jeudi 2 février 2023

Julian Alaphilippe : après une saison maudite, il veut prendre sa revanche

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En lâchant à son coéquipier Remco Evenepoel son maillot arc-en-ciel en Australie, Julian Alaphilippe a peut-être définitivement laissé derrière lui les tourments d’une saison maudite. Et de se projeter sur 2023 avec plus de légèreté et moins pression pour redevenir lui-même.

En 2022, ses deux petites victoires d’étape au Tour du Pays basque et de Wallonnie (son pire bilan depuis 2017) et ses nombreuses chutes, dont une très grave sur Liège-Bastogne-Liège fin avril, son absence sur le Tour, sa nouvelle chute sur la Vuelta qui a hypothéqué sa quête d’un triplé mondial en Australie, ont fait rentrer Julian Alaphilippe dans le rang. A 30 ans, le coureur de Quick Step Alpha Vinyl peut-il se réinventer et redevenir « le vrai Julian » comme il en avait fait la promesse après sa non-sélection pour le Tour de France en juillet ? A défaut d’y être parvenu en 2022, peut-il y arriver en 2023 ?

OUI

Parce que la roue va bien finir par tourner

Victime d’un magnifique « soleil » sur les Strade Bianche en mars, renversé par la voiture de son équipe sur la Flèche Brabançonne puis gravement blessé sur Liège-Bastogne-Liège en avril (pneumothorax, fractures diverses), positif à la Covid puis atteint d’une bronchite après le Tour de Wallonie en juillet, de nouveau obligé d’abandonner après une chute sur la Vuelta (dislocation d’une épaule) en août… de bout en bout 2022 aura été maudite pour le double champion du monde. Et ça ne peut pas durer, forcément, Alaphilippe ne se retrouvera pas toujours au mauvais moment au mauvais endroit.

Parce qu’Alaphilippe sera revanchard

« J’aurais pu me dire, je m’en fous, je finis l’année tranquille en Italie et l’année prochaine je remets les compteurs à zéro. Mais non, j’ai faim, j’ai la rage ! » Avant de s’envoler vers les Mondiaux australiens, Julian croyait encore pouvoir sauver sa saison avec le Tour de Lombardie à l’horizon. Mais sa 51ème place au dernier Monument de l’année, aussi loin de Pogacar qu’il l’avait été d’Evenepoel à Wollongong, n’a fait qu’augmenter sa frustration… et sa motivation. C’est avec un fort esprit de revanche qu’il attaquera 2023 et c’est souvent dans ce contexte qu’il est le meilleur.

Parce qu’il aura moins de pression

« Depuis que j’ai le maillot, j’ai quand même eu cinq fractures, pas mal de merdes, souvent malade; On a fait les gros titres avec tout ça. (…) Quand tu as le maillot, tu te fais défoncer fois 10. Si j’avais gagné la Flèche Wallonne cette année, ça aurait été normal. Si tu fais 4ème, oh putain, ça y est, c’est fini… Tout est démultiplié alors que faire déjà 4ème, c’est dur. Cette année pour moi est mauvaise, je le sais, mais c’est limite si on m’enterre. »

Dans L’Equipe, Julian détaillait en fin d’année la réalité du porteur du maillot arc-en-ciel; Désormais débarrassé de cette tunique prestigieuse, mais encombrante, qui en faisait une cible à chaque départ de course, il va pouvoir retrouver un statut moins exposé, un anonymat tout relatif dans un peloton qui va forcément plus se méfier des grands vainqueurs de 2022 à savoir Evenepoel, Vinegaard ou Pogacar et Van Aert.

Alaphilippe a encore le feu sacré

« Moi, je fais du vélo pour gagner ! » On peut lui faire confiance pour ne jamais se présenter au départ d’une course sans avoir l’objectif de la gagner, ou de s’en servir pour en préparer une autre. A 30 ans, son mental est intact, son envie de prendre du plaisir toujours aussi évidente pour ceux qui l’ont vu s’entraîner comme un damné en fin d’année alors qu’il était en échec et en quête de sensations.

Non

Parce que la concurrence est montée de plusieurs crans

Depuis son premier coup d’éclat, qu’on peut cibler à avril 2018 pour sa première Flèche Wallonne, le peloton a beaucoup évolué. En cinq ans, sont apparus des extraterrestres gloutons à l’instar de Pogacar, Van Aert et évidemment Evenepoel cette année. A eux trois, ils n’ont laissé que des miettes aux autres et leur âge autant que leur marge de progression, leur ambition et leur profil tout terrain, ne devraient offrir que peu de fenêtres de tir au Français.

Parce que son corps est meurtri

Ses nombreuses blessures depuis deux ans ont incontestablement amoindri son capital physique. A 30 ans, son temps de récupération ne va pas aller en augmentant et on peut imaginer le voir appréhender avec moins de panache et d’enthousiasme, plus de précautions, le programme de ses courses autant que la manière de les gérer tactiquement.

Parce qu’il va devoir composer avec evenepoel

Même s’ils s’entendent bien et ont déjà montré qu’ils pouvaient collaborer sans problème, la présence du nouveau phénomène du cyclisme mondial, Remco Evenepoel, à ses côtés ne peut que réduire son champ d’action, sur les Classiques surtout, où les deux leaders devront se partager le gâteau, sur les grands Tours aussi surtout si le Belge est au départ de Bilbao en juillet pour son premier Tour de France. Le calendrier est suffisamment chargé pour ne pas les frustrer mais, dans le feu de l’action, un coéquipier a parfois vite fait de devenir un concurrent…

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