jeudi 25 avril 2024

Le clash Deschamps/Fournier met en lumière les problèmes de gouvernance à la FFF

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En critiquant ouvertement Hubert Fournier (Directeur Technique National de la FFF), Didier Deschamps a mis en exergue une gouvernance très particulière de l’instance du football français. Le sélectionneur des Bleus a bien mis en avant que c’est lui le patron.

C’est une sortie haute en couleur que Didier Deschamps a proposé semaine dernière. Habitué à cet exercice depuis 14 ans, l’ancien champion du Monde a décidé de torpiller le projet de son Directeur Technique National, Hubert Fournier qui préconisait un travail en profondeur sur les séances de tirs au but.

Ce n’était pas sans compter que la 3F allait vivre un petit psychodrame, un an à peine après l’accident industriel de Le Graet au sommet du football français. Cette fois-ci, les deux acteurs sont le DTN et son sélectionneur de l’Équipe de France A.

Une nouvelle épine dans le pied de Philippe Diallo, le Président par intérim de la FFF dont les prochaines élections seront scrutées de près. Sans que l’on en attende une grosse surprise. La particularité de la gouvernance à la FFF s’est encore distinguée.

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Hubert Fournier, la sortie médiatique raisonnée

Après plusieurs échecs historiques de nos équipes de France (dont ceux face la Suisse à l’Euro et en finale de la Coupe du Monde pour les A) , Hubert Fournier a donc décidé de mettre les pieds dans le plat. L’ancien entraîneur de l’OL a proposé une nouvelle approche dans le travail des tirs aux but. Une initiative louable

Le Directeur Technique National a proposé une approche qui se voulait en harmonie avec ce que font beaucoup de clubs lors des matchs avec des tirs aux but : s’entraîner. Sauf que dès le départ, le projet si tant est nécessaire se heurtait à un problème de taille : Didier Deschamps a toujours estimé que cela ne servait à rien, tant il était impossible de reproduire les conditions de match.

La sortie de DD a clairement exclu les A du projet. Sans parler du ton très peu courtois employé par le sélectionneur. Or, dans le règlement de la 3F, le DTN a aussi son mot à dire sur la politique de la FFF envers les sélections masculines et féminines, sans différence d’âge. Officiellement, Hubert Fournier est le numéro 2 de la Fédération Française de Football derrière le Président.

Depuis la réponse cinglante de Deschamps, la semaine dernière, on a compris, s’il en était la peine, que la symbiose n’est toujours pas d’actualité au sein de la Fédération Française, et elle repose en partie sur un sélectionneur conservateur.

Deschamps humilie le DTN et la FFF

En qualifiant d’irrespectueux et de déplacé la sortie d’Hubert Fournier dans les médias, le sélectionneur des Bleus a mis le feu aux poudres sur le sujet sensible. Pour autant, le sélectionneur a t-il raison de se montrer si catégorique sur la « loterie des tirs aux but » ? Rien n’est moins sûr et il s’agit bien de gommer un défaut français.

Il suffit de regarder avec humilité les deux dernières défaites des Bleus dans les compétitions internationales. En 2021, la Suisse l’emporte 5-4 aux tirs au but. Quelques mois plus tard, l’Argentine succède aux Bleus après une séance maîtrisée. On peut (entre autres), y ajouter une finale U17 (championnat d’Europe) perdue aux tirs au but face à l’Allemagne.

Deux revers qui font mal à la tête des Français et qui donnent raison à la réflexion d’Hubert Fournier. Ce qui factuellement permettrait à la FFF de s’engager dans un travail en profondeur sur cette partie technique du jeu.

En s’opposant à la proposition du DTN, Didier Deschamps donne un signal de confusion totale et Philippe Diallo n’a pas osé s’interposer publiquement entre les deux hommes. Ce qui remet en lumière une dichotomie au sein de l’organisation fédérale. On repense forcément à la prolongation un peu hâtive du sélectionneur (jusqu’à la Coupe du Monde 2026) décidée dans le bureau de Noël Le Graët.

Le travail des tirs au but nécessaire

En mettant un coup de frein au développement d’un travail à la fois pour les gardiens et les joueurs sur la préparation, l’exécution et le résultat d’une séance de tirs au but, Didier Deschamps n’a pas compris que c’est aussi le travail du footballeur qui est désormais à la carte.

La séance des tirs au but, bien que rarissime, demande un travail mental, physique et technique de très haute volée. Un tir peut faire basculer l’ensemble d’un match voir d’un scénario de victoire. Les Bleus le savent mieux que personne avec ces deux défaites dans leurs deux derniers tournois majeurs. Imaginez une seconde voir les Bleus de Thierry Henry perdre les Jeux Olympiques sur une séance de tirs au but…

1 COMMENTAIRE

  1. Deschamps a tort et tort.
    Oui il faut des séances penalties pour joueurs et gardiens.
    C’est Fournier qui décide.

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