dimanche 26 mai 2024

Paul Lapeira (Decathlon-AG2R La Mondiale) : « Je me suis rendu compte que je suis capable de gagner de belles courses »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

L’année 2024 restera l’année de l’émancipation pour Paul Lapeira (24 ans). Impressionnant lors des premiers mois avec des succès sur la Classic Loire Atlantique, Cholet Agglo Tour et la 2ème étape du Tour du Pays basque, le coureur de Decathlon AG2R La Mondiale a été brillant sur les Classiques ardennaises.

Comment jugez-vous votre début de saison ?

Je suis super satisfait. Je n’aurais jamais imaginé aussi bien. Mon objectif de la saison était de gagner une fois. Je l’ai déjà fait trois fois (sourire). J’ai aussi fait 5 à l’Amstel puis j’ai flirté avec un Top 10 sur Liège-Bastogne-Liège. Donc c’est génial.

Avez-vous eu une prise de conscience sur vos capacités ?

Je ne pense pas qu’une chose explique tout. J’ai progressé grâce notamment à la Vuelta de l’an passé qui m’a permis de passer un cap physique. On l’a visualisé cet hiver en fonction des données que l’on avait. La progression a vraiment été grande. Le fait de progresser donne de la confiance.

Ça se traduit par un premier bon résultat. Je suis capable de gagner en Coupe de France avec un week-end où je remporte Loire Atlantique puis Cholet. La première du samedi a été un déclic. Ça m’a permis d’avoir un boost de confiance qui me fait gagner le lendemain. Ça fait effet boule de neige.

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Lapeira, une progression physique impressionnante

En 2021, quand vous remportez le Piccolo Lombardia, avec les U23 d’AG2R, cela a-t-il été compliqué de répondre aux attentes que cela suscite derrière ?

Il est évident que physiquement le niveau World Tour, c’est quelque chose. Il y a une différence avec la Coupe de France. En arrivant chez les pros, j’étais ambitieux. Ensuite, l’écart de niveau est tellement grand que je me suis mis sérieusement au travail. La progression ne se fait pas par magie. J’ai été sérieux sur mes deux premières années. Même si les résultats n’ont pas été probants, comme je l’espérais.

Je le progressais linéairement comme je le fais depuis que je suis jeune. Je n’ai jamais douté de moi. Le cyclisme actuel pousse à ce qu’on soit performant de plus en plus jeune. Je pense que je suis encore sur l’ancien format et la majorité des coureurs avec un top de carrière entre 25 et 30 ans ; Je sais que j’ai encore une marge de progression. À mon âge (24 ans le 25 mai, Ndlr). Je pense que j’ai des paliers à passer. Mais il faut prendre ce qu’il y a à prendre dès maintenant.

« Il va falloir que je réponde à de nouvelles attentes »

Est-ce l’année déclic pour vous ?

Je pense que l’on fera le bilan en fin de saison. Mais ça y ressemble. Elle n’est pas encore terminée. Ça va générer des attentes. Il faudra y répondre. Tout ce qui se passe depuis quelques semaines, c’est un peu une surprise pour beaucoup de monde. Chaque performance est un bonus. Les ambitions au départ seront différentes. Le statut changera forcément. Ma saison est déjà réussie et tout ce qui vient sera du bonus. Ce n’est pas pour autant que je vais me relâcher et ne plus être sérieux. Je garde ma ligne de conduite et mon sérieux. J’ai envie de plus.

Le fait de suivre les meilleurs vous surprend-il ?

Depuis l’Amstel et Liège, j’ai un nouveau niveau de confiance. Je me dis que j’ai le niveau pour aller titiller les meilleurs mondiaux. Il n’y a plus de complexes à avoir. A la pédale, il y a des choses bien à aller chercher. Je me suis rendu compte de ce que je suis capable de faire.

Avez-vous douté ces dernières années ?

En passant pro, sur mes premières courses, je me suis dit que l’écart de niveau avec les tous meilleurs était abyssal. J’ai eu une sacrée progression cette année qui me permet de jouer devant. Je me suis rendu compte que la différence n’était pas si énorme. Il fallait la combler. C’est déjà une réussite d’en être là maintenant.

Paul Lapeira, la surprise de Decathlon-AG2R

Est-ce gratifiant d’autant plus que l’équipe tourne bien cette saison avec déjà plus de 10 victoires (12 fin avril) ?

L’équipe marche super bien. Mon cas est l’illustration parfaite de la confiance, d’une dynamique collective qui influe sur un individu. Les bons résultats de l’équipe se sont répercutés sur moi directement. Ça m’a donné cette envie d’aller gagner une première fois et de continuer derrière. Ce n’est pas le fruit du hasard ce qui nous arrive.

Il y a du travail et des décisions qui nous aident dans ce sens. On a une force collective cette année. On est super heureux du partenariat avec Decathlon et Van Rysel. On est heureux de rouler sur leurs vélos. Ils sont géniaux. J’en rigole souvent avec mes coéquipiers, mais ça me donne envie de rouler en Van Rysel toute ma carrière (sourire).

Quelle est la suite pour vous maintenant ?

Du repos déjà (sourire). Je vais me ressourcer mentalement avant de repartir sur des stages pour préparer la deuxième partie de la saison. Sans de réelles certitudes sur la suite de mon calendrier. Mais il y aura encore des découvertes. J’ai forcément envie d’aller sur le Tour, mais il y a une équipe à construire autour de Felix (Gall). On verra cela avec l’équipe. Si ce n’est pas le Tour, ce sera la Vuelta. L’important sera de continuer à progresser.

Comment garder cette fraîcheur qui vous anime sur les courses ?

Je suis un gagneur. La course m’anime. Cet état d’esprit et cette envie, je vais les garder. Même si j’ai déjà gagné trois fois cette année, j’en veux d’autres. Je me suis rendu compte que je suis capable d’en gagner des belles. J’en rêve d’autres. La dynamique dans l’équipe est tellement bonne. On en veut toujours plus. Je suis déjà impatient de retourner en course.

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