mardi 23 juillet 2024

Martin Odegaard (Arsenal), l’artiste est arrivé à maturité

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La carrière du prodige norvégien, débutée à 15 ans sur les chapeaux de roues sous les feux aveuglants des projecteurs madrilènes n’a pas été aussi fluide que les fjords qui pullulent dans les vallées de son pays. Il a bien fallu neuf ans, trois prêts et un transfert vers Arsenal pour permettre à Martin Odegaard de devenir un des meilleurs milieux offensifs du monde.

Sa formation norvégienne


En avance sur son temps Il n’avait pas encore 16 ans (15 ans et 118 jours) quand il effectuait ses débuts avec Tromsgodset IF, en Tippeligaen (D1 norvégienne). Il ne les avait toujours pas quand il devenait, à 15 ans et 253 jours, le 27 août 2014, le plus jeune international de l’histoire de la Norvège. Parce qu’elle a été exceptionnellement précoce, son éclosion a effacé les limites traditionnelles entre la formation et le début de la carrière professionnelle.

Etabli dès ses 12 ans, son double surclassement l’a accompagné jusqu’aux portes du plus grand club du monde. Auparavant, pour sa première saison (2014) en Tippeligaen, il avait montré une maturité technique hors du commun avec 5 buts et 7 passes décisives (dont 3 dans le même match) en 23 matches.

Il n’en fallait pas davantage pour attirer tous les regards, ceux des clubs anglais, habitués à puiser dans le vivier scandinave, d’Arsenal où Wenger l’a invité à plusieurs reprises pour visiter les installations -, à Liverpool en passant par les deux clubs de Manchester, mais aussi du Bayern, où il s’est entraîné, et surtout du Real Madrid qui s’avère le plus prompt à lui offrir, à 16 ans, son deuxième contrat pro.

Odegaard au Real pour 4 millions d’euros

Le transfert, de 4 M€, défraie la chronique et s’accompagne d’une énorme exposition médiatique. Pour l’anecdote, révélatrice du mental hors norme du jeune homme, le soir où Martin a signé au Real, plutôt que de s’épancher sur les réseaux sociaux ou de fêter ça avec des copains de son âge, il a demandé au concierge les clés du stade indoor de Tromsgodset pour s’entraîner. Une heure après, il remettait les clés dans la boite aux lettres… et s’envolait vers son incroyable destin.

De son village où il était entraîné par son père, un ancien joueur pro, à Stromsgodset IF, s’était effectué dans la quiétude propre à l’environnement des clubs norvégiens, l’atterrissage à Madrid fut beaucoup plus difficile à assumer pour un joueur à peine sorti de l’enfance.

En se retrouvant du jour au lendemain à s’entraîner avec les meilleurs joueurs de la planète, dans le même vestiaire que CR7, Benzema ou Modric, entraîné par Zidane, Martin Odegaard va pour la première fois de sa jeune existence douter de lui et de son talent.

D’abord intégré à l’effectif de la Castilla, alors coachée par Zidane, le jeune norvégien ne tarde pas à faire ses débuts en Liga. Dans la continuité de son ascension expresse, le 23 mai 2015, il devient face à Getafe, en remplaçant… Cristiano Ronaldo, le plus jeune joueur de l’histoire du Real à évoluer en Liga. Il ne le sait pas encore, mais il allait devoir attendre cinq ans pour porter de nouveau le maillot merengue en Liga…

Des prêts à Heerenven et Vitesse Arnhem : se ressourcer en Eredivisie

Logiquement barré dans un effectif du Real qui finira par gagner la Ligue des Champions avec Kroos, Rodriguez, Casemiro, Kovacic, Modric, Isco, CR7 ou Asensio et Bale, le Norvégien est prêté en janvier 2017 à Heerenven, puis au Vitesse Arnhem jusqu’en juillet 2019. A 19 ans, ces deux ans et demi en Eredivisie s’avèrent déterminants dans sa progression.

Au-delà de statistiques correctes sans plus (69 matches, 10 buts et 14 passes), il trouve dans le championnat néerlandais des conditions idéales pour asseoir son jeu, gagner en confiance et monter doucement en puissance. Loin de l’agitation médiatique de ses débuts madrilènes, retomber dans l’anonymat lui permet de rester concentré sur l’essentiel, sur tous les axes de sa progression à travailler, d’abord son efficacité.

Le déclic à la Real Sociedad : Odegaard revient plus fort en Liga

Toujours sous contrat avec le Real, Zidane ne l’estimant pas encore prêt pour titiller les titulaires, un nouveau prêt lui est proposé du côté de San Sebastian. A 20 ans, Martin sait que ce retour en Liga est un premier vrai test à passer pour démontrer qu’il a franchi un palier.

Au début de la saison 2019/2020, son objectif est clairement assumé : démontrer qu’il a en lui le potentiel physique et mental d’un joueur du Real Madrid, ce que de plus en plus d’observateurs doutent, les mêmes qui en faisaient un futur Ballon d’Or lorsqu’il n’avait que 16 ans !

Après une saison pleine (31 matches de Liga, 4 buts et 6 passes) achevée avec une qualification européenne, la mission est accomplie. De la Real au Real, le retour de l’enfant prodige suscite énormément d’attentes à Madrid.

Intégré dans l’effectif des champions d’Europe, titulaire en début de saison, une blessure au mollet l’éloigne des terrains en fin d’année et brise sa prometteuse dynamique. Face à une concurrence aussi exacerbée, avec seulement 9 matches et aucun but à son actif, le bilan à la trêve n’est pas suffisant aux yeux de Zizou qui accepte le principe d’un nouveau prêt du côté d’Arsenal.

Ses débuts au Real Madrid : trop haut, trop vite, trop fort

Mais si le passage de Drammen, le club de son village où il était entraîné par son père, un ancien joueur pro, à Stromsgodset IF, s’était effectué dans la quiétude propre à l’environnement des clubs norvégiens, l’atterrissage à Madrid fut beaucoup plus difficile à assumer pour un joueur à peine sorti de l’enfance.

En se retrouvant du jour au lendemain à s’entraîner avec les meilleurs joueurs de la planète, dans le même vestiaire que CR7, Benzema ou Modric, entraîné par Zidane, Martin Odegaard va pour la première fois de sa jeune existence douter de lui et de son talent.

D’abord intégré à l’effectif de la Castilla, alors coachée par Zidane, le jeune norvégien ne tarde pas à faire ses débuts en Liga. Dans la continuité de son ascension expresse, le 23 mai 2015, il devient face à Getafe, en remplaçant… Cristiano Ronaldo, le plus jeune joueur de l’histoire du Real à évoluer en Liga. Il ne le sait pas encore, mais il allait devoir attendre cinq ans pour porter de nouveau le maillot merengue en Liga…

Arsenal, une évidence : un gunner né

Son arrivée à Londres en janvier 2021, pour un prêt de six mois ardemment souhaité par Mikel Arteta, est vécu par le clan Odegaard, son père notamment qui reste très proche de son fils, comme une des dernières possibilités de faire ses preuves au meilleur niveau. L’occasion aussi de reconnaitre la faute originelle d’avoir préféré, il y a six ans, le Real à Arsenal.

Dans un rôle de meneur de jeu, Martin trouve chez les Gunners le système idéal pour exploiter sa technique en mouvement et sa vision du jeu. Ses deux premiers buts, en Premier League lors du derby londonien face aux Spurs (2-1) et en Ligue Europa d’une frappe de 30 mètres face à l’Olympiakos en 8èmes de finale, témoignent d’une greffe réussie.

Ce que Wenger n’avait pas réussi à faire en janvier 2015, Arteta le réalise en août 2021 pour un transfert de 40 M€ et un contrat de quatre ans. Depuis, Martin Odegaard n’en finit pas de séduire avec des statistiques toujours en hausse et l’impression qu’il est enfin, du côté de l’Emirates Stadium, loin de Santiago Bernabeu, au bon endroit, au bon moment, lui qui est désormais le capitaine des Gunners.

Son palmarès : aux portes d’un premier sacre historique

Déjà à Arsenal lorsque la Real Sociedad remporte, face à Bilbao, une finale de Coupe d’Espagne 2020 repoussée en raison de la crise sanitaire à avril 2021, Odegaard n’a encore aucune ligne à son palmarès. Demi-finaliste de la Ligue Europa en 2021, c’est avec Arsenal qu’il a le plus de chances de l’inaugurer. Leaders de Premier League à mi-saison, les Gunners n’ont jamais été aussi proches d’ajouter un 14ème titre, 19 ans après le dernier en 2004.

A condition de résister à l’éventuel retour de Manchester City et de terminer dans le top 3… Martin se prépare à ajouter un quatrième match de Ligue des Champions à son cv, après ses deux premiers joués avec le Real Madrid en 2020. Sans oublier, son premier, de barrage, face au Steaua Bucarest avec Stromsgodset à l’âge de 15 ans et 6 mois !

En sélection avec Haaland : l’euro 2024 à l’horizon

Plus jeune joueur de l’histoire des phases finales de l’Euro (15 ans et 300 jours) en octobre 2014 face à la Bulgarie pour sa 3ème sélection, Martin compte déjà 47 sélections avec la Norvège, mais avec seulement 2 buts à son actif et 9 passes.

En attendant de participer à une première grande compétition internationale qui fuit son pays depuis l’Euro 2000 (1er tour) et la Coupe du Monde 1998 (8ème de finale), il constitue avec l’autre phénomène du foot norvégien, Erling Haaland, un duo qui fait rêver ses supporteurs.

Nommé capitaine depuis la saison passée par le sélectionneur Stale Solbaken, le n°10 norvégien tentera de se qualifier pour le prochain Euro 2024 en terminant à une des deux premières places d’un groupe A abordable avec l’Espagne, l’Ecosse, la Géorgie et Chypre.

Tom Boissy

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