mardi 5 mars 2024

Pablo Longoria : « Sampaoli nous a redonné de l’espoir ! »

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Deux mois après avoir pris, seul, les rênes d’un club dont il est le plus jeune président de l’histoire, Pablo Longoria a fait le point devant un parterre de journalistes. N’éludant aucun sujet, sans jamais se départir de son sourire et sans oublier de se féliciter d’être allé chercher Jorge Sampaoli.

Les premiers mois de sa présidence : « Remettre le foot au centre du projet »

« Ce fut un changement important. Je suis très heureux d’avoir la possibilité d’être le président de l’OM, un gros privilège et une responsabilité importante que j’ai abordée avec la volonté de mettre le foot au centre de notre projet. Mon profil étant d’abord sportif, cela m’a demandé un temps d’adaptation, où j’ai pris beaucoup d’infos, pour parvenir à trouver mon équilibre. Je pense y être parvenu aujourd’hui. »

Les rumeurs de vente : « McCourt n’est pas vendeur »

« Je suis toujours surpris de voir ce sujet revenir dans l’actualité quand bien même, depuis janvier dernier, Frank McCourt, à travers un communiqué, n’a jamais cessé de dire qu’il n’était pas vendeur. Il l’a dit et répété aux supporteurs et avec lui nos discussions ne portent que sur le futur du club. A Marseille, beaucoup de gens ne s’intéressent au club que pour mieux le déstabiliser.

C’est peut-être une manière de faire du business en France, avec beaucoup d’intermédiaires qui cherchent à s’immiscer dans les processus. Par expérience, je peux dire que lorsqu’il y a une vraie volonté de vendre, on n’en parle jamais dans la presse, ça reste secret jusqu’au bout. »

La santé financière de l’OM : « La chance d’avoir un propriétaire solide »

« Nous nous posons beaucoup de questions comme tous les clubs et les championnats dont les recettes dépendent en majorité des droits télés. Je crois qu’en Europe l’Atalanta Bergame est le seul club à présenter un bilan positif de plusieurs dizaines de millions d’euros. Bravo à eux ! Beaucoup d’insécurité accompagne tous les autres en France dans la perspective de la période 2021-2024, et la négociation des nouveaux droits télés. Mais, dans ce contexte européen difficile, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un propriétaire très solide financièrement. »

L’identité de jeu : « S’adapter à l’histoire du club »

« Dans un club comme l’OM, même si vous avez des conceptions de jeu, vous devez vous adapter à son histoire, son identité profonde. L’identité de jeu ici, c’est ce que veulent voir les supporteurs, c’est-à-dire une équipe très solidaire, très collective et agressive, qui suscite des émotions, avec des joueurs qui s’identifient à ces valeurs-là. C’est dans ce sens que nous travaillions. »

L’organigramme, les anciens : « Valoriser les anciens, revoir la méthodologie de la formation »

 « L’histoire du club est tellement importante qu’on ne peut pas mettre les anciens de côté, c’est impossible. Le respect par rapport à tout ce qu’ils ont fait pour le club est une évidence que je veux valoriser.

J’ai déjà eu des rendezvous avec certains et notre intention est de les intégrer à la vie du club, à l’instar de Basile Boli qui va continuer à nous représenter. Il y a de la place pour eux à l’OM.

Nous avons aussi voulu modifier l’organigramme, restructurer la cellule de recrutement, pour remplacer David Friio qui est devenu directeur sportif, par Mathieu Louis-Jean (ancien scout de Liverpool, Manchester United ou Nice), qui a une grosse expérience internationale et est un des meilleurs recruteurs en France, et revoir la méthodologie du département formation.

On va travailler sur l’identification du jeu avec Jean-Claude Giuntini (ancien sélectionneur national des U19) et Denis Moutier (ancien responsable du pôle espoir d’Aix-en-Provence). »

L’ancrage régional : « Recruter à Marseille pour être crédible »

« Il y a deux façons de développer un centre de formation : en s’appuyant sur une certaine méthodologie ou sur du recrutement. Ici, à Marseille, nous pouvons faire les deux. On ne peut pas espérer recruter un jeune joueur en Suisse ou en Afrique si on n’est pas capable de le faire aussi dans notre propre ville. Pour être crédible, un club sérieux doit être très fort dans son environnement proche. C’est fondamental. »

Jacques-Henri Eyraud : « Je le respecte beaucoup »

« Je suis reconnaissant à Jacques-Henri de m’avoir choisi et je suis conscient que c’est grâce à lui que je suis là. J’ai été éduqué comme ça, je respecte celui qui m’a tendu la main. Aujourd’hui, il est vice-président du conseil de surveillance et représente le club dans les instances. »

Le recrutement : « Vendre ne signifie pas forcément s’affaiblir »

« La tendance, partout en Europe, n’est évidemment pas à effectuer des investissements financiers importants en matière de transferts. Ce Mercato s’annonce difficile et doit nous permettre de nous questionner sur notre fonctionnement. La réalité est que nous devons faire avec nos moyens actuels, ce qui n’empêche pas d’avoir de l’ambition.

Si l’OM est un des clubs français les plus forts, c’est en raison de son histoire, de ses supporteurs, de l’ambiance de son stade… mais aussi de sa capacité à vendre des joueurs. Il ne faut pas considérer qu’on s’affaiblit forcément en vendant des joueurs si on les vend bien et au bon moment et, surtout, si derrière on fait ce qu’il faut pour réinvestir l’argent intelligemment. Nous y travaillons.

Une fois que nous aurons réglé les prolongations de contrats, on va s’attacher à faire un mixte entre jeunes joueurs capables d’amener de l’enthousiasme et de la fraîcheur et joueurs d’expérience habitués à évoluer au plus haut niveau sous la pression. Parce qu’on devra certainement intégrer de nombreux nouveaux joueurs, il faudra qu’ils soient compatibles avec la philosophie de jeu de notre entraîneur. On est focalisé là dessus. »

Les ambitions : « Dans le top 5 en 2021, dans le top 3 en 2022 »

« On a l’obligation de tout faire pour terminer le championnat le plus haut possible, le devoir de tout faire pour offrir l’Europe à nos supporteurs. Certes, la Ligue Europa n’a pas le même impact que la Ligue des Champions, mais ça reste l’Europe, une vitrine qui permet à d’autres clubs de briller et d’exister au-delà de leurs frontières. Pour le recrutement, une qualification européenne n’est jamais inutile pour convaincre les joueurs de nous rejoindre. C’est une question de visibilité. Pour la saison prochaine, on ne peut pas viser autre chose qu’une place sur le podium. »

La L1 à 18 clubs : « Moins de matches, plus de spectacle »

« La tendance est à la baisse des effectifs dans les clubs et l’avenir du foot est aussi à une baisse des équipes dans les championnats, pour les rendre plus compétitifs, plus intéressants sportivement donc également plus attractifs financièrement. Or Premier League, si le championnat le plus spectaculaire est en Allemagne, ce n’est pas un hasard, il n’y a que 18 clubs en Bundesliga.

La réflexion mérite en tout cas d’être faite et le débat est ouvert dans cette période où le modèle économique de beaucoup de clubs ne fonctionne plus ou mal. Je suis aussi très attaché à la santé des joueurs qu’on se doit de protéger pour leur permettre d’être au top de leur forme et donc de produire un spectacle de qualité. »

L’impact de Sampaoli : « Il vit au club, il vit le club ! »

« On est conscient qu’on verra le vrai visage de l’OM de Sampaoli la saison prochaine même si je n’aime pas parler de transition car à l’OM l’exigence est beaucoup trop grande pour ça. Avant son arrivée, il faut se souvenir que nous étions en grande difficulté.

Depuis, il a inversé la dynamique, redonné de l’espoir et énormément de confiance à tout le monde. Il vit au club, il vit le club… c’est ce profil d’entraîneur que nous voulions. Au-delà des résultats qui sont excellents, aucun nouvel entraîneur n’avait fait mieux avant lui, dans son implication au quotidien, on est très satisfait de son travail. »

La polémique avec les entraîneurs français : « Se poser les bonnes questions…»

« Cette saison, en Europe, les clubs français n’occupent que le 8ème rang UEFA… Il faut se poser des questions. Je respecte beaucoup les entraîneurs français, mais je m’interroge sur une formation qui produit beaucoup de jeunes joueurs très talentueux, mais individualistes quand les Espagnols que je connais bien abordent davantage leur carrière sous l’angle d’un projet collectif.

Je me demande si ce n’est pas le fait d’entraîneurs qui n’ont pas de style propre donc qui peinent aussi à exercer à l’étranger… »

Les supporters : « Les faire participer davantage »

« Il était important, à travers la nouvelle convention que nous avons signée, de reprendre contact avec les supporteurs sans lesquels nous ne pourrions pas vivre. La crise sanitaire complique la situation, mais notre volonté est claire de les faire participer davantage à la vie du club. Pour ce qui est des fumigènes, qui ont un coût économique élevé pour nos finances, il faut rester dans la réalité et fonctionner dans un cadre légal. »

Le foot marseille

Retrouvez la version longue de l’interview du président de l’OM dans Le Foot Marseille, en vente ici ou chez votre marchand de journaux.

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