oui et non”.

“Cela peut arriver si je continue à faire de grosses performances. Néanmoins, ce groupe France est très stable surtout à mon poste. Cela va être compliqué, mais pourquoi pas… Je me focalise surtout sur les performances en club. Il n’y a que cela qui compte pour côtoyer l’équipe de France. Aller dans un club qui joue l’Europe est un critère important pour rejoindre les Bleus”. La décision de Kamtchop-Baril de rejoindre l’USAM s’explique d’autant mieux.

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