jeudi 29 septembre 2022

Les coureurs les plus attendus du peloton en 2021

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Après une année 2020 aussi perturbée par la crise sanitaire que dépoussiérée par la montée en puissance d’une nouvelle génération de coureurs. Beaucoup de questions demeurent au moment d’attaquer 2021.

Alaphilippe sera-t-il le premier coureur de l’histoire à réaliser le doublé championnats du monde-Jeux Olympiques ? NON

Le 26 septembre 2021, c’est dans les Flandres qu’Alaphilippe défendra un titre magnifiquement acquis à Imola en 2020. Idéal pour les puncheurs, les 267,7 kilomètres du parcours entre Anvers et Louvain offrent une course typiquement flandrienne. À tous les postulants, avec la Moskesstraat, montée pavée de 550 mètres culminant à 17% en fin d’ascension, en juge de paix. Face aux spécialistes des Flandriennes, le Français a déjà prouvé sa capacité à faire plus que rivaliser. Sans sa chute sur la dernière Ronde, peut-être les aurait-il déjà battus en 2020…

En cette année olympique (24 juillet à Tokyo), pour le centenaire des championnats du monde, Alaphilippe rêve d’aborder ces Mondiaux avec une médaille d’or olympique autour du cou. Avec un doublé que personne n’a jamais réussi à faire. Dans l’histoire, seul un coureur est monté sur les deux podiums la même année, le Canadien Steve Bauer. Ce dernier, 2ème des JO de Los Angeles en 1984 et 3ème des Mondiaux d’Agrigente en Italie. Champion olympique en 2016, et proche du titre mondial la même année (10ème avec le même temps que le vainqueur, Sagan). Plus que le Français, c’est bien le Belge Greg Van Avermaet qui semble le mieux placé pour réaliser ce doublé inédit en 2021.

Van Aert et Van Der Peol, un sacré duel

Van Aert est-il meilleur que Van der Poel ? OUI

Point culminant de la rivalité néerlando-belge qui a dominé la fin d’année, le final épique du Tour des Flandres a laissé penser que Van der Poel avait pris l’ascendant sur Van Aert. Conforté par son ascendant dans la Coupe du monde de cyclo-cross. Le sentiment que le Belge est plus talentueux que le Batave (26 ans tous les deux) est bien fragile. Ce face-à-face battu en brèche par l’excellent bilan et les caractéristiques hors norme du coureur de Jumbo-Visma.

Capable de rivaliser avec les meilleurs sur tous les terrains, Van Aert n’a peut-être pas plus de talent que Van der Poel. Mais il a incontestablement un ou plusieurs coups d’avance.

« Quand on voit ce qu’il est capable de faire sur les sprints massifs, les contre-la-montre, dans les classiques et en haute montagne, témoigne le sélectionneur français Thomas Voeckler. Sachant qu’il est encore assez jeune pour progresser, on peut tout imaginer. »

Surtout le meilleur face à un Van der Poel pour qui la haute montagne est toujours un mystère. Et qui n’a pas encore les épaules, dans les grands Tours, pour pousser son meilleur ennemi dans ses retranchements.

Pogacar, la confirmation chez UAE ?

Pogacar peut-il s’offrir une Classique en 2021 ? OUI

On ne gagne pas trois étapes du Tour de France (en 2020), trois étapes du Tour d’Espagne (en 2019), à 20 et 21 ans. Sans espérer pouvoir gagner aussi, un jour, une grande Classique. Troisième de Liège-Bastogne-Liège, quatrième du Critérium du Dauphiné et neuvième de la Flèche Wallonne en 2020, le Slovène de 22 ans a tout l’avenir devant lui. De plus, il possède potentiel physique et mental hors norme pour enrichir très vite son palmarès. Plutôt que de se demander quelle grande course d’un jour il pourra gagner, il est plus pertinent de se demander quand il y parviendra.

Son programme 2021, axé sur le Tour de France et les JO, devrait lui permettre de jouer la gagne dans toutes les classiques du printemps. La facilité avec laquelle il a terminé sur le podium du dernier Liège-Bastogne-Liège, derrière Roglic et Hirschi (sur qui il pourra désormais s’appuyer !), au même rang qu’un Alaphilippe déclassé, témoigne qu’il n’a plus grand chose à apprendre. En 2021, on parie sur une des trois Ardennaises, plus proches du Tour et de son top de forme.

Martin la surprise française ?

Guillaume Martin est-il finalement la meilleure chance française pour gagner le Tour ? NON

Ou plutôt oui… à certaines conditions ! Depuis son premier Tour en 2017, conclu à une très honorable 23ème place, il n’a cessé de grimper au classement : 21ème en 2018, 12ème en 2019, 11ème en 2020, le coureur de Cofidis a les jambes pour entrer rapidement dans le Top 5. A 27 ans, il aborde les meilleures années de sa carrière en position de force. En gagnant le maillot du meilleur grimpeur pour sa première participation au Tour d’Espagne (14ème), il a encore renforcé sa confiance et confirmé son profil de coureur de grands Tours.

Mais, pour franchir un palier et aller chercher la victoire en 2021, il devra démontrer plus de caractère et d’esprit d’entreprise dans les moments qui comptent. Car, même si on en a le talent, on ne gagne pas le Tour en restant attentiste et prudent. N’estce pas Roglic…

Le Français en a en tous cas conscience. « Je sors d’une saison 2020 pleine de réussite, mais il y a aussi un peu de frustration, notamment celle de ne pas avoir levé les bras. J’ai envie d’y remédier rapidement en 2021 et si possible sur une course World Tour. Le graal pour cette nouvelle saison, ce serait de remporter une victoire sur le Tour de France.

Cela va peut-être m’obliger à aborder la course de manière différente en étant un peu moins focalisé sur le général et en ayant un peu plus de folie dans ma manière de courir. La Vuelta m’a donné des idées et le maillot à pois peut également devenir un objectif. »

Gaudu, le coureur surprise sur les grands tours ?

La Vuelta a-t-elle été le déclic attendu par David Gaudu pour gagner un grand Tour ? NON

Depuis sa victoire dans le Tour de l’Avenir en 2016, on attendait le coureur de la Groupama-FDJ au tournant. Pourquoi ? Notamment parce qu’il a précédé Bernal et Pogacar au palmarès de l’épreuve réservée aux moins de 23 ans. Mais aussi et surtout parce que sa 13ème place du Tour en 2019, à 23 ans, avait suscité pas mal d’espérances.

Malchanceux en 2020, blessé et obligé d’abandonner après la 16ème étape du Tour. Il a sauvé sa saison en remportant de belle manière deux étapes d’un Tour d’Espagne terminé à la 8ème place. S’il est peut-être le prochain vainqueur français d’un grand Tour, il ne semble pas encore prêt pour une année 2021 où il devra encore partager son ambition avec celle de Pinot. Le moment n’est pas encore venu d’assumer, à 24 ans, son statut de leader à temps plein.

Tour de France : les coureurs à surveiller de très (très) près

Démare peut-il ramener le maillot vert à Paris malgré Sagan ? OUI

Le dernier français à avoir ramené le maillot vert à Paris s’appelle Laurent Jalabert, en 1995. En 2021, Arnaud Démare aura la possibilité de fermer une parenthèse longue de 26 éditions. À condition que son équipe, Groupama-FDJ, le décide. Entre les ambitions de Pinot et Gaudu au général, et celles d’un sprinteur qui a besoin de coéquipiers bien spécifiques pour espérer accumuler les points. Madiot va peut-être devoir choisir.

Ou pas, s’il considère son effectif capable de jouer sur les deux tableaux. Et alors, face à la puissance et l’expérience du dernier vainqueur du maillot cyclamen, et de quatre étapes du Giro, encadré par le meilleur « train » du peloton, un Sagan en nette perte de vitesse ne pourra rien.

Froome peut-il vraiment rêver de gagner un 5ème Tour de France ? NON

Sa chute le 12 juin 2019, en marge de la préparation du Dauphiné, a eu de graves conséquences. Sur un physique qui était déjà, à 33 ans, en train de décliner, qu’il serait miraculeux de voir le Britannique redevenir intouchable en 2021, à 36 ans (le 20 mai prochain).

Il a les capacités mentales et physiques pour jouer les premiers rôles. Malgré l’inexpérience de sa nouvelle équipe, Israel Start-Up Nation, la concurrence est devenue telle. Depuis sa dernière victoire dans le Tour en 2017. Et même son dernier grand Tour gagné, le Giro en 2018, qu’il ne fait aucun doute qu’il n’égalera pas les cinq victoires d’Hinault, Anquetil, Indurain et Merckx.

Viviani et Bernal repartent de zéro

2020 n’était-elle qu’une année sans pour Viviani et Bernal ? OUI et NON

Sa victoire dans le Tour d’Occitanie l’avait placé sur les bons rails en 2020 pour confirmer son explosion de 2019. Mais, son abandon dans le Tour et sa blessure sérieuse et potentiellement problématique (une scoliose entraînant un mal de dos récurrent). Elle a plongé Bernal et son clan en plein doute. La nature insidieuse de sa blessure n’est pas opérable. Elle nécessite une révision complète de son programme d’entraînement. En plus de ses protocoles de renforcement musculaire qui peut limiter ses ambitions.

C’est un risque bien réel qui peut fragiliser sa position dans une équipe INEOS Grenadiers riche en têtes d’affiche. Et remettre en cause son retour à son meilleur niveau et, au-delà, la dimension de sa carrière. Dans un autre registre, le bilan d’Elia Viviani en 2020 est trop mauvais (aucune victoire)… pour être vraiment représentatif. Autrement dit, à 32 ans, le sprinteur de Cofidis a encore largement la possibilité de se refaire une santé dans sa nouvelle équipe. Deux ans après sa dernière victoire significative dans le Tour 2019.

Evenepoel, Roglic, qui aura la meilleure palette du coureur complet ?

Evenepoel est-il le nouveau Merckx ?

Le prodige belge de la Deceuninck n’égalera jamais le Cannibale des années 60-70. Le cyclisme a trop évolué pour lui permettre de dominer le peloton avec le même appétit et les mêmes succès. Mais la manière avec laquelle Remco Evenepoel est entré dans le métier, en remportant à 19 ans (record de précocité) sa première course professionnelle (la Classique San Sebastien) ne fait aucun doute sur son talent hors norme et son avenir XXL.

Malgré sa grave blessure lors du Tour de Lombardie. Elle a stoppé sa saison, il avait déjà beaucoup gagné (9 victoires). Il a pris rendez-vous pour un destin exceptionnel à la mesure d’un illustre prédécesseur. Au même âge, il n’avait encore rien gagné…

Roglic est-il le plus complet du peloton ?

Ce statut de roi de la polyvalence, coureur le plus complet du peloton, le Slovène le dispute au Belge Van Aert. Lui aussi à l’aise sur tous les terrains, cyclo-cross en plus. Mais le vainqueur de la dernière Vuelta surclasse ses concurrents dans ses capacités mentales et physiques. Evenepoel a cette faculté à se régénérer. à se relancer même après ses plus cruelles défaites. À l’image de son après Tour, où la perte du maillot jaune lors de l’avant-dernière étape ne l’a pas empêché de finir 6ème des Mondiaux. Puis de gagner Liège-Bastogne-Liège et la Vuelta pour finir en tête du classement UCI. Contre-la-montre, haute montagne et Classiques, lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, Roglic est tout simplement le meilleur. Parce qu’il est le plus complet.

Hirschi, le coureur qui compte chez UAE

Hirschi peut-il offrir à la Suisse un grand Tour ou est-il simplement le nouveau Alaphilippe suisse ? NON ET OUI

Révélation de l’année 2020, le Suisse de 22 ans a surpris en déchirant son contrat chez Sunweb (DSM) pour s’engager aux côtés de Pogacar au sein du team UAE Emirates. Il n’avait pas besoin de ce transfert, ayant démontré suffisamment de panache et de qualités offensives en 2020, pour démarrer 2021 avec un nouveau statut, plus d’ambition et de pression. Mais, changer de dimension, et de formation, ne signifie pas changer de profil.

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Hirschi a été Impressionnant sur les courses d’un jour, vainqueur de la Flèche Wallonne, 3ème du Mondial et deuxième de Liège-Bastogne-Liège. Le coureur de la Sunweb est encore bien trop limité en haute montagne pour espérer accrocher un grand Tour à son palmarès. A l’instar d’un Alaphilippe… dont il partage beaucoup de points communs, et d’abord cette persévérance qui lui a valu d’être élu super combatif du Tour… et qui sera bien utile à Pogacar dans sa quête d’un second Tour consécutif.

Ces coureurs qui ont fait leur come-back dans leur ancienne team

Bardet a-t-il fait le bon choix en quittant AG2R ? Oui

Avant de s’engager pour la Team DSM (exSunweb), l’Auvergnat savait qu’AG2R, grâce à l’arrivée de Citroën, partait sur un cycle de cinq ans avec plus d’ambition et davantage de moyens. Si ça l’a fait réfléchir longuement, ça n’a pas remis en cause sa volonté de se remettre en cause dans un autre contexte. Dans une équipe allemande hyper pro où beaucoup de jeunes sont en train d’éclore. Il a assez d’expérience et d’intelligence pour trouver une place. Et privilégiée puis cueillir, à 30 ans, enfin les fruits de dix années de professionnalisme qui ne lui ont pas suffisamment offert de grandes victoires.

Cavendish, Porte, est-ce vraiment une bonne idée de retourner dans son ancienne équipe ? Oui et non

Cinq ans après, le sprinteur britannique revient chez Deceuninck-Quick Step… sans rien avoir à perdre. Non retenu par Bahrain-McLaren, à 35 ans, Cavendish ne pouvait rêver meilleur dernier défi avec un manager, Patrick Lefévère, qui le connait par coeur et semble le mieux placé pour lui permettre de renouer avec une victoire qui le fuit depuis trois ans… tout en mettant la pression sur Sam Bennett, sprinteur n°1 de la formation belge.

La situation est bien différente pour Richie Porte qui, à 35 ans, a réalisé le meilleur Tour de sa carrière (3ème) et été un des seuls de l’ancienne génération à pouvoir suivre la nouvelle. Mais, en passant de leader chez Trek-Segafredo à équipier, de luxe, mais équipier tout de même, chez INEOS Grenadiers, on l’imagine mal conserver les mêmes prérogatives pour aller chercher un nouveau podium sur un grand Tour.

Quintana et Yates, deux coureurs désormais en leaders ?

Adam Yates va-t-il s’offrir son premier grand Tour en quittant son frère ?

Lieutenant de son frère, Simon, Adam a rejoint INEOS Grenadiers pour changer de statut et voler de ses propres ailes. En théorie… car en pratique, l’armada britannique ne lui permettra aucune faiblesse, surtout pas sur les grands Tours où les leaders potentiels vont se bousculer. De Bernal pour le Tour de France en passant par Carapaz sur la Vuelta et Geoghegan Hart sur le Giro, sa fenêtre de tir sera très réduite.

Nairo Quintana va-t-il être perturbé par les soupçons de dopage ? NON

Personne ne peut sortir vraiment indemne de tels soupçons… mais l’expérience du Colombien doit lui permettre de prendre assez de recul pour se consacrer à ses objectifs de 2021 au sein d’une équipe Arkéa Samsic qui lui a maintenu sa confiance en attendant les résultats de l’enquête et qui compte sur lui, et son co-leader, Barguil, pour rivaliser avec les meilleurs sur les grands Tours. A condition d’être invitée… donc lavée de tout soupçon !

Propos recueillis par Tom Boissy

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