mercredi 5 octobre 2022

Le cyclo-cross pourvoyeur de champions sur… route

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

A l’image de Wout Van Aert ou Mathieu Van der Poel, le cyclo-cross crée les champions (sur route) de demain. La France, qui préfère miser sur la piste, ferait bien de s’en inspirer.

De belles promesses comme Line Burquier, Olivia Onesti, Amandine Fouquenet sont vues comme de forts potentiels chez les féminines. Chez les garçons, Rémi Lelandais au sein du Cross Team Legendre ou Lenny Martinez présentent également de belles dispositions. François Trarieux fait un état des lieux de la discipline en France :

« Sur la pratique du cyclo-cross français, on surfe sur une discipline qui marche très bien. Cela inclut les compétiteurs, les pratiquants, le nombre d’épreuves en termes d’organisation et de diffusions d’images. On touche un public avec une demande croissante au fil des saisons.

Nous sommes passés de trois manches de Coupe de France à huit. On bat même des records de participations. Cet hiver, on aura deux manches de Coupe du monde en France. En lien avec le Championnat du monde en 2025 en France à Liévin, à la Fédération, on développe une nouvelle offre auprès des jeunes.

On met en place aussi pas mal de stages d’été académie-cyclo-cross. Nous voulons capitaliser sur les minimes et les cadets qui seront, en 2025, des juniors et des espoirs potentiels. On fait en sorte de faire continuer à faire progresser la discipline en France ».

Le cyclo-cross très populaire

Et à terme, qui sait, faire émerger dans l’hexagone des Van Aert (Jumbo-Visma), Van der Poel (Alpecin-Fenix), Pidcock (INEOS) :

« On a déjà sorti notre Van der Poel à nous. Il se nomme Julian Alaphilippe. Notre Van der Poel s’appellent aussi Turgis et Cosnefroy… Van der Poel et Van Aert sont des coureurs champions du monde depuis les rangs juniors. Avec leur statut, il leur est plus commode de négocier et même d’imposer des choses à leurs équipes dans leur calendrier respectif.

Les équipes mûrissent aussi en prenant l’exemple des meilleurs. On note également qu’avec l’augmentation des cas de burnout chez les pros le fait de pratiquer le cyclo-cross pour certains leur permet d’augmenter leur durée de vie de coureur dans leur carrière. Ils peuvent garder une certaine fraîcheur mentale. Certaines équipes ont pu freiner certains coureurs par le passé.

On assiste désormais à un petit renversement de tendance. Les trois « gros » remettent en question beaucoup de choses. Il y a trois ans, Van der Poel, Van Aert, Pidcock étaient des crossmen faisant de la route.

Aujourd’hui, ce sont des routiers qui font du cyclo-cross. Ils faisaient environ 35 cyclo-cross par hiver. Désormais plus qu’une dizaine. Le ratio a été déplacé. Ils font des rappels d’intensité chaque hiver en gardant leurs compétences physiques et techniques.

Comme un complément d’activité. Van der Poel et Van Aert sont devenus de grands coureurs de Classiques. Pidcock, lui, peut probablement gagner un jour un grand Tour ».

Le cyclo-cross apporte une aisance technique pour Trarieux

Pour Trarieux inutile de se confondre en comparaisons : « Chaque coureur a un parcours singulier. Il faut rester prudent sur l’interprétation de chaque parcours respectif et ses résultats. Il faut rester humble aussi. On a quand même une belle génération avec un Nans Peters qui a notamment gagné une étape sur le Tour en 2020 (à Loudenvielle).

C’est également valable chez les filles. Tous ces champions ont un bagage technique, une aisance sur le vélo, ils développent des qualités physiques leur permettant de s’exprimer au plus haut niveau ».

Car un très bon spécialiste de cyclo-cross lui fait ressortir des qualités bien distinctes : « La rudesse mentale, la résistance à l’effort et à la douleur, la gestion de l’effort, des qualités physiques et de coordination liées à l’explosivité » détaille encore l’entraîneur national.

Une discipline encore dans l’ombre

Mais, pour Trarieux, de sérieux obstacles restent encore à surmonter :

« Malheureusement, c’est une discipline qui souffre encore d’un certain manque de reconnaissance auprès des instances officielles. Le curseur est beaucoup axé sur les disciplines olympiques. Derrière, il faut néanmoins réussir à se faire sa place dans ce cadre.

Etre vu à la télévision revêt donc un intérêt majeur pour continuer à se développer, notamment pour des teams qui se structurent comme le Cross Team Legendre cher à Steve Chainel et rattaché à Arkéa-Samsic. Par contre, la reconnaissance du grand public est bien présente.

Les champions qui performent en cyclo-cross à haut niveau sont les mêmes que ceux qui le font sur la route. Il n’y a qu’à regarder ceux qui ont porté le maillot jaune sur le Tour la première semaine (Alaphilippe, Van der Poel) ». De sérieuses références devant pousser à l’introspection sur la prise en compte à avoir à propos du cyclo-cross souvent promoteur de grands champions.

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