jeudi 23 mai 2024

Juliette Labous : « La méthode néerlandaise me convient bien »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

En 2022, la Française, Juliette Labous de chez DSM a incontestablement franchi un palier. A 24 ans, dans un registre qui n’est pas sans rappeler celui d’un Romain Bardet avec qui elle partage les mêmes couleurs néerlandaises, la coureuse à l’aise en montagne peut encore réaliser tous ses rêves.

Peut-on dire qu’en 2022 vous venez de réaliser votre meilleure saison ?

Oui, tout à fait, dans la continuité de ma progression et d’un travail que nous effectuons tous les ans depuis 2017, quand je suis passée pro. En 2021, je m’étais déjà rapprochée des meilleures sans être encore tout à fait prête à rivaliser. L’an passé, j’ai la sensation d’avoir franchi un palier, en gagnant ma première épreuve World Tour, le Tour de Burgos, en gagnant une étape du Giro et en finissant 4ème du Tour de France.

Juliette Labous formée chez DSM

Qu’est-ce qui vous a permis de franchir ce palier ?

J’ai particulièrement progressé dans la résistance à la fatigue. Mais ce n’est que la conséquence de tout ce qui a été mis en place avec l’équipe depuis 2017. Au début, ils voulaient me préserver, estimant que j’étais trop jeune pour encaisser de grosses charges de travail. Tout ça est monté en puissance petit à petit. Et ça commence à payer.

Bardet a rejoint DSM il y a deux ans pour découvrir une nouvelle façon de travailler, est-ce aussi votre cas ?

Je n’ai pas le même parcours. Je suis arrivée très jeune, à 18 ans, chez Liv-Plantur (ancienne dénomination de Sunweb puis DSM, Ndlr), j’ai donc grandi avec cette méthode néerlandaise qui me convient très bien. En France, je sais qu’on n’a pas la même approche, pas la même manière de s’entraîner.

Etes-vous installée aux Pays-Bas ?

Non, je reste encore en France même si je me rends souvent à Sittard, au siège de la formation, où nous avons un appartement en colocation avec d’autres filles. Je commence à bien comprendre le néerlandais, mais je me débrouille quand même mieux en anglais.

Cette vie de coureuse pro, est-ce un rêve qui s’est réalisé ?

Non, pas forcément puisque lorsque j’étais enfant, le cyclisme féminin n’offrait pas cette perspective. Peu de filles en vivaient. C’est venu petit à petit. Mon rêve n’était pas d’être pro, mais de faire les JO.

Il est toujours d’actualité ?

Oui, en 2024 à Paris, si ce n’est sur la course en ligne, dont le parcours sans gros dénivelé ne me sera pas forcément favorable, au moins sur le chrono si je continue à progresser.

« Le Tour et le Giro, mes deux gros objectifs de 2023 »

Justement, à 24 ans, où situez-vous votre marge de progression ?

En termes de volume d’entraînement, on se rapproche de la limite. Pour le reste, je ne suis pas au maximum. Je peux encore m’améliorer dans tous les domaines.

Assez pour prétendre gagner le Tour en 2023 ?

En accord avec tout le monde, nous avons décidé que le Tour sera avec le Giro les deux principaux objectifs de ma saison. Je sais que l’équipe me soutiendra à 100%, et si je récupère bien du Giro, ce qui avait été le cas l’an passé, je ferai tout pour monter sur le podium. Gagner, ça peut être encore difficile physiquement tant que Van Vleuten est encore là. Il va peut-être falloir attendre qu’elle prenne sa retraite (rires)… car, avec Cavalli, elle est encore un ton au-dessus des autres.

DSM a perdu Lorena Wiebes (vers SD Worx), votre meilleure sprinteuse, qu’estce que ça change pour vous ?

Dans la mesure où on le sait depuis longtemps, on a pu préparer la suite avec d’autres jeunes coureuses notamment Charlotte Kool qui est déjà très forte. On a fait le « switch » rapidement, on a l’équipe pour l’accompagner.

Quel est votre statut au sein de DSM, leader ?
Je suis leader pour les courses qui me concernent, où je vise le classement général, à savoir les trois grands Tours d’abord. Charlotte l’est sur des épreuves qui lui correspondent davantage.

Ne visez-vous pas quelques Classiques ?

Je me concentre d’abord sur les courses à étapes avec du dénivelé, mais je pense que les Ardennaises peuvent me convenir aussi. Je les aborderai avec moins de pression.

Quelle fut votre plus belle journée en 2022 ?

Ma victoire d’étape sur le Giro (7ème étape, le 7 juillet entre Prevalle et Giogo del Maniva, Ndlr) parce qu’elle est intervenue après un gros coup de chaud qui m’avait fait dégringoler au classement général (9ème au final, Ndlr). J’ai la satisfaction d’avoir su rebondir tout de suite. Nous avions mis en place une tactique le matin de l’étape et, du kilomètre zéro à l’arrivée, elle s’est déroulée exactement comme on l’avait prévu. C’est tellement rare.

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