lundi 17 juin 2024

Les secrets du nouveau roi du sprint, Jasper Philipsen

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Nouvelle référence du sprint mondial, Jasper Philipsen démontre à chaque course, vainqueur cette année de Milan-San Remo -, qu’il est encore capable de résister à la concurrence. A 26 ans, le coureur belge d’AlpecinDeceuninck a su prendre le temps de progresser pour devenir un coureur qui compte.

Qu’il semble loin le temps où, dans le peloton, Jasper Philipsen était appelé « Jasper The Disaster » (Jasper la Catastrophe). Un surnom qui trouve l’origine de ses années chez UAE Team Emirates quand il manquait les occasions de s’imposer, mais surtout connu de tous à l’occasion de la série Netflix sur le Tour de France.

L’espoir belge tardait à l’époque à confirmer les promesses de son talent au sein de l’équipe de Tadej Pogacar. Entre sa première victoire sur le Tour Down Under en 2019 et son premier succès d’étape sur la Vuelta 2020, il lui aura fallu patienter plus d’un an, l’année 2020 l’envoyant vers une autre formation ; Alpecin-Fenix.

Un choix judicieux qui va lui permettre de s’émanciper et de s’affirmer comme l’un des coureurs les plus rapides. Jimmy Casper a croisé Jasper Philipsen à ses débuts quand il était chez BMC Development Team, en 2017, et il a pu apprécier sa progression.

« Quand j’étais directeur sportif avec l’équipe de l’Armée de Terre, on ne peut pas dire qu’il sortait du lot. Mais je me souviens de lui grâce à son prénom. Jasper, ce n’est pas loin de Casper ! C’est un coureur qui a progressé doucement dans l’ombre de Van der Poel. Il a pris confiance en lui petit à petit. Il progresse d’année en année. »

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« Philipsen a pris conscience de ses capacités »

Chez Alpecin-Fenix puis Alpecin-Deceuninck, Jasper Philipsen a continué à prendre son envol que ce soit sur des Classiques ou sur des courses à étapes. Pour Jimmy Casper, le vrai tournant reste la victoire de Philipsen sur la dernière étape du Tour de France 2022.

« Il a pris conscience de ses capacités après sa victoire sur les Champs-Elysées. Cela s’est vérifié la saison d’après. Dès le début du Tour 2023, il a été emmené sur un plateau par Mathieu Van der Poel. Il a pris confiance en lui. Il a pris plus de risques pour aller chercher des victoires. Philipsen a eu le culot nécessaire pour bien se placer. C’est toujours plus facile quand on a la réussite. Il a la confiance, la réussite, il n’a plus peur de rater. » Aidé par son entente avec Mathieu Van der Poel, Jasper Philipsen joue sa partition à merveille. Tantôt leader, tantôt coéquipier de luxe.

« Le fait d’être coleader, c’est un plus aussi. Ça lui permet d’être au service de Van der Poel et inversement. Dans une autre équipe, il n’aurait pas fait la carrière qu’il réalise actuellement. Le cyclisme est de plus en plus exigeant. Il confirme que ce n’est pas seulement un sprinteur. »

« C’est aussi un gros moteur. Gagner Milan-San Remo, c’est une preuve de son talent. Il le répète aussi sur Paris-Roubaix. On ne peut pas battre les autres coureurs sur le Vélodrome de Roubaix si on n’a pas des capacités physiques supérieures. C’est plus un sprinteur à la Boonen. »

Cette saison, Jasper Philipsen démontre que le travail paye avec un succès impressionnant sur Milan-San Remo ou encore la Classic Bruges-La Panne. Capable également d’être pour la deuxième année consécutive sur le podium de Paris-Roubaix, Jasper Philipsen assume pleinement son nouveau statut de favori.

« Quand on remporte le maillot vert sur le Tour de France, on peut clairement être considéré comme le meilleur sprinteur du monde ou pas loin. » De quoi inciter Alpecin-Deceuninck à mettre le paquet pour le conserver au risque de le voir partir (Tudor, BORA-hansgrohe, UAE Team Emirates…).

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