mardi 5 mars 2024

Les 10 montées de légende du Tour de France

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De l’Alpe d’Huez au Puy de Dôme, des Alpes aux Pyrénées en passant par le Massif Central, ces dix ascensions ne cessent d’alimenter, année après année, la légende du Tour.

1 – ALPE D’HUEZ

Elle n’est pas la plus difficile, mais parce que les plus grands y ont triomphé, qu’elle a souvent été décisive dans la victoire finale, l’Alpe d’Huez reste un sommet à part. Si l’ascension n’est pas la plus élevée, ni le plus redoutée, elle demeure la plus populaire, comme un emblème à escalader. « C’est impressionnant, s’enthousiasme Pierre Rolland, vainqueur en 2011, quand vous arrivez face à un mur de supporteurs sans savoir ce qu’il y a derrière. On découvre le tracé au dernier moment. Il faut être costaud mentalement. »

Fiche technique : Alpes, 1850 mètres. 13 km pour un pourcentage proche des 8% avec des tronçons à plus de 10%.

Le moment fort : En 1986, LeMond et Hinault franchissent la ligne d’arrivée main dans la main, l’Américain offrant la victoire à un Français qui l’aidera ensuite à amener le maillot jaune jusqu’à Paris.

2 – MONT VENTOUX

Rendu tristement célèbre par la mort de Tom Simpson en 1967, le Mont Chauve a toujours été le théâtre de grosses défaillances. Alaphilippe et Van Aert sont les derniers à l’avoir dompté en 2021. Emprunté majoritairement par son versant sud, via le célèbre chalet Reynard, il se caractérise par son sommet dénudé et plein de rocaille calcaire à l’apparence lunaire.

Fiche technique : Provence, 1909 mètres. 21,5 km à 7,22%. Le Tour a souvent préféré le versant sud (13 fois sur 16) au nord et une fois l’est (25,7 km à 4,5%).

Le moment fort : En 1987, un c-l-m de 36,5 km permet à Jean-François Bernard de s’emparer du maillot jaune devant le grand favori, Lucho Herrera, relégué à 1m39s.

3 – COL DU GALIBIER

Aucun autre col alpestre n’a été emprunté aussi souvent (à 63 reprises). Le Galibier a été fatal à l’Espagnol Francisco Cepeda qui y perdit la vie en 1935 ou à Fignon qui chuta dans un ravin en 1987. A l’inverse, c’est sur ses pentes que Charly Gaul devint « l’Ange de la montagne », Bahamontés « l’Aigle de Tolède » et Pantani « le Pirate ». Très souvent « toit du Tour », le Galibier a été le terrain de jeu préféré de Thomas Voeckler qui réalisa une ascension pleine de courage en 2011 à trois jours de l’arrivée pour sauver son maillot jaune pour quelques secondes.

Fiche technique : Alpes, 2645 mètres. Le versant sud propose un effort de 8,52 km à 7% quand son pendant du nord impose 18,1 km à 7%, les plus difficiles étant pour la fin… avant d’apercevoir le monument érigé à la gloire d’Henri Desgrange, le père du Tour.

Le moment fort : En 1998, lors de la 15ème étape, Pantani fait basculer le Tour en attaquant à 5 km du sommet, laissant le maillot jaune, Ullrich, à 9 minutes. Le Pirate ne sera plus rattrapé jusqu’à Paris.

4 – COL DU TOURMALET

Lors de la première de ses 90 ascensions (!), en 1910, Octave Lapize, qui avait terminé à pied, n’avait pas hésité à qualifier les organisateurs d’assassins d’avoir osé amener le Tour au-dessus de 2000 mètres. Depuis, Bahamontès détient le record de passages en tête (4).

Jean-Pierre Danguillaume le dompta à deux reprises, en arbitre du duel Poulidor-Merckx, sur le même Tour en 1974 pour une des trois seules fois où le Tourmalet fut aussi une arrivée. La deuxième, en 2010, fut l’oeuvre d’Andy Schleck au sprint face à Contador. La troisième consacra Thibaut Pinot en 2019, six secondes devant un Alaphilippe héroïque pour conserver son maillot jaune.

Fiche technique : Pyrénées, 2115 mètres. A l’ouest depuis Sainte Marie de Campan (17,2 km à 7,4%) ou à l’est depuis Luz Saint Sauveur (18,8 km à 7,4%).  Le moment fort : C’est au Tourmalet que Thévenet s’est révélé en 1970 en remportant sa première étape à la Mongie à 22 ans, un 14 juillet.

5 – COL DE L’IZOARD

Des stèles de Fausto Coppi et Louison Bobet, vainqueurs à deux et trois reprises en haut de l’Izoard, sont érigées sur les roches à la Casse Déserte, son point d’orgue. Barguil, en 2017, battait le record de l’ascension en 38 min et 15 sec à 22 km/h de moyenne. Bobet le considérait comme son jardin. C’est à la sortie d’Arvieux, juste avant les premiers gros pourcentages, qu’il a en effet gagné deux de ses trois Tours de France, en 1950 et 1954.

Fiche technique : Alpes, 2360 mètres. 15,9 kmà7%pourleversantsudou19,2kmà 5,9% pour le versant nord.

Le moment fort : En 1975, Thévenet attaque à deux reprises Eddy Merckx. La deuxième pique est la bonne à 12 km du sommet. Au milieu d’une foule survoltée, il gagne à Serre-Chevalier et remporte son premier Tour de France.

6 – COL DE L’ISERAN

Le plus haut col routier des Alpes, qui démarre à 1800 mètres d’altitude, a été peu emprunté par le Tour (8 fois). La pluie sur des chemins de terre en 1938, le froid glacial en 1939, la neige en 1996 et la grêle en 2019 l’ont grandement perturbé. En 2019, prévue à Tignes, l’arrivée est avancée dans la descente du col en raison de la grêle, et est favorable à Egan Bernal qui en profite pour prendre le maillot jaune à Alaphilippe… sans qu’aucun vainqueur d’étape ne soit déclaré. Du jamais vu dans l’histoire du Tour.

Fiche technique : Alpes, 2764 mètres. Le col offre deux ascensions sur la route de Val d’Isère, Depuis Bourg Saint Maurice au nord, pour 16 km à 6%, depuis Bonneval sur Arc au sud, pour 13,4 km à 7,3%.

Le moment fort : Lors du Tour 1992, Claudio Chiapucci, en partant dès les premiers kilomètres, lâche un à un tous ses compagnons pour terminer seul les cent derniers kilomètres et lâcher Indurain, victime d’une hypoglycémie, 3ème à 1m45.

7 – COL D’AUBISQUE

Tous les meilleurs grimpeurs y sont passés en tête avec un record pour Bahamontès (1954, 1958, 1963 et 1964), Majka et Ciccone étant les deux derniers à voir l’hôtel des Crêtes blanches en premier.

Fiche technique : Pyrénées, 1709 mètres. Par le versant ouest, il fait 16,4 km à 7,1%, par l’est, il faut y ajouter les 16,6 km à 5% du col de Soulor et les 5,4 km à 6% finaux.

Le moment fort : En 2012, survolté, Voeckler s’échappe dans la 16ème étape reine des Pyrénées avec l’enchaînement de l’Aubisque, du Tourmalet, d’Aspin et de Peyresourde, où il passe en tête pour gagner à Luchon avec 7 minutes d’avance sur Froome, Nibali, et Wiggins.

8 – COL DE PEYRESOURDE

Après guerre, Robic en avait fait son terrain d’expression favori en y passant en tête à quatre reprises (pour trois victoires finales), imité

par Bahamontès dans les années 50 avant de servir de rampe de lancement pour Bernard Hinault avec une première attaque en 1979 dans le Peyresourde qui le mit sur l’orbite d’un premier succès à Paris.

Fiche technique : Pyrénées, 1569 mètres. 10 km à 6,6% côté ouest, 15,3 km à 6,1% côté est, et des passages à 12% des deux côtés.

Le moment fort : En 1986, le duel Hinault-LeMond se joue aussi dans les Pyrénées, lors de la 13ème Hinault attaque le premier et passe Aspin et Peyresourde en solitaire… avant de payer ses efforts sur la montée de Super Bagnères au profit de son coéquipier américain qui gagne l’étape et le Tour.

9 – COL D’ASPIN

Le second col le plus visité du Tour (escaladé à 75 reprises) n’est pas le plus difficile et a toujours été un peu dans l’ombre du Tourmalet et de Peyresourde. Plus particulièrement aimé des coureurs Français, qui l’ont passé en tête à 31 reprises, les derniers étant Alaphilippe et Pinot en 2018 et 2022.

La fiche technique : Pyrénées, 1493 mètres. Par Arreau son accès est plus difficile (12 km à 6,7%) que par Sainte Marie de Blancan (12 km à 5%) avec des pointes à 10%.

Le moment fort : Le 15 juillet 1994, Virenque y effectue un de ses grands numéros, en revenant sur les échappées de la matinée d’abord, en passant Aspin et le Tourmalet en tête pour sa première victoire d’étape sur le Tour, laissant, le deuxième, Pantani à plus de 4 minutes.

10 – PUY DE DÔME

Après 35 ans d’absence, le volcan d’Auvergne revient dans la course pour une 14ème arrivée qui sera un des points forts de l’édition 2023. La mise en service d’un train panoramique en 2012, avec interdiction de toute circulation, avait fini par nous convaincre que le Puy de Dôme ne pouvait plus être le théâtre des plus grands exploits.

La fiche technique : Massif Central, 1465 mètres. 14 km d’ascension, les quatre derniers à plus de 12% de moyenne.

Le moment fort : Le mano à mano entre Anquetil et Poulidor en 1964 reste l’un des moments les plus forts de l’histoire du Tour qui permit à Poulidor de revenir à 14 secondes du maillot jaune… à l’issue d’une étape remportée par Jimenez.

Tom Boissy

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