mardi 23 avril 2024

Julian Alaphilippe : « J’ai envie de faire Paris-Roubaix ! »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

En remportant son deuxième titre mondial de suite, Julian Alaphilippe s’est imposé comme un coureur hors norme. A 29 ans, le champion du monde français savoure, sans se prendre la tête, et compte bien continuer à encore surprendre… Quelles ambitions pour Alaphilippe en 2022 ? Le champion du monde s’est confié à Sport Vélo et au Quotidien du Sport.

Quel bilan faites-vous de votre année 2021 ?

Je suis content de cette saison. Déjà, porter le maillot de champion du monde toute l’année a été quelque chose d’incroyable à vivre. En plus, il y a eu de belles victoires. Des moments plus durs. Mais elle restera une année particulière. Elle aura marqué ma carrière. Le bilan est plus que positif.

Quels étaient les moments les plus durs ?

En début de saison, quand j’ai mis du temps à me remettre en route après le Tour de Provence. Après ma première course, j’étais tombé malade et j’ai un peu galéré jusqu’aux Classiques. Le Tour de France a bien commencé, mais j’ai eu du mal à le finir. C’étaient des moments que j’aurais aimé vivre autrement mais, avec le recul, je suis content de les avoir vécus.

Comment avez-vous vécu les jours qui ont suivi votre nouveau titre de champion du monde ?

J’ai pris le temps de savourer auprès de ma famille et mes proches. D’autant plus que j’étais vraiment fatigué après la course. Quand j’ai voulu reprendre, je me suis senti un peu malade. J’ai alors décidé de couper complètement deux-trois jours. J’ai pu recharger les batteries avant de penser aux dernières courses de la saison comme le Tour de Lombardie. Je me sentais bien et j’avais l’envie de réussir une belle course. Je savais que l’on était là pour être devant. On a tout donné.

« C’était mon rêve »

Cette saison, vous avez admis que le maillot arc-en-ciel était forcément un poids supplémentaire. Allez-vous profité de cette expérience acquise en 2021 pour gérer autrement la saison à venir ?

Je pense avoir tirer certaines leçons. Cela va prendre un peu plus de temps, surtout cet hiver. Je vais prendre le temps pour faire le point en prévision de l’année prochaine. C’est sûr que je m’étais préparé à perdre le maillot.

C’était mon rêve de le porter une année. Et c’est mon rêve qui se réalise pour la deuxième fois. Je ne vais pas dire le contraire. C’est quelque chose de spécial. C’est sûr qu’il y a des choses que je vais modifier pour l’année prochaine et je vais voir comment m’organiser pour cet hiver.

Comment voyez-vous cet hiver avec les obligations autour de ce titre ?

Il y a beaucoup de sollicitations, mais il faut savoir prendre du recul et du temps pour soi. Je vais être content de profiter de ma coupure. Après, il faut faire avec. Je me dois d’être présent pour les sollicitations, surtout au moment des stages d’avant saison.

Je sais que c’est un maillot qui demande beaucoup de temps. Ça fait aussi partie du job. Je vais parler avec l’équipe pour faire cela au mieux et prendre aussi du temps pour moi.

« Je m’étais préparé à perdre ce maillot de champion du monde… »

L’an passé, vous aviez dit que ce maillot ferait de vous un homme attendu. Est-ce encore plus le cas après ce deuxième succès ?

C’est encore difficile de répondre à cette question. C’est encore frais. Ça ne va rien changer je pense. J’ai l’impression que je n’ai pas quitté mon maillot. Je continue de faire comme j’ai fait cette année.

Peut-on être encore plus attendu ?

Bien sûr que je suis attendu sur chaque course. Il faut juste savoir faire avec. Et puis je ne suis pas le seul coureur capable de briller sur les épreuves. Il faut faire ce que l’on a à faire sur son vélo et ne pas avoir de regrets.

Avez-vous connu la saison la plus éprouvante de votre carrière ?

Oui et non. Je me souviens aussi de l’année 2019. Elle a été tout aussi particulière et fatigante. J’avais eu du mal à la terminer. Maintenant, ça va, je me sens relativement bien au moment de la finir.

J’ai bien récupéré après les championnats du monde et je ne termine pas aussi fatigué. Même après le Tour de France, je n’avais pas fait de critériums. Je me suis senti bien et motivé pour aller jusqu’au bout.

Avez-vous suivi la dernière édition de Paris-Roubaix dans des conditions dantesques ? Qu’en avez-vous pensé et cela vous donne-t-il l’envie d’y être ?

Je ne regrette pas de l’avoir manqué (sourire). J’étais content de le regarder derrière ma télé tout en encourageant les copains. J’aurais peut-être les jambes pour pouvoir le faire. Paris-Roubaix reste une course à part. Elle ne ressemble à aucune autre. Je vais y participer un jour.

J’ai l’envie d’y être. Mais cette année, ce n’était pas le moment et j’ai vraiment apprécié de la suivre comme téléspectateur.

L’Italie dans un coin de la tête d’Alaphilippe

Avec le succès sur Milan-San Remo et les Mondiaux, l’Italie a-t-elle une place spéciale dans votre carrière ?

J’ai toujours aimé être en Italie. C’est un super beau pays avec des courses magnifiques et qui me correspondent bien, que ce soit les Strade Bianche, Milan-San Remo ou Tirreno-Adriatico, Lombardie… Des courses qui me plaisent et qui me donnent envie d’y revenir pour y faire des résultats.

J’aime les villes et les atmosphères autour des courses. Il y a des voitures incroyables. La nourriture est bonne. L’Italie offre beaucoup de choses magnifiques. Je m’y sens bien. J’espère à la fin de ma carrière avoir l’occasion d’avoir du temps pour y retourner et y passer plus de temps pour visiter.

Qu’avez-vous pensé du retour de Remco Evenepoel ?

Il peut être content de lui. Cela a été un hiver difficile pour lui. Il a beaucoup travaillé pour retrouver son meilleur niveau. Je pense que l’on a tous vu en stage. Il sait par quoi il est passé et les moments difficiles qu’il a connus. Il a manqué des courses qu’il aurait aimé faire et gagner. Le plus important est qu’il est en forme. C’est super qu’il termine bien sa saison. Sa motivation est encore plus forte et cela annonce de belles choses pour la saison à venir.

Cyclisme magazine 14

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