jeudi 23 mai 2024

Quand Bixente Lizarazu parle de sa passion pour le vélo : « J’ai envie de faire tous les cols les plus mythiques »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

A 54 ans, l’ancien footballeur, champion du monde avec les Bleus en 1998 et champion d’Europe en 2000, Bixente Lizarazu n’a pas tiré un trait sur le sport. Au contraire ! Et le vélo fait partie intégrante de son équilibre. Entretien pour Cyclisme magazine et Le Quotidien Du Sport.

Sur la dernière page de votre livre (« Vivre de sports Pour rester en forme », aux éditions Flammarion), vous êtes sur un vélo…

Ce n’est pas un hasard. C’est un sport qui est devenu très important pour moi. J’ai découvert le vélo après ma carrière. J’aurais bien aimé le pratiquer pendant parce que j’aurais fait des préparations physiques avec le vélo. C’est excellent pour le cardio, pour la caisse. Je suis arrivé au vélo sur le tard et aujourd’hui je ne pourrais vraiment pas m’en passer. De tous les sports que je pratique, c’est l’un des plus durables.

Auriez-vous été encore meilleur footballeur si vous aviez fait du vélo pendant votre carrière ?

Je ne sais pas. Ce serait très compliqué de pouvoir intégrer du vélo dans la préparation physique, par exemple en avant saison, parce que les préparateurs physiques et les coachs auraient vraiment la trouille que les mecs se cassent la gueule, rien qu’avec les calles (sourire). Mais moi qui pratique, je sais que ce serait excellent pour une préparation d’avant saison. Partir dans les Alpes une semaine ou 10 jours et se faire les cols, ce serait top.

Pourtant, au départ, dans votre esprit, le vélo était synonyme de souffrance.

En fait, je ne connaissais pas. J’avais des copains qui en faisaient et quand ils me disaient : « On a fait 100 bornes ». Je me disais les malades. Et après tu fais partie des malades ! (rires)

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« Je me disais les malades. Et après tu fais partie des malades ! »

Au point d’en faire aujourd’hui trois fois par semaine !

Ça dépend. Parfois, c’est tous les jours deux heures ou des grosses sorties tous les trois jours de plus de 100 km, avec du 3000 m de dénivelé.

Le vélo est-ce plus dur que le foot ?

La course, c’est autre chose, ce n’est pas ma façon de faire du vélo. Personnellement, j’adore les cols, la grimpette, je joue la montée, mais pas la descente.

Vous avez plus le physique d’un sprinteur que d’un grimpeur…

Je n’ai pas un physique de grimpeur mais, dans ma tête, je suis 100% grimpeur ! Il faudrait que je fasse 10 kilos de moins, mais comme je fais d’autres sports comme le ju-jitsu brésilien qui est un sport de combat où il faut que j’ai de la masse musculaire j’essaie de trouver le juste milieu. J’essaie de ne pas être trop light pour le ju-jitsu et pas trop lourd pour le vélo.

Auriez-vous pu percer dans le cyclisme si vous aviez commencé par ce sport ?

Je n’en sais rien. La compet, je sais ce que c’est, j’ai donné, j’ai eu ma dose. Ce n’est pas mon approche aujourd’hui. Je cherche le sport pour me sentir bien physiquement, comme un défi, une aventure, une façon de voyager, de découvrir des endroits. Quand je fais du vélo, je ne regarde pas mes stats. Je m’en fous en combien de minutes j’ai fait un col. Je roule vraiment beaucoup à la sensation. J’ai envie de m’amuser, de vivre une expérience.

Bixente Lizarazu passionné par le coup de pédale

Pourtant, vous disiez avoir hésité à faire des courses.

J’y ai pensé, mais ce n’est pas ce qui m’amuse. Ce qui m’amuse, c’est de me faire les cols les plus mythiques, les pentes les plus raides, de le faire avec des potes et de se faire des bonnes bouffes, parfois même en cours de route quitte à ce qu’on souffre un peu après avoir mangé une côte de bœuf et des frites et qu’il faut se faire un col avec un 10%.

Ce que j’aime aujourd’hui dans le sport, c’est l’aventure, le challenge. Le plaisir, c’est ma seule règle. Je suis avec des potes, on se tire la bourre sur la montée. Dans la montée, on ne s’arrête pas, c’est interdit. C’est notre règle (rires). On peut s’arrêter en haut, dans la plaine sur du plat, mais pas dans la montée ! Si quelqu’un s’arrête, il n’a pas validé sa montée.

Quels cols avez-vous à votre tableau de chasse ?

J’ai fait la plupart des cols mythiques des Pyrénées, Tourmalet, Aspin, le Portet, Hourquette d’Ancizan, Azet Val Louron… Dans les mythiques, il m’en manque trois, je pense que je vais les faire cet été. Sinon, chez nous, au Pays basque, on a des cols qui ne sont pas aussi fameux en termes de noms, mais qui sont très engagés en termes de pente.

Vous pensez à l’Artzamendi ?

Entre autres. Il n’y a pas que lui, mais on a les cols les plus raides de France.

« Les coureurs d’aujourd’hui, c’est un autre monde »

Quel est le col le plus dur au Pays basque ?

L’Artzamendi fait partie des plus durs. Ce n’est pas un col, mais une ascension avec une voie sans issue. Ce ne pourrait être qu’une fin d’étape du Tour. C’est très étroit donc je ne pense pas que ce soit possible. La vérité, je préfère le garder pour moi ! (rires) Ce que j’aime aussi à vélo, c’est d’aller dans des endroits où il n’y a pas beaucoup de monde. Dans les Pyrénées, je préfère par exemple faire des cols moins connus que le Tourmalet où il y a beaucoup de monde.

Cet été, vous avez prévu de faire le Ventoux par ses trois côtés ?

J’aimerais bien. C’est un challenge qui me tente. On verra si c’est progressivement ou la totale, en fonction de ma préparation physique. J’aimerais bien aussi me faire les cols mythiques des Alpes. Je n’en ai pas fait pour l’instant et forcément le Ventoux c’est coché. Je vais avoir un été un peu chargé donc je ne sais pas si je vais pouvoir tout faire. J’ai l’Euro au mois de juin et les Jeux Olympiques au mois d’août. En termes de préparation, je ne vais pas pouvoir rouler autant que je veux.

Connaissez-vous des cyclistes pros ?

J’ai roulé avec Bernard Hinault (à l’été 2020 sur le mont Artzamendi, Ndlr).

Avez-vous eu l’occasion de vivre une étape sur le Tour de France ?

J’ai été invité deux fois notamment l’étape avec l’Aspin, la Hourquette, Azet-Val Louron (en 2022 pour la 17ème étape entre Saint-Gaudens et Peyragudes, Ndlr) J’ai adoré ! J’ai adoré l’ambiance, de pouvoir suivre la course de l’intérieur, de voir les coureurs dans les cols que j’avais montés avant.

Les cyclistes actuels vous impressionnent-ils ?

C’est un autre monde (sourire) ! On a l’impression d’avoir une remorque quand on les voit ! (sic)

Quels sont vos souvenirs vélo ?

Je regardais bien sûr le Tour de France. J’ai eu un vélo de course quand j’étais petit. J’ai une photo qui est dans mon livre où je suis à la fois avec le maillot de foot de Saint-Etienne et un vélo de course jaune magnifique. Aujourd’hui, mon kiff, l’été, c’est de me faire une belle sortie vélo de 5 ou 6 heures et de regarder la fin de l’étape du Tour.

À LIRE AUSSI : Son livre aux éditions Flammarion

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