mardi 5 mars 2024

OM : Jonathan Clauss, l’heure de la maturité

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Un an après avoir manqué le Mondial 2022, Jonathan Clauss a repris des couleurs avec l’Olympique de Marseille. De nouveau appelé en équipe de France, le natif de Strasbourg veut aller de l’avant pour s’imposer définitivement en Bleus.

Il avait été l’un des joueurs les plus déçus de ne pas se rendre au Qatar. A 31 ans, l’Alsacien vivait pleinement son rêve Bleus avec l’ambition de s’installer en équipe de France. Mais la décision de Didier Deschamps de ne pas le prendre a freiné l’ascension de Jonathan Clauss.

Sur la deuxième partie de saison, le défenseur olympien ne cachait pas son spleen et tardait à repartir de l’avant. Il a dû prendre son temps et surtout couper pour redevenir le joueur qu’il était à ses débuts en Ligue 1 avec Lens.

« Cet été, j’ai réussi à vraiment switcher par rapport aux déceptions et aussi par rapport à la pression qu’il y a pu avoir lors de cette première année à Marseille, révélait-il à Jérôme Rothen au moment d’expliquer son renouveau. Il fallait effectuer un travail dessus. J’ai énormément discuté avec quelqu’un pendant deux mois. On a mis pas mal de choses en place. »

Aujourd’hui, Jonathan Clauss a remis le bleu de chauffe avec l’OM pour reconquérir les cœurs et s’inviter de nouveau en équipe de France. Pour l’avoir connu à Quevilly-Rouen, Emmanuel Da Costa n’est pas surpris par le niveau de Jonathan Clauss.

« C’était déjà un véritable talent. Il avait des qualités au-dessus de la moyenne. Il était capable de mettre des bons ballons de partout. Il a su profiter de ses différentes expériences pour se forger un caractère et une soif de réussir exceptionnel. Je suis impressionné par le niveau qu’il affiche maintenant. »

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« Un latéral avec un profil différent »

Si l’OM va mieux, c’est aussi grâce aux prestations de Jonathan Clauss qui veut maintenant capitaliser sur cette saison pour encore passer un cap. Didier Deschamps justifiait pourquoi il avait décidé de rappeler Clauss en octobre.

« Dans la lignée de ce qu’il fait avec son club, il a cette capacité technique à ne pas être embêté avec le ballon et à se projeter en phase offensive. C’est quelque chose d’intéressant, on ne néglige pas l’aspect défensif même si on n’a pas été mis énormément en difficulté sur cet aspect-là. Ça dépendra aussi de l’adversaire. Il était avec nous avant la Coupe du monde, mais évoluait régulièrement dans un rôle de piston en club. Là, il est plus un latéral, il connait bien son sujet avec un profil différent de ceux qui ont joué ici jusqu’à maintenant. »

Il est vrai que, pour beaucoup, Clauss n’était qu’un piston mais, ces derniers mois, il a aussi démontré sa capacité en défense pour devenir un véritable latéral, capable de jouer à droite et aussi à gauche. Et il n’a pas manqué ses retrouvailles en Bleus avec une passe décisive face aux Pays-Bas (2-1). De quoi confirmer le choix de Didier Deschamps. « C’était son retour, il a été comme il est, avec beaucoup d’aisance technique. C’est un arrière latéral porté vers l’avant, il dégage de la tranquillité et toujours cette capacité à verticaliser. »

Avec Gennaro Gattuso, Jonathan Clauss retrouve un entraîneur à poigne exigeant, capable de le pousser dans ses retranchements. L’international français l’a d’ailleurs reconnu.

Clauss très à l’aise avec Gattuso

« Il est derrière moi, on a beaucoup de discussions. Il aime pour l’instant ce que je propose. Donc c’est tant mieux pour moi. C’est un gagnant, un bagarreur, un combattant dans l’âme. Il a cette grinta que je n’ai peut-être pas autant développée que lui. C’est là-dessus qu’il vient beaucoup me chercher. Cet aspect chien, avoir la dalle. Parfois, il en exagère, mais je n’en rigole même pas du tout, je ne prends absolument rien à la rigolade. Quand il vient me chercher dessus, je sais qu’il a totalement raison. C’est pour ça que ce qu’il peut m’apporter là-dessus, je peux encore gratter dedans. »

Physiquement, son entraîneur réclame plus. Il demande énormément d’activité à ses joueurs, mais surtout à ses latéraux. Jonathan Clauss le prouve à chaque match. Mais le Marseillais n’a pas la mémoire courte. Il sait que dans le football tout peut aller très vite. On peut tutoyer les étoiles, mais vite retomber dans l’anonymat. Jonathan Clauss a déjà prouvé qu’il n’est pas du genre à l’oublier.

S’il a bataillé sur le terrain pour retrouver l’équipe de France, c’est pour valider tous les efforts consentis au fil des années que ce soit à Raon l’Etape, à Avranches, à QRM puis à l’Arminia Bielefeld. En moins de cinq ans, il a su se faire un nom grâce au RC Lens avant de devenir une référence avec l’OM. Et cela ne devrait pas finir encore car Clauss est (re)devenu le boss.

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