lundi 26 février 2024

Matej Mohoric (Bahrain-Victorious) : « Repousser mes limites, en hommage à Gino »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

En hommage à son équipier décédé (Gino Mader), le Slovène Matej Mohoric veut briller, notamment sur le prochain Tour de France.

Pensez-vous être un meilleur coureur qu’en 2021 ?

Je pense effectivement que je le suis. Mais c’est pour beaucoup d’autres coureurs la même chose. Le niveau ne cesse de s’élever d’année en année. Chacun donne le meilleur pour progresser. C’est ce que j’essaie de faire également.

Les plus grosses équipes investissent énormément d’argent pour améliorer les choses, comme le matériel pour aller plus vite, avec des staffs de plus en plus conséquents et de plus en plus à la pointe. Personnellement, j’ai beaucoup plus d’expérience aussi. J’ai appris de mes erreurs. Je me connais mieux. J’adopte aussi un meilleur style en course, car j’ai appris quelque chose de nouveau lors de chacune d’entre elles.

Vous avez obtenu des résultats incroyables durant la deuxième partie de saison 2023. Comment expliquer une telle différence avec vos six premiers mois ?

Dans une carrière, il y a toujours des hauts et des bas. Quand quelque chose fonctionne bien, cela me procure un supplément d’âme, cela accroît ma confiance de sorte que je reste motivé pour continuer à bien faire. Le drame qui s’est produit lors du Tour de Suisse lors duquel nous avons perdu notre ami (Gino Mader, Ndlr) nous a rendus encore plus unis comme équipe. A titre personnel, cela m’a permis de montrer encore davantage un meilleur visage.

A chaque fois que j’étais à la limite, je ne cessais de penser à Gino en repoussant mes limites, pour lui rendre hommage. Car cette chance lui a été enlevée. J’ai travaillé très dur pour préparer le Tour de France. Je n’ai par contre pas réalisé tout ce que je souhaitais pendant le printemps. J’ai été déterminé à changer le cours des choses après.

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« Mes plus belles années sont devant moi »

Quelle leçon avez-vous tirée de 2023 dans la perspective de 2024 ?

J’apprends tout le temps. Il y a tellement de détails que je peux encore modifier. La saison dernière, nous avons fait de belles choses. Nous nous améliorons d’année en année. Je reste convaincu que mes plus belles années sont encore devant moi.

J’ai maintenant suffisamment d’expérience pour savoir comment gagner de grandes courses si j’exécute les choses parfaitement. Je n’ai rien à me prouver à l’entraînement ni dans les petites courses pour me donner confiance. Je dois néanmoins choisir mes objectifs avec soin pour essayer d’atteindre les plus importants.

Quelles sont vos ambitions en 2024 ?

Déjà je n’ai pas fini le travail sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Mon grand challenge sera d’être à nouveau prêt pour le Tour. Je ferai aussi des courses de Gravel. C’est une nouvelle discipline excitante. Je prends beaucoup de plaisir à la pratiquer. Je suis plus que jamais déterminé à défendre mon maillot de champion du monde la saison prochaine. Après le Tour, je verrai bien où je serai focalisé. Probablement sur les Jeux et les Mondiaux.

Avec un calendrier si surchargé en 2024 avec notamment ces deux épreuves, votre approche des grands Tours va-t-elle changer ?

Je vais me concentrer sur le Tour de la même manière. Depuis que je fais toute la campagne de classiques au printemps, il devient compliqué de courir le Giro. Et après le Tour de France, les courses World Tour constituent une bonne période pour moi. En général, je décide plutôt de ne pas aller sur la Vuelta.

La 9ème étape du Tour de France proposera 32 km entre poussière et cailloux autour de Troyes. Le champion du monde de Gravel que vous êtes estime-t-il que c’est une bonne idée ?

En tout cas, cela représente une chance pour moi sur une telle étape. Pour un coureur qui se battra pour le classement général, cela peut paraître risqué. Il peut y avoir du chaos et des chutes. Si la course perd un favori pour la victoire finale, ce n’est pas seulement un désastre pour le coureur en question et son équipe, mais c’est aussi une énorme perte pour la course et le spectacle. C’est une épreuve sur route après tout. Mais les organisateurs décident du parcours et les coureurs s’ils veulent gagner une course ou non.

Pour finir, avez-vous une pensée pour le regretté Gino Mader ?

Ce qui est arrivé a été le comble de la malchance. Cela a remis beaucoup de choses en perspective, comme ce que nous faisons pour vivre, tout en repensant nos valeurs. Ce drame nous a tous rapprochés collectivement. On veut se donner à 100% pour lui rendre hommage.

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