lundi 4 mars 2024

Ligue 2 : Saint-Etienne peut-il encore y croire ?

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Julien Huët
Julien Huët
Journaliste

SAINT-ETIENNE – LAVAL (SAMEDI, 15H)

Engluée dans des tractations financières sur la vente du club depuis plusieurs années, fragilisée par des résultats sportifs en dents de scie, l’ASSE cherche la stabilité pour renouer au plus vite avec l’élite du football français. Rien de mieux qu’un match contre le 4ème du championnat, pour reprendre confiance.

Au moment d’entamer la nouvelle année, le club du Forez est toujours géré par la coprésidence de Bernard Caïazzo et de Roland Romeyer. Pourtant, une fois de plus, les deux copropriétaires laissaient filtrer leur volonté de céder le club le plus rapidement possible.

Depuis 2018, les projets de reprise se succèdent, sans aboutir à une vente définitive. Du rachat avorté des Américains de Peak6 à l’initiative d’un consortium d’investisseurs locaux, en passant par la folle rumeur d’un prince cambodgien une liste non exhaustive  l’ASSE reste dans le flou.

Dernier candidat en date, un investisseur anglais gérant une immense fortune familiale mais, là encore, rien d’officiel. Cette incertitude liée à la gestion financière des Verts impacte forcément leurs résultats sportifs et ne place pas le staff et les joueurs dans les meilleures conditions pour atteindre leur unique objectif : la remontée en Ligue 1.

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L’ASSE a limogé Batlles

Relégué en Ligue 2 lors de la saison 2021/2022, sanctionné de trois points de pénalité à la suite d’incidents survenus à l’issue de la défaite en barrages contre l’AJ Auxerre, l’ASSE a vécu en 2022/2023 un exercice longtemps cauchemardesque. Derniers du classement à la 15ème journée, les hommes de Laurent Batlles ont longtemps flirté avec la relégation en National avant de redresser la barre et de terminer à une encourageante 8ème place.

Malgré le départ à l’intersaison de Jean-Philippe Krasso, leur meilleur buteur, les Verts ont débuté la saison actuelle avec un effectif bâti pour jouer les premiers rôles en Ligue 2. Troisième budget du championnat avec 27 millions d’euros, l’ASSE possède un groupe mêlant l’expérience, avec des joueurs tels que Briançon, Cafaro ou encore Monconduit, et de jeunes prometteurs comme Sissoko, Bouchouari ou Fomba.

L’entame a été mitigée, mais les Verts ont accéléré et pointaient même à la 2ème place après la 12ème journée avec 2 défaites, 3 nuls et 7 victoires. Au tiers du championnat, l’ASSE était donc idéalement placée. C’était avant la crise, une de plus : cinq défaites de rang en Ligue 2 qui ont coûté sa place à Laurent Batlles, démis de ses fonctions le 8 décembre. Il a été remplacé par l’expérimenté Olivier Dall’Oglio.

Dall’Oglio à la rescousse de Saint-Etienne

Elu meilleur entraîneur de Ligue 2 en 2014, l’ancien coach de Dijon, Brest et Montpellier connaît la recette de la montée en L1 : « L’ASSE est un club historique, on doit tous être tournés vers cet objectif. Le staff, les joueurs, le public, tout ce qui fait le peuple vert. Tout est possible dans le football, par contre il faut faire une série. »

Engagé pour six mois, plus une année supplémentaire en cas de montée en Ligue 1, le Gardois tente depuis sa prise de fonction de relancer un groupe en totale perte de confiance : « Il faut faire sauter les verrous chez les joueurs. Beaucoup se sous-estiment. »

Le point du match nul ramené mi-décembre de Bordeaux (0-0) pour son premier match sur le banc stéphanois a stoppé la série de défaites. Après 19 journées, les Verts pointaient à 10 points de la 2ème place, mais à 3 seulement de la 5ème position.

Opération commando pour remonter dans le top 5

Car il est essentiel de rappeler le règlement, parfois méconnu : les deux premiers de la L2 montent directement en Ligue 1, alors que les clubs classés de la 3ème à la 5ème place disputent des play-offs pour gagner le droit de jouer un barrage contre le 16ème de Ligue 1.

Certes, cela s’apparente à un parcours du combattant, mais cette perspective offre un peu plus de latitude à l’ASSE, qui n’est pas décrochée de cette course aux play-offs. Si Saint-Etienne peut s’appuyer sur une certaine solidité défensive avec la 6ème défense du championnat, l’efficacité offensive est incompatible avec l’envie de retrouver l’élite. 20 buts inscrits en 19 journées, c’est trop peu pour y prétendre.

« Quand l’adversaire vient à Geoffroy-Guichard, il doit avoir peur »

Olivier Dall’Oglio l’a d’ailleurs relevé et compte sur l’arrivée d’un attaquant de profondeur au Mercato hivernal pour soutenir Ibrahim Sissoko, bien esseulé en attaque. Au motif des satisfactions, on note que les Verts figurent dans les premières équipes en termes de possession et de passes réussies. Le nouvel entraîneur et son staff vont pou￾voir s’appuyer sur ces points forts pour renouer avec la victoire et s’inscrire dans une dynamique positive  :

« C’est l’enchaînement des victoires qui va faire qu’il va se passer
quelque chose », espère le nouveau coach. Les Verts se lancent donc dans une haletante course à la montée en mode commando. Peu de place aux faux pas, il faut enchaîner les victoires et retrouver la dynamique du début de saison.

« Quand l’adversaire vient à Geoffroy-Guichard, il doit avoir peur », glisse Dall’Oglio, qui compte sur le soutien de toute une ville pour retrouver l’élite du football français. Reste à savoir si l’agitation permanente autour de la vente du club ne viendra pas parasiter les performances des Stéphanois sur le terrain.

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