lundi 4 mars 2024

Jusqu’où peut aller l’OGC Nice ?

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Depuis l’arrivée de QSI en Ligue 1 en 2011, le titre n’a échappé qu’à trois reprises au PSG. Grâce à leur excellente première moitié de championnat, encadrés par l’ambition et les moyens d’INEOS, les Aiglons de Nice peuvent-ils rêver être le quatrième trouble fête eux qui n’ont plus été champions depuis… 1959 ?

Leaders à deux reprises après les 10ème et 11ème journées, toujours deuxièmes ensuite, invaincus jusqu’à la 14ème journée et une première défaite à Nantes (0-1) qui a brisé une série de huit clean-sheet d’affilée et balayé un record de 13 matches sans être mené… il n’est donc pas exagé-
ré de dire que les joueurs de Francesco Farioli ont filé vers la trêve hivernale à
un rythme de champion, une perspective inespérée en début de saison, seulement devancés par le PSG (40 points contre 35).

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A quelques jours de l’ouverture du Mercato hivernal, la question était de savoir si ça allait suffire pour convaincre INEOS d’y jouer un rôle de premier plan.

Après avoir dépensé 43 M€ cet été avec Boga (18 M€), Moffi (22,5 M€) et Baldé (2,5 M€), contre 16 M€ de ventes (Delort, Dolberg et Stengs), pour un investissement total de 300 M€ depuis son arrivée sur la Côte d’Azur, avoir pris 25% des parts de Manchester United pour 1,5 milliard d’euros, Jim Ratcliffe se demandait encore s’il était pertinent de renforcer son effectif dans de larges proportions.

Roony Bardghji, la pépite suédoise, pistée

A quoi faire face à l’implacable domination des Qatariens du PSG  ? Les absences des attaquants Boga et Moffi, de Boudaoui pour cause de Coupe d’Afrique des Nations en début d’année, l’y incitaient pour un renfort offensif de premier plan, tout sauf un luxe pour la 10ème attaque du championnat (19 buts en 17 matches).

Deux ou trois autres recrues étaient attendues en charnière centrale et sur le côté droit de la défense pour compenser la mise à l’écart d’Atal. Et forcément, tous les regards se portaient vers Manchester United, l’autre club d’INEOS. En crise, les Red Devils se préparaient aussi à un Mercato agité.

Indésirable, le Néerlandais Donny Van de Beek était pressenti pour pallier l’absence de Khéphren Thuram, blessé à un genou en fin d’année, dans un premier temps. Après avoir refusé de signer à Lorient cet été, l’ancien milieu de l’Ajax serait plus attiré par Nice. Gérone, l’Eintracht Francfort, la Real Sociedad, Fulham et Crystal Palace étaient aussi candidats pour relancer la carrière du joueur de 26 ans. C’est finalement le pensionnaire de Bundesliga qui l’a emporté.

Dans un autre registre, Florent Ghisolfi, le directeur sportif des Aiglons, suit également la nouvelle pépite du football suédois, Roony Bardghji. A 18 ans, celui que la presse scandinave présente déjà comme le successeur d’Ibrahimovic, fait des étincelles avec le FC Copenhague, qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions.

« Une 3ème place, ce serait déjà une belle performance »

Si la concurrence s’annonce encore plus relevée, le projet sportif des Aiglons a des atouts à faire valoir pour un joueur encore en apprentissage et en quête de temps de jeu. A condition d’accrocher la Ligue des Champions la saison prochaine pour pouvoir espérer franchir un cap supplémentaire dans la hiérarchie européenne après le barrage perdu face à Naples en 2017. Pour ça, et pour tenir le rythme de 2023…

En 2024, résister à Monaco et Lille, peut-être à Lens et Marseille, tous les signes envoyés par les actionnaires pendant la trêve seront scrutés.

Dans le sens des départs, pour résister à l’attractivité de ses meilleurs éléments, Todibo en tête qui suscite, entre autres, l’intérêt de Tottenham et de Newcastle, dans le sens des arrivées pour donner des moyens supplémentaires à Farioli. Sans enthousiasmer les foules, le style de l’entraîneur italien s’avère plus eficace que prévu et mérite d’être accompagné. La manière avec laquelle le groupe a réagi au premier revers de la saison est encourageante.

Nice envisage le top 3

« Avec quelques buts en plus, nos résultats seraient encore meilleurs, se félicitait Farioli après la victoire face à Reims (21). On est encore en chantier sur pas mal de secteurs, mais le moment du déclic offensif est proche, on est sur le bon chemin. »

Celui qui mène au titre semble encore trop présomptueux, « et il ne faut surtout pas qu’ils axent leur saison sur ça, nous dit Jérôme Alonzo, l’ancien gardien des Aiglons et consultant pour L’Equipe TV. Même si le PSG semble prenable, ce serait le meilleur moyen de briser ce beau renouveau. Une 3ème place serait déjà une belle performance pour la première saison d’un jeune coach. »

Entre les deux, la 2ème place irait comme un gant aux actionnaires britanniques après la petite crise de gouvernance qui a freiné leur projet. Ce serait surtout la meilleure performance du Gym depuis 1976 lorsqu’ils n’avaient pas pris ombrage de la domination des Verts de Saint-Etienne. 48 ans après, c’est à celle du PSG qu’ils sont confrontés…

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Les modèles à suivre…

2011/2012 – Le Montpellier de Giroud

Au tout début de l’ère QSI, profitant d’une équipe parisienne pas encore lancée à pleine allure, après le chassécroisé Kombouaré/Ancelloti, Montpellier avait su magnifiquement manœuvrer pour aller chercher son premier titre.

Surfant sur la révélation Giroud (meilleur buteur de L1 avec 21 buts, ex-aequo avec le Parisien Nené, meilleur passeur du MHSC avec 9 passes), son entente avec Cabella, les joueurs de René Girard s’étaient appuyés aussi sur la meilleure défense du championnat (34 buts encaissés) et un bilan presque parfait à domicile avec une seule défaite face au PSG (03), en partie compensée par un nul au Parc (22).

Sans Coupe européenne à disputer, quand le PSG était en Ligue Europa, les Montpelliérains, 2èmes à la fin des matches aller, avaient occupé la tête à 19 reprises, ne la lâchant plus après la 29ème journée pour terminer trois points devant un dauphin qui s’était incliné à 5 reprises dont deux fois à domicile face à… Lorient et Nancy.

2016/2017 – Le Monaco de Mbappé

2ème à 11 points du champion parisien la saison d’avant, le Monaco de Jardim ne va faire que monter en puissance, s’emparant de la 1ère place à la 20ème journée sans jamais plus la quitter… au cours d’une saison où le PSG ne sera jamais en position de leader. Sur la dynamique d’une campagne européenne exceptionnelle, demi-finaliste après avoir éliminé Manchester City et Chelsea, les Monégasques découvrent le potentiel de Mbappé, sa complémentarité avec Falcao (36 buts à eux deux).

Avec la meilleure attaque (101 buts !), la 2ème meilleure défense, une seule défaite à domicile, l’ASM a enfoncé le clou en battant à deux reprises un PSG déjà traumatisé par la remontada du Barça en Ligue des Champions, pour finir avec 8 points d’avance.

2020/2021 – Le LOSC de Maignan

Des trois titres qui ont échappé au PSG, celui gagné par le LOSC de Galtier fut le plus disputé, acquis avec un seul point d’avance et matérialisé dans la seconde partie de la saison… alors que Lyon avait été sacré champion d‘automne.

La réussite de Yilmaz (16 buts), la créativité de Bamba, Ikoné ou Yazici, le volume de jeu d’André et Sanchez, l’efficacité de Maignan, gardien de la meilleure défense du championnat (23 buts) menée par l’expérimenté Fonte, ont permis de compenser trois défaites dont deux surprenantes à domicile face à Angers et Nîmes.

C’est en gagnant au Parc lors de la 31ème journée, trois jours avant le quart aller de Ligue des Champions BayernPSG (23), que le titre s’est matérialisé pour les Dogues qui ne lâcheront plus leur proie jusqu’à la dernière journée, enchaînant six victoires et deux nuls.

Tom Boissy

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