mardi 27 septembre 2022

Philippe Wagner Cycling : le miracle de Moreau

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Appelé pour booster un club à peine sorti de terre, Christophe Moreau ne cesse depuis avril de se démener pour placer le club de DN1, créé par l’entrepreneur franc-comtois Philippe Wagner, sur une orbite professionnelle.

C’est autour d’un couscous, « le meilleur de Belfort », que s’est noué le destin de Philippe Wagner Cycling, celui de Christophe Moreau également qui ne s’attendait pas, en cette fin d’année 2021, à replonger de la sorte dans la grande lessiveuse du vélo !

« J’habite dans le Jura, je suivais bien les infos concernant les équipes du coin dont celle-là, mais sans jamais être concerné directement. Ce n’est qu’en décembre, à l’instigation d’un ami restaurateur commun (le fameux couscous belfortais, Ndlr) que j’ai rencontré Philippe Wagner pour la première fois. Dans un premier temps sans autre ambition que de lui rendre service à travers mon réseau, mes contacts dans le vélo ou les médias. »

Sauf que le courant est tellement bien passé entre les deux que l’industriel de la Charcuterie (entreprise André Bazin) rappelait l’ancien champion, devenu consultant médias en Suisse, quinze jours après pour lui proposer une collaboration, d’abord comme coordinateur dans les partenariats, ensuite comme manager général après le départ du titulaire en place (Raphaël Porentru).

Wagner et Moreau, un mariage autour d’un couscous

« Il m’a proposé le poste le 2 avril, le jour de mon anniversaire, et depuis je m’investis à fond dans un projet qui me passionne ! »

A 51 ans, inconsciemment, sans jamais la formaliser vraiment, l’ancien coureur de Festina, Crédit Agricole, AG2R, Agritubel ou Caisse d’Epargne attendait cette opportunité. Depuis, il se démultiplie pour canaliser et accompagner l’ambition d’un entrepreneur qui ne souhaite pas s’attarder trop longtemps au niveau amateur.

« L’objectif est clair, se donner les moyens d’évoluer en Conti ou en Pro Team le plus vite possible ! » Repoussée à 2024 après la défaillance d’un gros partenaire, c’est la perspective de passer pro qui anime un manager qui s’est engagé pour les trois prochaines saisons.

« Nous devons monter un projet solide financièrement pour juin 2023. Soit en Conti si nous parvenons à avoir un budget de 1,7 M€, sans s’interdire d’aller en Pro Team avec un budget de 4,5 M€. Au-delà de nos objectifs sportifs en DN1, voilà quel sera l’enjeu majeur en 2023 ! » Avant d’espérer devenir la sixième équipe française en Continental, aux côtés de St-Michel-Auber 93, Team U Nantes Atlantique, Nice Métropole Côte d’Azur, Conti Groupama FDJ et Go Sport Roubaix Lille Métropole, Philippe Wagner Cycling sait pouvoir compter sur l’expérience et le réseau de son nouveau manager, mu par un challenge qu’il juge lui-même.

« Aussi revigorant qu’inattendu ! C’est le début d’une histoire fantastique, j’y vais les yeux fermés en faisant confiance à l’expertise de Philippe Wagner, un entrepreneur reconnu et respecté auprès de qui j’apprends beaucoup. »

La montée en Conti repoussée pour mieux atteindre les pro teams en 2024 ?

En présentant son nouveau boss à ses anciens coéquipiers ou adversaires, devenus directeurs sportifs ou managers, lors des derniers championnats de France, les Madiot, Lavenu, Hubert… Christophe a pris conscience que ce milieu lui manquait bien davantage que ce qu’il pensait.

« Je me régale à reparler vélo, être au four et au moulin, pour gérer le matériel, le recrutement, l’organisation des déplacements, les contacts et les rendez-vous avec les sponsors, privés ou institutionnels, les politiques, etc. Ça me plait beaucoup et je suis étonné de voir la notoriété de l’équipe seulement sept mois après sa création. »

Douze ans après avoir mis fin à une carrière riche de deux Critérium du Dauphiné (2001 et 2007), d’un titre national (2007), d’une étape du Tour (prologue en 2001) qui lui valut de porter le maillot jaune pendant deux jours, 4ème du Tour en 2000, 7ème en 2006, 8ème en 2003 pour 15 participations, Christophe Moreau s’est remis en selle.

Il rêve désormais de suivre l’exemple d’un Emmanuel Hubert, manager d’Arkéa Samsic « qui a commencé chez Agritubel en DN1 également et qui a su mener sa barque pour se retrouver aujourd’hui à la tête d’une des équipes les plus ambitieuses du peloton. Plus qu’un exemple, c’est une source d’inspiration. »

En intégrant Jacques Derion, l’ancien entraîneur de Bouhani, dans un staff technique dirigé par Denis Leproux, Moreau a jeté les bases d’une structure qui a vocation à grandir. Sans trop tarder. Rendez-vous en juin 2023.

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