samedi 20 juillet 2024

Primoz Roglic : « J’ai deux options : gagner ou gagner ! »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Après avoir perdu le Tour, la veille de l’arrivée sur les Champs-Elysées, Primoz Roglic revient sur la Grande Boucle avec l’envie de valider enfin tout le travail de ces dernières années. Le numéro 1 mondial sait qu’il n’aura pas encore le droit à l’erreur face à une concurrence de plus en plus forte. Mais il arrive avec la même envie et la même motivation pour enfin accrocher son rêve de maillot jaune.

Comment expliquez-vous cette volonté de ne pas trop vous multiplier sur les courses depuis Liège-Bastogne-Liège et avant le Tour de France ?

Je suis toujours plus en forme et prêt à courir ou à prendre le départ d’une course après un stage en altitude. Je sais que ce genre de stratégie ou de préparation peut choquer, mais je peux seulement dire que c’est la préparation qui me convient le mieux. L’objectif principal étant d’être au top et le mieux préparé pour le début du Tour de France. C’est ce dont j’ai besoin. Je sais que ce n’est pas en étant sur des courses que j’aurai la garantie que je le sois mieux.

N’est-ce pas un risque d’arriver sans compétition ?

Pourquoi ça le serait ? Je pense que l’on cherche toujours de nouvelles méthodes de travail pour tenter d’être le meilleur. J’ai voulu faire un peu différemment cette saison pour préparer la suite de ma saison. On verra si c’était le bon choix, mais je fais exactement ce que j’ai dans la tête pour réussir avec de grosses séances de travail.

Primoz Roglic aborde le Tour de France plus frais mentalement

Ressentez-vous une certaine pression après la déception de l’an passé ?

Je fais juste en sorte d’être le plus prêt possible. Je sais que les stages en altitude me permettent d’avoir des certitudes sur la condition physique. J’ai pu avoir un peu de recul par rapport à l’année dernière. Dans ma tête, je voulais être le plus frais possible. Je ne voulais pas m’éparpiller et perdre de l’énergie avant, je sais pourquoi je le fais. Je me suis préparé pour être au top pendant trois semaines.

L’expérience du Dauphiné 2020 vous a-telle servi justement pour chambouler votre approche du Tour cette année ?

C’est surtout ma chute qui m’a fait changer d’avis (sourire). Ce n’est pas une expérience que je souhaitais revivre. Cela aurait été une véritable déception d’être contrarié dans sa préparation. J’ai fait Liège à fond et je n’ai pas ménagé mes efforts depuis. Si je veux être le plus fort sur ce Tour, je savais que ça passait par beaucoup de travail.

Arrivez-vous aujourd’hui à comprendre ce qui vous est arrivé sur le Tour 2020 ?

C’était incroyable. Mon rêve était devenu une réalité pour, au final, tout perdre. J’ai fini 2ème, mais derrière j’ai réussi à rebondir en remportant de grandes victoires. C’est la dure loi du sport. J’étais presque plus déçu pour mes coéquipiers qui avaient fait un énorme travail que pour moi. Tout le monde rêve du Tour de France.

On en était proche. J’ai vécu au final une superbe expérience et je sais que ce n’est pas terminé. En rentrant chez moi, j’ai tout de même ressenti une grande fierté de la part de mes proches. Mais je n’oublierai pas la sensation que j’ai eue le soir de la Planche des Belles-Filles… J’étais vraiment déçu. C’était fort d’être face à son échec.

Ça nous ramène à notre condition humaine. On a beau savoir que l’échec existe, c’est toujours difficile de l’accepter. C’était un choc. Surtout que ça impactait tellement de choses autour de moi. Je sais que j’aime dire que l’on gagne ensemble, mais que je perds seul, mais la réalité n’est pas vraiment celle-là.

Primoz Roglic veut gagner sur le Tour

Pourtant, vous sembliez tellement fort…

(Il coupe) J’avais cette sensation-là aussi, mais tout a été chamboulé sur un jour sans. C’est le sport.

Vous sentez-vous plus fort ?

On peut le dire. On apprend toujours de ses erreurs et de l’expérience que l’on emmagasine au fur et à mesure des années. Je suis un coureur différent de mes débuts. Le vélo n’est pas seulement l’histoire d’un face à face entre deux coureurs. C’est le cumul de petits détails qui font la différence. Il y a de nombreux coureurs qui ont aussi progressé depuis l’an passé. C’est forcément le cas de Tadej (Pogacar). L’an passé, il a été le plus fort. Il l’a mérité. On repart sur un nouveau Tour qui me semble plus ouvert.

Pour ce Tour, arrivez-vous dans la peau d’un outsider ?

Je sais que l’objectif est de gagner… ou de gagner (sourire). Je vais donner le meilleur pour atteindre cet objectif. Ce ne sera pas simple, je le sais. La concurrence voudra contrarier mes plans. Mais j’ai confiance en mes coéquipiers et mon équipe pour réussir. J’accepte l’idée d’affronter plus fort que moi, surtout si je gagne à la fin (rires)…

« Etre le plus frais possible dans ma tête »

Comment espérez-vous battre Tadej Pogacar cette année ?

Ce sera un long chemin. Je ne peux pas dire que les chronos vont m’avantager car il a démontré qu’il savait aussi être rapide. Je ne vais pas me focaliser sur le fait de le battre. Ce serait une erreur. Il est le vainqueur sortant. Il devra prendre ses responsabilités et ne pas se cacher. C’est différent de courir pour ne pas perdre. Je ne sens pas de pression particulière. Je sais que, si je donne mon maximum, j’aurai à mes côtés une équipe incroyable qui pourra m’aider à me surpasser et atteindre mon rêve.

Votre victoire sur le Tour du Pays basque, cette année, devant lui, peut-elle vous servir de répétition pour le Tour de France ?

Je ne sais pas. C’était la première fois que l’on courrait ensemble cette année. Ça s’est bien passé pour moi. Mais c’était il y a longtemps. Les choses ont évolué depuis. On va tout faire pour donner de belles émotions aux gens. Je ne ressens pas un stress particulier. C’est surtout une excitation de vouloir bien faire.

Pour Roglic, le cyclisme s’améliore

Pensez-vous que le niveau mondial est de plus en plus fort ?

C’est une évidence. Tout le monde se connaît de mieux en mieux. Les préparations sont de plus en plus précises. On ne peut pas dire que l’on ne peut pas être au top physiquement un jour. Cela se voit tout au long d’une saison. La différence se fait surtout dans les têtes et sa capacité à répéter les efforts. Il suffit de voir les noms qui composent le peloton pour comprendre que le niveau est super élevé aujourd’hui. On se pousse ensemble à être le meilleur.

Pensez-vous que le parcours de cette année peut vous convenir ?

J’ai vu qu’il y a de belles étapes. J’ai surtout étudié les chronos, mais je sais que je suis prêt à donner le meilleur tous les jours pour ne pas avoir de déceptions. Le Tour ne se gagne pas sur une unique étape, mais on peut par contre le perdre. J’en sais quelque chose (sourire).

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