samedi 2 mars 2024

PSG : l’heure de vérité pour Luis Enrique

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Pascal Auchet
Pascal Auchet
Journaliste

Six mois après son arrivée sur le banc du PSG, Luis Enrique impose sa patte sur l’équipe. Alors que l’on attend une confirmation en Ligue des Champions, il assure que son équipe sera prête pour les grands rendez-vous. C’est maintenant que ça va se jouer.

Luis Enrique fait partie de ces entraîneurs qui savent exactement ce qu’ils veulent et où ils vont. Dès son arrivée à Paris, le successeur de Christophe Galtier avait décidé de jouer sans Neymar ni Verratti. Et si la mise sur la touche de l’Italien, enfant chéri du Parc des Princes, n’a pas tout de suite été bien vécue par les supporters (c’est d’ailleurs toujours le cas pour certains d’entre eux), il aurait été impossible de lui faire changer d’avis.

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Pour poser sa patte sur le PSG et transformer l’équipe selon sa philosophie de jeu, le technicien de 53 ans a rapidement fait savoir qu’il ne dérogerait pas à ses principes. Aujourd’hui encore, celui qui tout gagné avec le Barça (2 Liga, 1 Ligue des Champions, 3 Coupes du roi, 1 Supercoupe d’Espagne, 1 Supercoupe d’Europe, 1 Coupe du Monde des clubs) agace, avec ses compositions d’équipe, pas toujours comprises. « J’essaye de faire que le PSG soit imprévisible pour l’adversaire mais prévisible pour nous », explique l’entraîneur du PSG, reconnaissant qu’il s’agissait d’ « un processus complexe qui demande du temps à mettre en place. Cela peut être difficile à comprendre de l’extérieur. Mon idée, je la répète, c’est d’avoir des formations infinies en attaque avec les mêmes joueurs. Afin de devenir imprévisible pour l’adversaire et donc difficile à contrecarrer ». Enrique l’a payé en Ligue des Champions, avec des performances critiquées à l’extérieur, dont une fessée reçue à Newcastle, qui met le doute dans la capacité des Parisiens à faire un long parcours dans la compétition.

Joueur atypique, il faisait tout sur un terrain

Depuis la fin de la phase de poule, terminée par une deuxième place décevante (2 victoires et un nul à domicile, 2 défaites et un nul à l’extérieur), Luis Enrique a choisi la méthode Coué. « Je ne me suis pas inquiet. On a une équipe qui crée beaucoup d’occasions, on attaque toujours, même à l’extérieur » expliquait Enrique après le nul (bien payé pour les Allemands) ramené de Dortmund en décembre. Pour Luis Enrique, le PSG progresse et sera prêt pour la suite de la saison. « Je crois qu’en février on sera plus forts. On est une équipe en construction, au tout début de la construction. J’aime l’attitude des joueurs, leur capacité à se battre. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’on va s’améliorer ».

Si le temps de passage est légèrement en dessous du PSG de Galtier (43 points en 18 matchs, contre 47 pour son prédécesseur), l’équipe affiche déjà plus de certitudes que la saison dernière, où elle s’était surtout appuyé sur une première partie de saison stratosphérique du duo Neymar – Messi.
Né à Gijon, ville côtière du nord de l’Espagne, Luis Enrique peut s’appuyer sur une belle carrière de joueur. Après des débuts remarqués dans le club de sa ville, cet attaquant racé rejoint d’abord le Real Madrid, à l’âge de 21 ans. Il gagne une Liga et une Coupe d’Espagne (ainsi qu’une supercoupe d’Espagne) avec le Real, mais c’est à Barcelone, qu’il rejoint en 1996 et où il passera 8 saisons, que le joueur atypique qu’il est (très actif sur le terrain, travailleur et buteur) se constitue l’essentiel de son palmarès.

Record de pourcentage de victoires avec le Barça

S’il est essentiellement connu pour sa carrière d’entraîneur du Barça, Luis Enrique a d’abord fait ses classes à la Roma (après un passage à la tête de la réserve du club catalan), puis au Celta Vigo, avant de s’asseoir sur le banc du Camp Nou en 2014. Avec une saison 2014/2015 historique (il va tout gagner avec le Barça), qui va définitivement faire de lui un des plus grands entraîneurs en Europe. En 2015, il glane d’ailleurs tous les trophées individuels et s’installe au sommet du football, au côté d’entraîneurs comme Ancelotti, Guardiola ou Klopp.

Au total, celui qui est passionné de surf, de cyclisme et de course à pied (il a participé à plusieurs marathons importants dont le redoutable Marathon des Sables, finissant l’épreuve à chaque fois), remporte 9 trophées en trois saisons sur le banc des Catalans, mais surtout, reste à ce jour l’entraîneur avec le plus grand pourcentage de victoires sur une saison (76%).
Manque d’efficacité de son jeu de possession

Devenu sélectionneur de l’Espagne en 2018, il est frappé par un évènement dramatique, avec le décès de sa fille de 9 ans, moins d’un an plus tard, et décide de prendre du recul avec la Roja, avant de revenir quatre mois plus tard. Finaliste de la Ligue des Nations, demi finaliste de l’Euro 2020 (qui s’est joué en 2021), il qualifie l’Espagne pour la Coupe du Monde 2022, mais se fait éliminer en huitièmes de finale par le Maroc, aux tirs au but. A l’occasion de cette compétition, son jeu de possession est très critiqué, en raison de son manque d’efficacité, à l’image de l’impuissance montrée face au Maroc (0-0). 48 heures après la séance de tirs au but de la honte (aucun joueur de la Roja ne transforme son penalty) est remplacé à son poste par Luis de la Fuente. Six mois plus tard, les négociations avec le PSG s’intensifient au fur et à mesure que la confiance en Christophe Galtier s’effrite.

Mais ses exigences, en terme de jeu et d’effectifs sont fortes et ne sont pas tout de suite en phase avec la philosophie des Qataris. Alors que la piste semble finalement abandonnée, elle ressurgit début juin et se concrétise par la signature d’un contrat de 2 ans. Avec Brest (dimanche), Strasbourg, Brest (en Coupe de France), Lille et la Real Sociedad (5 matchs en 15 jours), l’Espagnol doit finir de convaincre sur les progrès de son équipe.

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