dimanche 21 avril 2024

Peloton : faire carrière dans une seule équipe est-il encore possible ?

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Après le départ de Bardet d’AG2R, pour ceux qui se demandent s’il est encore possible, au XXIème siècle, d’effectuer au sein du peloton toute une carrière dans la même formation. Les exemples de Pinot, Démare, Valverde, Thomas ou Ladagnous accréditent cette thèse.

Dans les années 60 toute la carrière de Raymond Poulidor a été balisée par une seule et même formation, Mercier-Hutchkinson, sponsorisée tour à tour par Fagor, Gan ou Miko. Dans les années 80 Miguel Indurain aura été le même symbole d’une fidélité gagnante avec l’équipe Reynolds devenue Banesto sous l’égide de José Miguel Etchevarri.

Plus près de nous, au gré des changements de partenaires et de noms d’équipes, Thomas Voeckler n’a jamais lâché les projets portés par Bernaudeau. De Beaujour à Direct Energie en passant par Brioches La Boulangère, Bouygues Telecom ou Europcar, Voekcler a suivi.

Aujourd’hui si les difficultés économiques ont compliqué la continuité des projets sportifs et réduit l’engagement financier des grandes entreprises dans la durée, le lien qui unit un manager à un coureur demeure une valeur refuge. Cette fidélité accompagne encore certains, rares, pour les pousser à ne jamais aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.

Et de parler davantage de galaxie que d’équipe ou de formation à proprement parler. Celles du Mayennais Marc Madiot, du Vendéen Jean-René Bernaudeau ou du Rhodanien Vincent Lavenu génèrent en France de belles histoires de fidélité.

Le peloton compte sur des fidèles comme Thibaut Pinot

Autour du premier et de la Française des Jeux, devenu Groupama-FDJ, on retrouve encore Thibaut Pinot, 30 ans depuis 2010, William Bonnet, 38 ans et Arnaud Démare, 29 ans. Tous les deux depuis 2011 et surtout le plus assidu de tous, Matthieu Ladagnous, 35 ans, en place depuis 2006, presque aux origines (2002) d’une équipe à laquelle il n’a jamais cessé de s’identifier.

La galaxie de Jean-René Bernadeau a une strate de plus avec Vendée U. Une équipe amateur qu’il a créée en 1991. Elle alimente ses formations pros, de Castorama à Direct Energie. Ainsi, en 2020, et depuis 2014, Fabien Grellier (26 ans) montre la voie au petit nouveau, Mathieu Burgaudeau (22 ans), pur produit de la formation vendéenne.

Le troisième larron tricolore, Vincent Lavenu, à l’origine de la création d’AG2R La Mondiale en 1994, aura été à deux doigts de générer une des plus belles fidélités du peloton du XXIème siècle. Avec le duo Romain Bardet et Pierre Latour (30 ans et 27 ans), issu du Chambéry CF, structure de formation liée à AG2R.

Avant que les deux compères qu’on pensait inséparables et indissociables de leur manager décident cet automne de changer d’air… Et de laisser à d’autres le soin de perpétuer la légende des coureurs d’une seule équipe.

Valverde, l’increvable coureur emblématique de la Movistar

Le plus emblématique de tous est sans conteste Alejandro Valverde. À 40 ans, le coureur espagnol ne semble toujours pas vouloir s’arrêter. Chez Movistar depuis 2005, époque Iles Baléares Banesto, sous l’égide du manager espagnol Eusebio Unzué. Ces quinze années de fidélité en font un record dans le peloton. Ce record sera peut-être battu par Geraint Thomas.

À 34 ans, le Gallois attaquera sa onzième saison chez Sky puis INEOS Grenadiers en 2021. Dirigée depuis 2017 par Cédric Vasseur, l’autre équipe française du World Tour, Cofidis, amène dans son sillage Nicolas Edet, 32 ans, depuis 2010, et Christophe Laporte, 27 ans depuis 2014.

Ailleurs, chaque formation a son compagnon de route, garant de l’esprit maison et scotché aux mêmes couleurs depuis le début de leur carrière professionnelle. C’est Alexey Lutsenko (28 ans), chez Astana depuis 2012, Frederick Frison (28 ans), chez Lotto Soudal depuis 2013, ou Nikias Arndt (29 ans) qui a connu Shimano en 2013 et se retrouve estampillé Sunweb aujourd’hui.

Par ordre d’apparition sur le circuit, on aperçoit depuis 2014, Simon Yates (28 ans), qui a laissé partir son frère jumeau cette année sans bouger une oreille, chez Mitchelton Scott, Emanuel Buchmann (28 ans) chez Bora (ex-Argon 18 puis Hansgrohe) depuis 2015 et enfin le Français Kévin Ledanois (27 ans) chez Arkéa-Samsic depuis 2015. Cinq ans, déjà une éternité dans le sport professionnel moderne…

Tom Boissy

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