mardi 5 juillet 2022

Imanol Erviti (Movistar) : « Le Tour est la course la plus dure, mais aussi celle qui te donne le plus »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Habitué des podiums avec Movistar pour avoir remporté le classement par équipes à cinq reprises (2015, 2016, 2018, 2019 et 2020), Imanol Erviti sera encore l’un des éléments d’expérience de la formation espagnole pour accompagner Enric Mas. 15 jours avant le départ du Tour de France, il s’est confié au Quotidien Du Sport et à Cyclisme magazine.

Comment jugez-vous votre saison ?

J’ai connu pas mal de chutes et mes allergies m’ont beaucoup gêné. J’ai tout de même réussi à récupérer un bon niveau et j’espère vivre une deuxième partie de saison plus satisfaisante. Quel est votre secret, après toutes ces années, pour garder la même motivation de se lancer dans une saison à 38 ans ?

(Sourire) Je ne sais pas. C’est la passion que j’ai pour mon sport. J’aime ce que je fais. Je prends du plaisir à l’entraînement, lors des stages et bien évidemment les courses. Je vois que je suis encore utile à l’équipe, que je peux faire des choses intéressantes. C’est un tout. Le jour où la souffrance prendra le pas sur le plaisir, je me poserai des questions.

Auriez-vous imaginé être toujours coureur professionnel en 2022 ?

Evidemment que non (sourire). J’en rêvais. J’ai eu cette chance. J’ai eu une carrière que je n’aurais jamais cru pouvoir réaliser.

« Gagner le Tour de France avec l’un de mes coéquipiers »

N’avez-vous jamais hésité au moment de reprendre la préparation durant l’hiver ?

Je ne vais pas cacher que cette année c’était plus difficile. Je m’étais cassé la main sur Paris-Roubaix. Il m’a fallu beaucoup d’efforts pour récupérer. Mais les jambes ont toujours été là. Je n’ai jamais été démotivé. J’aime m’entraîner et faire les efforts pour être prêt. Quand vous voyez au fil des ans vos anciens coéquipiers quitter le peloton, n’est-ce pas trop dur ?

 Il faut faire avec. J’ai une carrière plus longue que j’aurais cru. La fin se rapproche, mais ce ne sera pas une tragédie. Je suis calme et serein. Je continue de prendre du plaisir. Je démarre toujours avec le sourire une course. Après cette dernière dicte sa loi.

Etes-vous prêt à prendre le relais de Valverde comme coureur le plus ancien de la Movistar ?

Alejandro Valverde est une légende. Je suis très différent. Je suis un bon compagnon qui a fait une longue carrière, simplement. Mais ce sera de plus en plus rare de voir des coureurs avec une telle durée dans le cyclisme professionnel. Il y a une telle exigence. Les coureurs arrivent plus vite. Mais je pense avoir vécu la meilleure des périodes. Je n’envie pas les jeunes quand je vois l’exigence qui existe aussi tôt. C’est difficile de se construire en tant qu’homme.

Imanol Erviti en duo avec Mas

Le prochain Tour de France, votre 13ème, sera-t-il tout aussi motivant pour vous ?

Je serai présent pour aider Enric (Mas). On a envie de réussir de belles choses. On va avoir de belles étapes comme celle des pavés. Il faudra se montrer vigilant. Quelle relation avez-vous avec le Tour de France ? J’ai une bonne relation. J’ai toujours eu de bons souvenirs. C’est la course la plus dure du calendrier, mais aussi celle qui te donne le plus. C’est beau d’y participer. Elle m’a fait rêver étant petit. C’est toujours avec le même plaisir que je retrouve Paris à la fin. Puis, j’ai eu la chance de connaître le podium avec l’équipe de Movistar à plusieurs reprises. C’est un moment unique.

Et même le fait de remporter des étapes sur la Vuelta ne vous fait-il pas changer d’avis sur le Tour ?

J’ai aussi essayé de faire la même chose sur le Tour. Je n’ai pas eu la même réussite. C’est plus difficile. Je suis d’abord présent pour aider mes coéquipiers à prendre la meilleure place au général. Mais cette année, il y a des étapes intéressantes. On verra ce que nous réserve le Tour comme scénario.

Quel sera le Tour parfait pour Movistar ?

Gagner le Tour de France avec l’un de mes coéquipiers. Je pourrai prendre ma retraite tranquille (sourire). C’est l’objectif de tellement d’années.

L’avis de Laurent Jalabert

« Il n’y aura pas de surprises. Movistar est une formation sérieuse et structurée. Cependant, ils auront du mal à peser sur la course. Je les vois bien viser un classement qu’ils apprécient, le classement par équipes. En Espagne, il a énormément de valeur. Le collectif est mis en avant. Et très souvent, ils visent à le gagner. Enric Mas sera là pour faire Top 5 ou Top 10, mais je ne le vois pas sur le podium. »

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