jeudi 13 juin 2024

Matej Mohoric (Bahrain-Victorious) : « Pogacar n’est qu’un être humain »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le vainqueur slovène Matej Mohoric du dernier Milan-San Remo se sent pousser des ailes avant le départ du Tour, une épreuve où il a remporté brillamment deux étapes l’an dernier.

Qu’est-ce qu’a changé votre récente victoire dans Milan-San Remo ?

Pas mal de choses. C’est mon plus gros succès depuis mon début de carrière. Cela a vraiment modifié la manière dont les autres coureurs me regardent maintenant. Ils me considèrent désormais comme un favori dans les courses dans lesquelles je cours. Cela altère aussi la façon dont je dois finir mes courses. Mais cela me donne également un avantage. Parfois, mes adversaires sont focalisés à se battre dans ma roue, alors que je suis concentré sur ma propre course.

Pouvez-vous comparer le coureur que vous étiez il y a deux ans et l’actuel ?

J’ai beaucoup plus d’expérience dans tous les domaines. Mon programme d’entraînement est bien plus étudié. Ma nutrition est bien différente aussi. Je sais mieux comment économiser de l’énergie dans une course. Je suis devenu plus efficace. J’ai une connaissance beaucoup plus fine du parcours des plus grandes courses, en particulier les classiques et ces grandes courses d’un jour. J’ai vraiment gagné en maturité.

Je sais bien mieux gérer le stress une fois descendu de vélo. Je suis également devenu père. Cela a changé ma perspective de vie. J’ai aussi beaucoup appris de mes erreurs de mes premières saisons en tant que pro. Je sais mieux me canaliser, comment travailler dur certains aspects. Je sais aussi mieux me détendre. Je ne me compare plus à qui que ce soit. Je fais ce que j’ai à faire.

Matej Mohoric, l’ambitieux du Tour de France

Pouvez-vous comparer votre joie de gagner un Milan-San Remo avec des étapes de grands Tours ?

Gagner un Monument est un accomplissement énorme. Mais mes deux étapes remportées sur le Tour l’an dernier occupent une place importante dans l’esprit des gens. Le Tour est suivi comme nulle part ailleurs ou aucune autre course. Certes, il y a plus de coureurs qui ont gagné une étape sur le Tour qu’un Monument, mais s’imposer dans une épreuve universelle qui est la plus grande dans le milieu cycliste a probablement une portée plus importante.

Plus de gens le savent, mais ma joie a été identique. J’ai été heureux et fier dans les deux cas. Je sais aussi à quel point le travail de mon équipe a été important pour en arriver là. On fait tous beaucoup de sacrifices pour bien faire notre métier. Quand cela arrive la joie est intense.

« Courir avec agressivité en tentant de reproduire ce qu’on a fait l’an dernier »

Vos ambitions sur le Tour à venir sont-elles importantes ?

Absolument. Mon but est d’essayer de gagner d’autres étapes. J’espère arriver sur le Tour dans la meilleure condition possible.

Vous sentez-vous maintenant capable d’accrocher une belle place au classement général du Tour ?

Je me sens bien mieux dans ce rôle de chasseur d’étapes.

Quels sont vos meilleurs souvenirs dans le Tour ?

Quand j’ai gagné mes deux victoires d’étapes l’an dernier (la 7ème et la 19ème, Ndlr). Quand on est monté aussi sur le podium à Paris en remportant le classement par équipes.

Quelles vont être les ambitions de la Bahrain-Victorious dans ce Tour ?

On va essayer de courir avec agressivité en tentant de reproduire ce qu’on a fait l’an dernier.

Pour Sonny Colbrelli aussi ?

Totalement. On pense énormément à lui. On reste beaucoup en contact avec lui. Il est dans notre cœur quand nous sommes en course.

Pogacar peut-il être battu cette année ?

Je ne sais pas. Sur le papier, il est un peu meilleur que les autres, mais tellement de choses peuvent se passer. C’est un être humain. Ce qui sert sa cause est qu’il ne ressent pas beaucoup la pression. Il adore courir. La course, c’est comme un jeu pour lui. C’est un bon ami. Je suis content pour lui quand il gagne.

Qui pourrait être son plus dangereux adversaire ?

Primoz Roglic. Vous êtes un très bon descendeur.

Pensez-vous faire un sport de plus en plus dangereux ?

Je ne crois pas que le cyclisme soit devenu plus dangereux. Beaucoup de choses ont été faites pour que ce sport devienne plus sûr et j’espère que dans le futur de plus en plus de choses seront faites en ce sens.

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