vendredi 19 août 2022

Mario Balotelli est-il fini ?

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La carrière de l’ancien niçois et marseillais Balotelli n’en finit pas d’emprunter des chemins de traverse improbables. Après Brescia et Monza, le voilà désormais en Turquie, à l’Adana Demirspor, pour une énième tentative de rebond.

On le retrouve comme on l’avait quitté à son départ de l’OM, un peu lunaire et sûr de lui, toujours aussi convaincu qu’il fait partie des meilleurs. Dans The Athletic, début mars, il n’hésitait pas à se comparer aux deux extraterrestres de la planète foot, Leo Messi et Cristiano Ronaldo :

« Si l’on ne parle que des qualités footballistiques, je n’ai rien à leur envier, pour être honnête. J’ai raté quelques occasions d’être à ce niveau, mais je suis sûr à 100% que ma qualité est du même niveau. »

Lucide l’international italien ? Pas si sûr… même si on le rejoint au moins sur un point de son argumentation : oui, il a manqué pas mal d’occasions pendant sa carrière de montrer vraiment qu’il était de la trempe des plus grands.

Mais, avec un tel caractère, et autant de talent, l’histoire n’est peut-être pas finie. Elle aurait même plutôt tendance à redémarrer depuis que l’enfant terrible du foot italien semble avoir acquis une nouvelle forme de sagesse, au moins de maturité.

Balotelli exilé en Turquie

Avec l’Adana Demirspor, ses prestations sont telles qu’elles ont poussé Roberto Mancini à le rappeler pour un stage de préparation qui devait mettre la Squadra Azzura sur orbite à quelques semaines de ses matches de barrage, face à la Macédoine du Nord d’abord, au Portugal ou à la Turquie éventuellement ensuite, pour espérer entrevoir le Qatar à la fin de l’année.

Que s’est-il donc passé dans la vie de Mario pour qu’il redevienne une alternative crédible au manque d’efficacité offensive de la Nazionale ? Préalable à toute réhabilitation sportive, il n’a d’abord jamais cessé de clamer son amour pour son pays. En fin d’année, alors qu’il retrouvait de l’assurance en Süper Lig, il déclarait sur la chaîne Switch d’OCW Sport : « Je quitterais la Turquie à pied maintenant si j’étais sûr d’être parmi les Azzuri en mars prochain. » A 31 ans, sentant la fin approcher, et la perspective de regrets éternels, Super Mario se positionne clairement. Parce qu’il sent aussi qu’il en a davantage les moyens que lorsqu’il végétait en D2 italienne avec Monza ou qu’il essuyait le banc de Brescia.

Un duo de feu avec Assombalonga

Parce qu’il sent surtout que la sélection italienne n’est plus aussi sereine que lors de sa série de 37 matches sans défaite ponctuée notamment du titre européen de 2021.

Redevenu lui-même avec Adana, où il est le meilleur buteur du club (11 buts et 4 passes décisives mi-mars) et 7ème du championnat turc, Mario Balotelli a trouvé au contact de l’entraîneur italien, Vincenzo Montella, les conditions pour s’exprimer de nouveau à son meilleur niveau.

Avec le renfort de Loïc Rémy (voir encadré), Adana est passé du statut de promu à celui de candidat sérieux aux places européennes, propulsé par le duo Balotelli-Assombalonga (plus de 20 buts à eux deux), transfuge congolais de Middlesbrough.

Pour beaucoup d’observateurs, Mario ne serait plus très loin du niveau qui fut le sien lors de ses meilleures années. S’il parvenait à le maintenir et à aider la sélection à se sortir du piège des barrages, ses trois années de contrat ne vaudraient plus grand chose face à un possible retour dans un club européen d’envergure.

Déjà, la presse italienne, l’envoie à la Juventus la saison prochaine. Même s’il ne s’agit que d’une rumeur, et que d’autres ne manqueront pas de naître d’ici la fin de la saison, Balotelli et son agent, Mino Raiola, ne se risqueraient surtout pas de la démentir, trop heureux d’être revenus à la une.

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