samedi 2 mars 2024

Julian Alaphilippe se rêve en jaune à Chateauroux

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

A Châteauroux, le 1er juillet, au soir de la 6ème étape du Tour de France (26 juin – 18 juillet), on en connait un qui apprécierait particulièrement de revêtir le maillot jaune. C’est en effet à Saint Amand-Montrond, à quelques encablures de l’arrivée, que Julian Alaphilippe est né il y a 28 ans. Là-bas qu’il y a construit sa légende.

« C’est la ville où je suis né et où j’ai passé beaucoup de temps, disait-il lors de son dernier passage à l’occasion d’une étape de Paris-Nice, au départ d’un contre-la-montre, en 2019. Revenir aux racines, ça fait du bien. Cela me fait plaisir de courir ici, sur mes terres, ça fait vraiment chaud au coeur. C’est spécial. » témoigne Julian Alaphilippe

Quelques semaines après avoir fait vibrer la France entière sur les routes du Tour, le Berrichon revenait pour la deuxième fois chez lui pour y être officiellement honoré par le maire, Thierry Vinçon. Car, immédiatement après sa 5ème place et ses journées passées en jaune, il était déjà passé se ressourcer dans la capitale du Boischaut.

Profiter de sa famille, revoir des amis, décompresser, saluer tous les supporteurs qui l’avaient suivi à la télé, Alaphilippe avait passé cinq jours de détente à se balader en toute décontraction, fier de la banderole déployée sur la devanture du principal bar de la ville, le Mac Arthur’s ; « Merci Julian ».

Avec son entraîneur de cousin, Franck, lui aussi chez lui à Saint-Amand, il n’avait pas arrêté de signer des autographes et pas oublié non plus d’effectuer une petite sortie à vélo du côté de Bruère Allichamps, histoire de faire remonter les souvenirs.

Julian Alaphilippe chez lui

Avant de reprendre le cours de sa saison, il avait mis le cap sur la proche banlieue de Montluçon, dans le département voisin de l’Allier, voir ses parents qui habitent plus précisément à Désertines, le village où a grandi Julian à partir de 7 ans.

Ces cinquante kilomètres qui séparent Saint Amand de Désertines, Julian les a faits en sens inverse, sur la dangereuse route nationale 144 (devenue départementale 2144) à 11 ans sur un Motobécane d’occasion qu’il s’était acheté avec ses économies.

Le 1er juillet à l’arrivée à Châteauroux, le 2 au matin au départ à Vierzon, sûr qu’il pensera à ce périple qui avait suscité la colère de sa mère en même temps qu’il l’avait définitivement convaincue que son fils était certainement fait pour le cyclisme.

Si c’est bien à Saint Amand-Montrond que tout a commencé, c’est bien à Montluçon que tout a continué pour le champion du monde français, plus particulièrement à l’entente Montmarault-Montluçon où a débuté sa collaboration avec son cousin qui était aussi responsable du pôle espoir cycliste de Saint Amand.

A l’US Florentaise, Marc, Julian, Romain, Bryan, Julien… Et
les autres

Cadet, il n’allait pas tarder à mettre le cap un peu plus au nord, vers Saint Florent du Cher, à quelques encablures de Bourges, et l’us Florentaise, son dernier club pendant deux saisons avant d’intégrer l’armée de terre. L’US Florentaise où il va fréquenter deux autres futurs pros, Marc Sarreau (Groupama-FDJ) et Romain Combaud (DSM).

En 2019, c’est un Alaphilippe en jaune que celui qui vient de rejoindre Romain Bardet dans l’équipe néerlandaise était venu encourager sur l’étape de Brioudes, le 14 juillet :

« j’étais à quelques kilomètres de l’arrivée et, lorsqu’il m’a vu au bord de la route, il s’est décalé et m’a tapé dans la main. Ce geste lui ressemble bien car même s’il a changé de dimension depuis ce Tour, lui est resté le même, il ne changera jamais car il n’a pas oublié d’où il vient. »

Tous les ans, comme un rituel, autour de Jean-Pierre de Marigny, l’entraîneur de l’us Florentaise qui a accompagné leur formation, le trio Sarreau-Combaud-Alaphilippe essaie de se retrouver pour passer une journée ensemble.

« Marc avait deux ans de plus, on se voyait souvent sur les mêmes courses, mais j’étais surtout avec Julian. On se voyait tout le temps, on se garait côte à côte, se souvient Romain. Grâce aux encadrants, à ce club familial, des liens forts nous unissent. Puis,iIl y avait aussi Bryan, le frère de Julian, et Julien Préau, mon cousin, le fils du président qui est aussi mon oncle ! »

A cette époque, des minimes aux juniors, « Julian avait déjà son punch et on se tirait la bourre sans animosité. Cette émulation saine nous a même permis de progresser et a été à la base de nos carrières respectives. » En attendant le passage de Julian, c’est tout le Cher qui retient son souffle…

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